Chapitre 26

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J'ai laissé ma main sur sa chaussure. Quand il retire son pied, j'ai un mouvement de sursaut, le regard perdu sur la place qu'il occupait quelques secondes plus tôt et dont l'image ne veut pas se défaire de ma mémoire.

Un bracelet électronique.
Un lumière rouge clignotante.

Pourquoi me l'a-t-il montré ? Qu'est-ce que je suis censée dire ? Est-ce que je dois prendre la fuite face à cette nouvelle ? Qu'est-ce que cela implique ? Est-ce qu'il est dans l'illégalité de sortir à cette heure-ci ?
Mais ce n'est pas la première question que je lui pose quand je reprends mes esprits, après quelques courtes minutes durant lesquelles son regard n'a pas quitté mon visage qui est, sans doute, passé par toutes les émotions possibles.

- Pourquoi tu continues à faire de la merde si t'as déjà ça ?

Il paraît étonné que ce soit la première réaction que j'ai, et je dois admettre que je le suis tout autant. J'aurai cru que j'allais prendre la fuite, que j'allais lui demander ce qu'il a fait pour l'avoir, mais non, je me demande pourquoi il continue à aller dans une voie très peu légale malgré qu'il sait ce qu'il encoure. C'est inconscient de sa part.

- Va trouver un employeur qui t'embauche avec cette merde à la cheville.

- Il y en a forcément, non ?

- Pas tant que ça. C'est pour ça que je fais ce que je fais. Je sais que c'est de la merde mais c'est ce que j'ai décidé.

- Et si tu te fais choper ? Ta peine risque d'être pire qu'avant, non ?

Il hoche la tête.

- Tu le gardes combien de temps ?

- Encore huit mois.

- C'est long !

- Surtout quand personne n'est au courant.

Je comprends alors à travers cette réplique que je dois me taire et garder cette information pour moi. Mais pourquoi ne l'a-t-il dit à personne, pas même à son frère ? Entendant mes pensées les plus profondes, il me devance :

- Anthony n'a pas besoin de le savoir. Je compte vraiment sur toi pour te taire et ne pas faire de gaffe. Je ne veux pas qu'il soit encore plus inquiet à mon égard. Il a d'autres choses auxquelles penser.

La protection qu'il a envers son frère me touche et me tire un petit sourire quand je lui assure que je ne dirais rien.
Mais s'il ne veut pas que son propre frère soit au courant, pourquoi me l'a-t-il dit ?

- Tu as des restrictions sur les horaires ?

- C'est juste pour savoir où je me trouve. Enfin si, je ne dois pas être à plus de 200 kilomètres de mon à part mais ça, ça va.

Je sens qu'il va regretter, qu'il va se mordre les doigts de m'avoir confier ce secret. Mais j'en profite pour le moment.

- Tu sais que je pourrais te faire du chantage ?

- Comme me menacer de tout dire à mon frère si je ne supprime pas la dette d'Antoine ?

J'opine du chef avec un grand sourire scotché sur le visage qui le fait lever les yeux au ciel, fatigué de mon attitude.

- Il faut que tu saches quelque chose. Je ne suis qu'un intermédiaire, OK ? Je réclame l'argent parce qu'on me le réclame. Personnellement, qu'il me le donne ou pas, ça ne me changera pas la vie. Mais au-dessus de moi, ils sont moins patients. Et plus Antoine tarde à payer, plus la sentence va être terrible. Des mecs se sont fait descendre pour la moitié de sa dette.

À la poursuite du bonheurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant