Il fallait qu'elle ferme.
Hilda se répétait cela depuis plus d'une demi-heure à présent, sauf qu'elle ne désirait en aucun cas rejoindre le chalet froide et silencieuse qui l'attendait. Elle ne voulait pas non plus pleurer en regardant par la baie vitrée la place qui avait été dédiée à leur bébé mort.
Leur ?
Décidément la visite de Cyriac l'avait troublé plus qu'elle ne l'avait imaginé.
Elle noua les tiges des fleurs en elles par un joli ruban d'une couleur assortie et contempla le résultat.
Parfait !
La satisfaction d'avoir accompli un bon travail fût remplacé par la tristesse lorsqu'elle étudia plus attentivement la composition dans ses mains. Il y avait autant de mot tendre dans ce bouquet que tout ce qu'elle aurait voulu qu'il lui dise après la tragédie qu'ils avaient traversé.
Ils?
Il fallait vraiment qu'elle cesse de l'impliquer dans ses pensées. Elle se ferait du mal pour rien. Il était venu sans aucun doute pour apaiser sa conscience et s'assurer qu'elle se remettait des dégâts causés par ses liens familiaux, par sa nature, par lui.
Elle reposa le bouquet sur la table et étouffa un bâillement. Demain elle avait rendez-vous chez le médecin pour voir l'avancée de sa guérison interne. La plaie avait rapidement cicatrisé et si on se fiait à l'aspect extérieur il serait facile de croire qu'elle était complètement rétablie cependant elle avait traîné des douleurs abdominales pendant des semaines encore. À présent elle ne ressentait plus aucune gêne mais elle ne pouvait réprimer une grimace lorsqu'elle regardait la cicatrice comme une brûlure sur son abdomen.
Combien de cicatrices encore la famille Théodoros allait-elle lui infliger ? Se demanda t-elle avec amertume.
Le réverbère devant la boutique clignota étrangement et elle sentit un frisson horrible lui parcourir l'échine. Le ciel était couvert et l'obscurité avait déjà remplacé la faible lumière de l'aurore. Elle retira ses gants et se retourna pour prendre son sac accroché cependant elle suspendit son geste en entendant le carillon tinté.
Son visage se décomposa en découvrant son visiteur. Ruben .
Une sueur froide glissa de son visage à son cou et elle déglutit.
— Bonsoir Hilda, déclara t-il en retirant la capuche de son sweat-shirt.
Le sourire narquois à la commissure de ses lèvres ne présageait rien de bon. Elle prit une profonde inspiration et masqua son angoisse par une expression de total indifférence.
— Vous n'avez rien à faire ici! Siffla t-elle.
Ruben ne se départi pas de son sourire. Il fit même un pas vers elle.
— Si vous faites un pas de plus j'appelle la police.
Le sourire de l'homme s'élargit encore plus et avant qu'elle ait pu esquisser le moindre geste il la tenait prisonnière contre le comptoir. Elle poussa un cri avant que la main de Ruben ne se pose sur sa bouche.
— Sois sage pour une fois, souffla t-il à son cou.
Elle réprima la nausée qui lui montait à la gorge. Les larmes lui brûlaient déjà les yeux. Tout chez cet homme la révulsait.
— Tu as peur ?
Lui demandait t-il cela parce qu'il avait remarqué sa respiration irrégulière ?
— Je vais retirer ma main, lui informa t-il. Si tu tiens à ta vie je te conseille de rester tranquille.
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Une si troublante proposition.
Romance« Sur une île grecque pour guérir de toutes les blessures du passé dans les bras de Cyriac Kreiyos. » Hilda est brisée, le passé a laissé une marque indélébile sur son corps et dans son âme. Sept ans plus tôt, une agression a fait d'elle une femme a...
