AOÛT 2021
PARISGaspard vient de nous déposer devant l'hôtel après plusieurs tours dans la ville pour tenter de semer des fans un peu trop désireux de savoir où je me rends. Derrière les vitres teintées, je n'ai jamais vu Maxence aussi tendu et peu serein à l'idée de descendre du van.
Mais au bout d'un quart d'heure, nous avons réussi à les semer et profitons de ce lapse de temps pour entrer dans l'hôtel et récupérer la clef de la chambre.La vieille dame tenant la réception cette nuit semble plus fatiguée que moi et ses yeux mi-clos nous balaient rapidement du regard avant de nous donner la carte magnétique.
Nous la remercions et prenons l'ascenseur pour monter à l'avant dernier étage, le cinquième plus précisément.
Dans la boîte montante, Maxence se regarde dans le miroir et arrange ses cheveux. Cette vision de lui attentionné à l'image qu'il renvoie me fait doucement sourire et le fait rougir lorsqu'il croise mon regard amusé à travers le miroir qu'il fixe.Comme pour dévier la tension croissante dans cet espace étriqué, il finit par se tourner vers moi et se coller aux portes fermées pour le moment.
Il tente d'instaurer une distance plus que raisonnable en public entre lui et moi.
Sage décision.
- T'as mangé avant que j'arrive ?
- Non.
- Je vais commander. Tu veux manger quoi ?
Un sourire narquois se dessine sur mes lèvres lorsque je dis intérieurement ma réponse qui est « toi » et il ne peut pas l'ignorer. Mais avant que je brise le pas qui nous sépare, il braque son regard vers un coin de l'ascenseur juste derrière moi.
- Caméra, me coupe t'il.
Ça a le don de me refroidir, ça, c'est sûr.
Je n'ai pas besoin de me tourner, je le crois sur parole, et reprends alors ma position initiale au même instant où les portes s'ouvrent, nous laissant sortir et traverser le long couloir couvert d'une moquette hideuse et surtout pleine de microbes et bactéries aux noms imprononçables.
Je passe le pass magnétique sur la boîte à cet effet au niveau de la poignée qui se déclenche au premier effleurement.
La chambre étant plongée dans le noir, je tâte le mur à la recherche de l'interrupteur et la lumière s'allume presque instantanément.Un petit couloir avec une porte sur la gauche allant sans doute à la salle de bain, une chambre au grand lit couvert d'une literie aussi blanche que les murs.
Pile face au couchage, une grande baie vitrée donnant vue sur la ville à nos pieds. Même sur le balcon, on ne voit pas la tour Eiffel, preuve que tous les films et séries mentent sur ce détail en laissant entrevoir cette dame de fer à travers toutes les fenêtres d'un appartement.
- Y'a plusieurs choix si tu veux, répète Maxence pour attirer mon attention alors que je cherche des vêtements propres dans mon sac.
J'ai besoin d'une bonne et longue douche. Je me sens sale après avoir autant transpiré durant le concert et avoir enfilé un tee-shirt propre par dessus une peau moite n'aide pas à se sentir bien.
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À la poursuite du bonheur
RomansP1/2 : Une semaine de vacances à Cannes va bouleverser le quotidien de Juliette, jeune étudiante en arts de 23 ans. Marquée par les coups de ses parents durant sa jeunesse, elle a toujours souhaité être sauvée par une main tendue. Mais jamais elle n...