Chapitre 13

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1 mois et demi plus tard ...


- Je te jure Antoine que je donnerai cher pour ne jamais t'avoir connu ! je crie en serrant la mâchoire.

- Tu pleurerais tous les soirs au fond de ton lit tant ta vie serait maussade sans moi, ne me fais pas croire le contraire.

Ses mains se posent sur mes épaules.
Malgré tout, il n'a pas tort : de quoi seraient rythmées mes journées si nous ne nous étions pas rencontrés ? Depuis le début de l'été, nous nous voyons régulièrement. Très régulièrement. Le plus souvent, il vient à l'appartement et nous passons la journée ensemble, sans se prendre la tête, sans réfléchir au programme. On peut rester dans l'appart devant un bon film, malgré la chaleur, ou sortir, se promener et se rafraîchir dans un bar. Malgré notre programme, nous arrivons toujours à parler, à apprendre à se connaître, à découvrir l'un tout en gardant une part de privé. Et j'aime ça.

C'est naturel et c'est ce que j'aime.

Si elle n'était pas venue de lui, l'idée de descendre la rue la plus pentue de la ville en skate n'aurait été qu'un mauvais rêve. Désormais assise sur l'avant de sa planche, lui debout derrière moi, je réalise que ce n'est pas qu'un rêve et que ça se passe réellement. Mais bizarrement, quand ses mains se posent sur mes épaules, je me détends un peu et me sens moins nerveuse. J'ai remarqué ça : les rares fois où nos corps ont été en contact m'ont transmis le genre de sensations étranges au fond du ventre, comme des chatouilles, mais celles-ci sont agréables et je ne veux pas qu'elles se stoppent. C'est assez étrange.

- Je vais essayer de ne pas te casser un bras, ça serait dommage pour ce soir.

- Je tolère seulement les petites égratignures !

Ce soir, Maxence revient enfin après un mois et demi d'absence. Il devait juste partir une semaine avec ses cousins sur Toulouse mais a décidé de prolonger. Chaque jour, j'ai des messages de sa part. Mais lui parler par SMS et lui parler en vrai sont deux choses complètement différentes. J'ai besoin de Maxence. J'ai besoin de lui, de son amitié, de son rire, de ses câlins, de ses mots, de sa présence.
J'en aurai éternellement besoin et je ne suis pas prête au jour où nous devrons nous distancer pour vivre nos vies, chacun de notre côté. Égoïstement, j'espère qu'on finira nos vies voisins même si ça ne correspond pas à l'optique que lui envisage.
Mais jamais au grand jamais je ne le priverait de faire ce qu'il veut ou d'aller là où il a besoin d'être. Je ne lui dis donc pas qu 'il est important à mes yeux mais il le sait. Il sait qu'il m'a sauvé. Il sait que je l'aime.
Et je sais que c'est réciproque.

Le revoir ce soir me fait plaisir et je suis tout autant heureuse de savoir qu'il parle aussi avec Antoine par messages. Ce dernier est également convié ce soir, tout comme l'invité mystère avec qui Maxence revient de ses vacances. J'ai tenté de découvrir son prénom, son visage, mais je n'ai eu aucune information. Alors ce sera la surprise. Une surprise qui me rend particulièrement nerveuse, je l'avoue.

- Même avec la plus grosse des ouvertures sur le crâne tu resterais magnifique.

Il ne le voit pas mais je souris jusqu'aux oreilles. Je souris aussi fortement parce que j'ai l'impression que ce compliment n'est pas juste balancé comme ça pour faire plaisir. Peut-être que je me trompe, peut-être que je me fais des idées, mais il y a un goût d'honnêteté dans cette phrase. Une sensation de réel.
Portée par un nuage de joie, je ne ressens pas l'impulsion qu'Antoine vient de donner avec son pied pour nous propulser en avant. Et aussitôt, ses mains s'alourdissent sur mes épaules. Je sens ses doigts contre mon tee-shirt.

Cette rue est dangereuse en voiture. Nombreux sont les accidents qui ont eu lieu ici à cause de plusieurs dysfonctionnements des quatre feux de signalisation. Pour autant, Antoine m'a assuré que nous n'allons pas avoir de problème et je l'ai cru. Parce que ces mots sortaient tout droit de sa bouche.

À la poursuite du bonheurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant