Un an plus tôt.
Alors que le véhicule se rapprochait de la majestueuse façade du gigantesque bâtiment en verre et béton, Hilda sentit son angoisse croître. Les autres patientes semblaient impatientes d'arriver à la réception, pour sa part elle ne souhaitait qu'une chose ; rentrer en Toscane au plus vite !
Le mini bus s'immobilisa devant l'entrée flamboyante et Mme Sienna et les autres patientes s'empressèrent de quitter le mini bus. Assise tout au fond, elle décida de rester là. Elle ne partageait ni l'hilarité des autres filles, ni l'impatience qui les animait. Elle jeta un coup d'œil à travers la vitre. Elle vit plusieurs hommes emerger de leurs voitures, il y avait également des femmes et tout ce monde l'angoissait. Elle prit son inhalateur dans la poche de sa veste et aspira l'air qui y était contenue. Cela la calma un peu.
Elle n'aurait jamais dû venir, cela avait été une mauvaise idée. Pourquoi avait-elle cru qu'elle parviendrait à surmonter ses peurs ? Elle ne guérirait jamais c'était évident !
— Mlle. Mór, la soirée ne se passe pas dans la camionnette, avança Mme Sienna la responsable d'une voix agacée.
Visiblement elle l'attendait depuis longtemps. Hilda dégagea quelques mèches anthracite rebelles de son visage et les passa derrière son oreille.
Mme Sienna était une femme brune d'un peu plus de quarante ans. Elle était responsable du centre de Toscane et s'occupait d'elle depuis déjà six ans.
— Allez-y sans moi je préfère rester ici, fit la jeune femme en jetant un regard inquiet sur tous les hommes qu'elle voyait.
Elle ne pourrait jamais survivre entouré d'homme. Elle les méprisait et les craignait trop.
— Monsieur Kreïyos a insisté pour que vous veniez toutes à l'inauguration du nouveau centre, il verra d'un très mauvais œil que tu ne vienne pas, insista leur responsable.
Hilda se mordit la lèvre hésitante. Elle avait déjà désobéi une fois et cela avait détruit sa vie à jamais. Aujourd'hui elle vivait avec une horde de phobie dont elle devra s'y habituer. Pourquoi ce Cyriac Kreïyos avait-il insisté pour qu'elles viennent ? Elle ne parvenait pas à élucider cette question.
— Je n'y arriverais pas, gémit-elle. Je vous prie de ne pas ne m'y obliger.
— Voyons Hilda, s'impatienta Mme Sienna. Vous n'allez pas gâcher la soirée de tout le groupe à cause de vos stupides craintes !
Hilda sentit un pincement de culpabilité lui lacérer le cœur ; les autres filles avaient tellement attendu ce jour, pouvait-elle se montrer aussi cruelle et égoïste ? Même si la plus part d'entre elles ne lui témoignait que du mépris.
— Très bien, souffla t-elle en sortant du véhicule.
Elle rabatti les extrémités de son pardessus sombre. Heureusement pour elle, il entrèrent par la porte de service sans avoir besoin de se mélanger à la foule. Elle se rétracta en passant devant le vigile près de la porte. Le couloir dans lequel ils passèrent était sombre et étroit. Elles suivirent les deux hommes chargés de les conduire dans la salle. Hilda souffla de soulagement en constatant qu'elles étaient logés toute au fond dans les derniers sièges. Les filles toujours excitées prirent place impatientes devoir enfin en chair et en os leur bienfaiteur, l'éminent Cyriac Kreïyos. Hilda se cara sur son siège, elle joua nerveusement avec l'ourlet des manches de son pardessus. Aussitôt, la lumière de la pièce baissa d'intensité et ils furent tous dans l'obscurité. Depuis son siège, elle entendit des pas résonné sur le parquet ciré de l'estrade. Malgré elle, elle retint son souffle. Les lumières de trois projecteurs s'allumèrent pour éclairer un homme tout vêtu de noir des pieds à la tête. De sa chevelure anthracite légèrement entremêlée à sa chaussure sombre et impeccable. Sans savoir pourquoi, un frisson lui parcourut l'échine. Il commença à faire son discours et l'assemblée l'écoutait avec la plus haute attention. Hilda n'avait jamais vu d'être humain aussi intimidant rien que par sa seul présence. Il lui était impossible de distinguer la couleur de ses yeux de là où elle se trouvait mais les écrans géants le lui permettait. Il avait des yeux châtains identiques à sa chevelure, un visage ferme, un nez aquilin, une bouche fine aux lèvres crispées. Il était si beau qu'elle en eut le souffle coupé.
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Une si troublante proposition.
Romance« Sur une île grecque pour guérir de toutes les blessures du passé dans les bras de Cyriac Kreiyos. » Hilda est brisée, le passé a laissé une marque indélébile sur son corps et dans son âme. Sept ans plus tôt, une agression a fait d'elle une femme a...
