Qui m'a envoyé sortir cette nuit ?
Le réveil est dur et je ne suis pas la seule à le subir. Quand on est réveillé par la voix très aiguë d'Anaïs, je sursaute. Mon coéquipier de la nuit semble subir de la même manière que moi.
- Qu'est-ce que vous faites vous deux ?
Anaïs se plante devant nous, un bol de céréales dans les mains. Sa présence nous contraint à sortir du hamac mais en sortant tous les deux, je manque de perdre l'équilibre. Au loin, je vois qu'Enzo nous regarde aussi. Il doit sûrement se demander ce que faisait son ami avec moi.
- On part d'ici une heure, me prévient Anaïs. Si tu veux te préparer, fais-le avant que Suzie s'éternise dans la salle de bain.
- Dans une heure ? Mais il est tôt non ?
- Ouais, huit heures. Mais plus on est là-bas tôt, plus on a de chances d'avoir de bons articles.
Je contiens un soupir : j'aimerai pouvoir aller dormir mais cette sortie est programmée et je ne peux pas l'esquiver. Obéissant à Anaïs, je m'enferme dans la salle de bain où je prends une douche froide agréable, histoire de me réveiller et de me sortir la tête des nuages. Quand je suis fin prête, habillée pour cette journée qui s'annonce compliquée et longue, je retrouve mes amis sur la terrasse.
- On se rejoint à quelle heure ? On va sans doute manger dans la galerie marchande, nous prévient Anaïs.
- On se dit 17 heures ? Comme ça on profite un peu de la plage et on mange après.
Tout le monde est d'accord. J'ai juste le temps d'avaler un café, ce qui m'arrive dans les cas d'extrême force majeure, qu'Anaïs et Estella sont déjà en train de démarrer la voiture.
- T'as les yeux éclatés, remarque Maxence en écrasant ses lèvres contre ma tempe pour me dire bonjour après être sorti de la cuisine avec un jus de fruit. Pas bien dormi ?
Pendant qu'il me pose la question, je regarde instinctivement Antoine assis autour de la table. Il ne semble pas très fatigué, enfin, pas plus que d'habitude. Peut-être est-ce normal pour lui de dormir moins de deux heures par nuit.
- Tu ronflais trop.
- Quoi ? s'indigne faussement Maxence. Tu dis toujours ça mais jamais je n'ai eu de preuve accablante.
Il me donne une pichenette dans le nez et je pars rejoindre les filles qui s'impatientent de ma venue.
Une fois dans la voiture, conduite par Estella, nous mettons la musique, ouvrons les fenêtres et circulons dans le centre ville. Je glisse les lunettes de soleil que je trouve à l'arrière sur le bout de mon nez et rage contre mon téléphone qui est toujours déchargé. Je le branche via l'allume cigare, dans l'espoir qu'il capture un minimum de batterie.
- Tu vas nous expliquer pourquoi tu pionçais avec ce mec ? demande Anaïs en se tournant vers moi.
- On parlait et on a fini par s'endormir.
Je change un peu la réalité, sachant très bien que si je la dis, je vais me faire juger par mon amie. Et ça ne manque pas.
- Évite de lui parler de trop, ce mec est un nid à problèmes, répond Estella.
- Comment ça ?
Elle vient d'attirer mon attention et je me redresse pour la regarder de profil pendant qu'elle fait attention à la route.
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À la poursuite du bonheur
Roman d'amourP1/2 : Une semaine de vacances à Cannes va bouleverser le quotidien de Juliette, jeune étudiante en arts de 23 ans. Marquée par les coups de ses parents durant sa jeunesse, elle a toujours souhaité être sauvée par une main tendue. Mais jamais elle n...