Pendant que l'homme conduisait sur la voie peu mouvementé de Palerme, Hilda faisait fi d'être concentré sur la lecture de son magazine tiré au hasard. C'était le moyen le plus sûr qu'elle avait trouvé pour ne pas pensée à lui. Cependant la tâche semblait impossible puisqu'il apparaissait sur chacunes des revues qu'elle avait regardé jusque là. Heureusement, celui qu'elle lisait en ce moment paraissait différent des autres... Ou pas.
Elle venait de tourner la page et tomba sur une photo du grec avec deux blondes. L'une semblait assez âgée et l'autre était beaucoup plus jeune. En lisant elle comprit qu'il s'agissait de la mère et de l'ex compagne de l'homme. La photo faisait référence à un dîner secret dans la propriété familiale dans un domaine privé à Athènes et supposait une réconciliation entre les deux tourtereaux. Il ne s'agissait pas de la blonde de la dernière fois, mais d'une autre. Elle se crispa. Encore une blonde ! Pourquoi préférait-il les blondes ? Était-ce à cause de sa mère qui l'était elle aussi ? Sans doute. Elle referma le magazine et soupira, pourquoi fallait t-il qu'elle tombe sur ce genre d'article lorsqu'un peu d'espoir de plaire au grec naissait en elle ? Était-ce un signe pour la mettre en garde ? Ou alors c'était tout le contraire ? Après tout elle n'avait pas l'allure de ces femmes, elle était loin d'être comme elles et pourtant c'était avec qu'elle qu'il était en ce moment. Il avait écourté son voyage pour venir la sauver, elle était sa préféré, sa priorité, il l'avait embrassé et il le ferait encore à sa demande. Et elle risquait fort bien de perdre son paris si cela arrivait. Elle ferma les yeux et songea aux paroles d'Isaure. Pouvait-elle vraiment le déstabiliser par de simples gestes ? Elle espérait bien que oui, car elle ne se sentait pas capable d'en faire plus. Oser le séduire n'était pas dans ses cordes et puis Isaure le lui avait déconseillé.
De plus en plus apaisée, elle sombra dans le sommeil lorsque la voiture quitta la route principale pour un sentier de gravier.
***
Pouvait-il exister plus belle création qu'une femme au cheveux de jais, au teint blafard et au visage délicat ?
Cyriac était persuadé que non. Car Hildegard Mór était la plus belle chose qu'il ait jamais vu, il la vit remuer sur son siège alors qu'il entamait le virage qui menait au petit cottage qu'il avait louer non loin de Palerme. Elle dormait à point fermé depuis qu'il l'avait installé dans la Maserati à l'aéroport.
Il gara à quelques mètres du peron et fronça les sourcils en distinguant une silhouette mobile devant l'habitat. Il tourna le regard vers la jeune femme toujours assoupie et coupa le moteur. Il quitta le véhicule afin de faire déguerpir cet intru avant le réveil d'Hilda. Il ignorait comment elle réagirait à la présence d'un autre homme et il ne voulait surtout pas compromettre ses projets de ce soir en la brusquant.
Il s'approcha de l'homme qui lui tournait le dos mais dont la silhouette lui était vaguement familière. Ses doutes se confirmèrent lorsque l'homme fit volte-face et qu'il découvrit le visage balafré d'Anastase dont l'expression ne laissait aucun doute quant à la raison de sa présence ici.
— Jolie endroit, fit le russe d'un ton faussement admiratif.
— Si j'avais eut besoin de ton jugement je te l'aurais demandé, grinça t-il.
Anastase eut un lent sourire narquois.
— C'est ici que tu comptes nous la cacher ? Lui demanda t-il.
Cyriac plia le poing.
— Que fais-tu là ?
— Je suis venu te souhaiter la bienvenue, avança t-il. Et me faire une opinion sur la situation.
Il tourna le regard vers la voiture et fixa intensément le pare-brise de son regard d'acier.
- Mignonne, fit-il en direction de la jeune femme qui dormait.
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Une si troublante proposition.
Romance« Sur une île grecque pour guérir de toutes les blessures du passé dans les bras de Cyriac Kreiyos. » Hilda est brisée, le passé a laissé une marque indélébile sur son corps et dans son âme. Sept ans plus tôt, une agression a fait d'elle une femme a...
