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Ce n'était pas le premier mariage pour lequel Hilda se préparait. Repasser par les mêmes étapes était très déstabilisant. Elle était de nouveau en robe blanche et enceinte. De jumeaux. Peut-être de jumelles ou des deux quoi qu'il en était il y avait deux bébés en elle. Elle lutta contre les larmes qui menaçait de ruiner son maquillage. Depuis la grossesse ses émotions étaient décuplées. Elle caressa son ventre encore plat. Les examens avaient révélés qu'elle l'était de six semaines. Elle était donc tombée enceinte dès le premier jour de ses rapports avec Cyriac. Un véritable miracle. Le reflet que lui renvoyait le miroir était celui d'une femme différente que celle d'il y'a quelques mois. Tout comme les saisons n'étaient pas les mêmes. Tant de choses étaient différentes de son premier mariage à commencer par la raison de la demande de Cyriac. Il ne la voulait pas pour les bébés mais pour elle. Ce qu'elle était. Ensuite il y'a avait son implication dans les préparatifs, il avait été présent et intransigeant pour chaque décision. Il avait envoyé au diable les protestations de Phoebe Kozlov lorsqu'elle lui avait dit qu'il ne pouvait pas assister aux essayages des robes de mariée. Défilé tout en blanc sous son regard attentif avait été grisant. Surtout depuis qu'ils n'avaient plus le droit de partager la même chambre. Il avait dû en profiter lui aussi. Lorsqu'elle s'était présentée dans cette robe en dentelle, brodée et recouverte de perles il s'était levé. Le regard subjugué. Son choix était fait. Son seul défaut était sa traîne immense qui limitait ses mouvements. Heureusement elle pouvait être retirée et fixer uniquement au moment de sa marche nuptiale. Il avait même choisi ses sous-vêtements de noces pour elle. Il n'avait pas paru gêner entre la soie et la dentelle. Il avait même testé la résistance des tissus car il voulait quelque chose qui soit facile à retirer ou à déchirer. Il ne voulait aucun obstacle en lui et l'accès à son corps. Elle en était morte de honte sur l'instant. Elle n'avait pas eut grand chose à faire pour tout mettre en place, tout avait été sous son contrôle. De toute façon avec ses symptômes elle n'aurait pas pu être très utile. Ses nausées n'avaient pas disparu comme si les bébés tenaient à manifester leur présence. D'une façon très déplaisante mais elle adorait ça. Enfin de tout ce qui rendait ce mariage là plus unique encore était le fait qu'elle était Cyriac n'avait eut aucun moment d'intimité contrairement à la première fois. Ils avaient pourtant essayé mais à chaque fois quelqu'un ou quelque chose les interrompait. Elle n'aurait jamais cru être frustrée sexuellement un jour. Elle avait hâte d'être à leur nuit de noces, la longue journée qui l'attendait à ses côtés sans pouvoir assouvir son désir allait être un supplice.

Leur dernier baiser remontait à son échographie chez le médecin une semaine plus tôt. Et la dernière fois qu'il l'avait touché s'était le soir de sa sortie de l'hôpital pendant le dîner. D'ailleurs elle lui devait toujours vingt coups de cravache. Son sursis prendrait t-il fin ce soir ? Elle ferma les yeux imaginant qu'il la touchait et faisait toutes ces choses qu'il savait si bien faire. Ses deux mains sur sa poitrine malaxant ses seins et titillant ses mamelons à travers les couches de soie et de dentelles. La sensation de l'une de ses mains qui glissait un peu plus haut pour se refermer sur son cou et détacha la traîne. Elle gémit de plaisir. C'était si réel qu'elle avait envie de pleurer.

— Ouvre les yeux thisavrós mou.

Obéissant à cette voix qu'elle jurerait appartenir au grec elle s'extirpa de la brume de volupté dans laquelle elle flottait. Le regard hypnotique de l'homme verrouilla le sien à travers la glace. C'était lui. Pas un mirage.

— Qu'est-ce que tu fais là ? Lui demanda t-elle sous le choc.

La cérémonie allait débuter d'une minute à l'autre.

— Je suis venu m'assurer qu'il n'y avait pas de psychopathe dans ta chambre.

Sa ton était chargé de désir. Elle se retourna et lui fit face. Il était magnifique dans son costume blanc. Jamais elle n'aurait cru qu'il se vêtirait de la sorte un jour et encore moins que cette couleur lui irait aussi bien. Elle posa sa main sur sa joue qu'elle caressa.

Une si troublante proposition.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant