Chapitre 37

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Le 11 Décembre, 13 heures 20,
Restaurant / Appartement de Paul
Angers


JULIETTE


Je déteste faire la bise à Antoine. Ses joues sont moins douces que ses lèvres. Je déteste ça. Si l'embrasser, au moment où nous étions ensemble, était la chose que je préférai faire et vivre, laisser nos joues se toucher pour se saluer et ce que je déteste le plus au monde. Et je crois que je ne suis pas la seule vu la grimace qu'a tiré Antoine après que nous nous soyons dit bonjour.

Installés à une table dans un restaurant asiatique, on est bercé par l'atmosphère avec la décoration, les odeurs et la musique qui nous plongent directement en Chine.

Devant moi, un plat de nouilles sautées au poulet et au sésame, et devant Antoine, des nems au porc, des rouleaux de printemps frits et des nouilles au bœuf épicé.

Il a voulu prendre plusieurs plats pour goûter un maximum de choses et ne pas repartir bredouille.

- T'aimes bien ? je demande en le voyant terminer son dernier rouleau de printemps.

- Ouais, c'est différent de ce à quoi je m'attendais mais j'aime bien.

Le sourire qu'il m'offre me réchauffe le cœur mais pendant que nous mangeons, qu'on est face à face sur cette petite table, je ne peux pas oublier le visage déçu et triste de Paul quand il a compris que je partais voir Antoine.

La culpabilité me bouffe les tripes et me coupe l'appétit.

J'ai envie de rentrer.

Tout comme j'ai envie de parler à Antoine.

Entre deux cœurs, je suis partagée.

- L'album de Maxime est bien ?

- Exceptionnel. Dans 3 jours tu pourras l'écouter, je pense que tu vas aimer aussi.

- Vous avez pu discuter des places de tickets que Maxence t'a offertes ?

- Il fera un concert à Paris l'année prochaine et j'irai là-bas.

On continue notre repas dans le calme où il me pose diverses questions sur le week-end qui vient de s'écouler. Je pense que ça lui aurait fait plaisir de venir et sachant que c'est entièrement de ma faute si Maxime ne l'a pas invité, je me sens un peu coupable. Mais je ne l'exprime pas.

- Vivi me demande souvent de tes nouvelles, il me fait part. Elle n'ose pas t'envoyer de messages puisque toi et moi ... et bien on n'est pas en très bon termes et surtout parce qu'on n'est plus ensemble.

- Oh. Je lui enverrais un message. Enfin, si t'es d'accord ?

Il lève un sourcil qui vient se perdre sous ses cheveux sombres qui ont poussé de quelques millimètres depuis la dernière fois.

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- C'est ton amie. Je pourrais comprendre que tu ne veuilles plus que je leur parle par rapport à ... notre relation.

- Ils t'apprécient. Ça leur ferait plaisir d'avoir de tes nouvelles.

J'étire un maigre sourire et termine mon plat. Certes l'atmosphère et la tension entre nous sont gênantes mais malgré tout, c'est un moment plutôt agréable. Je regrette d'être partie de la sorte et d'avoir laissé Paul en plan, mais avoir un moment "calme" avec Antoine est plaisant.

- J'ai eu une longue conversation avec Alicia, il me prévient sans prendre de pincettes, sans passer par quatre chemins. J'ai mis les points sur les "i" et ça a permis de mettre les distances que j'aurai dû établir depuis très longtemps. Elle l'a mal pris, je ne t'apprends rien. Mais ce qui s'est passé, c'était trop.

À la poursuite du bonheurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant