Chapitre 18 / Flashback

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30 JUIN 2021
NICE

Les idées remises en place, du moins pour le moment, je sors de la salle de bain, habillé et prêt pour rejoindre mes amis.
Du moins, pour ça, Charla doit arriver. Et j'ai comme l'impression qu'elle se fait désirer.

En l'attendant, grognant contre mon amie qui ne connaît pas le principe de la ponctualité, je donne un coup de propre dans ma chambre histoire d'avoir moins honte et de ne pas en vouloir au Maxime du passé d'avoir été aussi négligent quand le Maxime du futur voudra se coucher ce soir.

Réunissant les feuilles de textes ensembles et les mettant de côté pour ne pas les perdre, je tombe sur mon premier carnet de notes, là où mes premiers textes sont inscrits noir sur blanc.
Le prendre en main me rend fébrile. C'est presque ... irréel. J'étais persuadé l'avoir perdu il y a des années, un peu au moment de sortir mon premier album.
Mes doigts s'apprêtent à l'ouvrir quand la sonnette de l'appartement me surprend pour la deuxième fois de la journée et je repose mon bien là où je l'ai trouvé.

Charla entre dans l'appartement après m'avoir embrassé la joue, laissant à coup sûr une trace de son rouge à lèvre bordeaux sur ma peau. Je me frotte le visage et la rejoins dans le salon.
Elle est une des seules filles que je vois toujours en robe ou en jupe. Depuis que je la connais, je ne suis pas sûr d'avoir déjà vu un jean couvrir ses longues jambes frêles. Touchant la pointe de l'élégance avec des détails ajoutés dans ses cheveux ou autour de son cou, elle sait marier les couleurs à la perfection. C'est elle qui a refait ma garde robe, en début d'année. Elle estimait qu'il fallait que je prenne un peu plus soin de moi et de mon image médiatique.
Étrangement, c'est la première fois qu'Evan m'a fait un compliment sur mon physique, le lendemain.

Redressant sa paire de lunettes noires sur le haut de son crâne, Charla se tourne vers moi et tapote des ongles contre la bandoulière de son sac.

- Je viens tout juste de voir le message de Sasha. Il est déjà parti ?

- Ouais. Ils nous attendent tous.

Elle opine du chef et attend que je prenne ma veste.

Je sais que c'est mal.
Je sais que c'est égoïste et méchant de ma part.

Mais je le fais quand même.

Parce que j'ai besoin de me rassurer, d'être sur que c'est juste mon corps qui débloque parce que ça fait très longtemps que je n'ai pas couché avec une fille, que c'est parce que Maxence m'a donné un brin d'attention que j'ai ressenti cette boule au fond du ventre et cette forte envie d'être plus proche de lui.
C'est uniquement pour ça.

J'essaie de m'en convaincre en me plantant devant Charla qui relève les yeux vers moi, ne saisissant pas pourquoi je ne mets pas ma veste.
Elle me laisse poser sa main sur son cou.
Mon regard tente de trouver un frisson que j'ai ressenti aujourd'hui. Je parcours ses yeux, ses joues, son nez et ses lèvres.
Rien.
Enfin si, Charla me plaît physiquement, je ne peux pas le nier, mais je n'ai pas ce frisson.

Il n'est pas là, il ne pointe pas le bout de son nez et ne me laisse même pas espérer le voir apparaître du coin de l'œil.

C'est quoi ce merdier ?
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Est-ce que je suis dysfonctionnel ?
Dois-je consulter ?
Probablement, déjà pour soigner les blessures que m'infligent les cordes de ma guitare à force de la gratter, pour celle que la bête de ce midi m'a fait, mais surtout pour ce changement à l'intérieur de mon corps qui me fait paniquer et qui me donne peur. Ça m'effraie même !

À la poursuite du bonheurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant