AOÛT 2021
PARISAssis dos à moi, les jambes en dehors du lit et son tee-shirt retiré, me laissant son dos nu visible, Maxence m'agace à pianoter sur son téléphone portable.
J'ai envie de le secouer et de lui faire lâcher son maudit cellulaire. Mais il faut croire qu'il n'est pas du même avis lorsqu'il retire ma main qui se balade dans son dos, sur sa colonne vertébrale, reliant ses grains de beautés un à un comme les dessins qu'on faisait étant gamins.
- Arrête, j'suis plus d'humeur.
Je grogne et me laisse tomber contre le matelas en me pinçant l'arête du nez tout en fermant les yeux avec un long soupir.
Il m'agace. Il m'agace et je sais que l'agace. Mais il n'avait qu'à pas regarder mes côtes et mon mystérieux bleu ne lui serait pas apparu, il ne m'aurait pas demandé ce que je me suis fait entre deux baisers fougueux, et je n'aurai pas été sans voix, incapable de trouver une explication digne de ce nom.
Depuis, il s'est écarté de moi, refuse tout contact tant qu'il ne trouve pas une explication sur Internet.
Quelles sont ses recherches actuelles ?
Bleus apparaissant sans coup ?
Bleus aux côtes sans choc, qu'est-ce que c'est ?
Côtes douloureuses et sensibles ?
Ouais, très vastes comme questions.
- Je me suis sans doute pris un caisson sur scène ou le coude de Leo, rien de grave putain ! Lâche ce téléphone de merde et donne ta bouche.
Il s'écarte encore quand je me tourne sur le flan gauche, dans sa direction, et me regarde avec cet air noir qui me fait éclater de rire. Il veut paraître méchant ? On dirait juste un nounours, rien d'effrayant quoi.
Quand j'étais gosse, j'avais une peluche toute innocente la journée mais qui se transformait en mon pire cauchemar dans la nuit. L'ombre qu'elle projetait sur le mur derrière elle était repoussante et épouvantable. J'en ai longtemps fait des cauchemars qui me terrassaient, jusqu'à ce que ma mère prenne la peluche et la jette au feu.
Finalement, je ne sais pas ce que je préférais : m'endormir tous les soirs en pensant à e pauvre petit Boubou cuisant sur le bûcher, où à cet ours qui prenait des allures de démon dès lors la lumière éteinte ...
- Dans le pire des cas t'as un cancer. Dans le meilleur t'as juste un soucis de plaquettes dans le sang.
Donnons-lui le césar de la délicatesse parce que là, c'est aberrant. Ricanant dans son dos, il finit par se tourner vers moi une fois que l'information est trouvée. Son regard peiné se pose sur mon torse, là où la zone bleutée se distingue de ma peau légèrement bronzée.
- Je sais ce que j'ai, je finis par cracher.
Ses sourcils se haussent et disparaissent sous ses cheveux encore un peu ondulés après la douche qu'il vient de prendre.
D'un simple mouvement de menton, je comprends qu'il attende que j'éclaire ses pensées. Je joue avec le lacet de son jogging qui pend sur sa cuisse et réponds tout bêtement :
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À la poursuite du bonheur
RomanceP1/2 : Une semaine de vacances à Cannes va bouleverser le quotidien de Juliette, jeune étudiante en arts de 23 ans. Marquée par les coups de ses parents durant sa jeunesse, elle a toujours souhaité être sauvée par une main tendue. Mais jamais elle n...