JUILLET 2021
LYONLa petite maison est très étriquée mais fonctionnelle. C'est surtout très ... bordélique. J'ignore lequel des deux est aussi peu organisé, mais la cohabitation n'aide pas à obtenir un logement ordonné.
Je sais que lorsque Leonard créchait chez moi, il m'était presque impossible de faire deux pas sans me prendre les pieds dans son bordel. Ça pouvait être tout et n'importe quoi : des fringues, des coussins, des chaussures ... Tout ce qui était censé être rangé trainait par terre. J'ai alors connu la joie d'avoir un gosse chez moi.
Un gosse de 23 ans, mais un gosse tout de même.Adossé au comptoir de cuisine, je regarde Maxence rassembler ses affaires dans un de ses sacs de sport. Il manque de sa casser la gueule en se prenant les pieds dans les pieds de la table basse et se rattrape de justesse au canapé sous mon regard amusé.
Clairement, je me fous de sa gueule mais il m'adresse un simple regard noir alors qu'il reprend de rassembler ses affaires.
- Sympa pour l'aide au fait, il rétorque.
- C'est plus amusant de te regarder faire, je dois bien avouer.
- Sers toi un verre d'eau si tu veux.
Je décline mais remercie sa proposition.
Quand il finit de ranger l'ensemble de ses affaires dans deux sacs, il revient vers moi et me fait signe qu'il est prêt. J'ai rabaissé ma capuche et redressé ses lunettes de soleil au dessus de mon crâne.
Il paraît un peu plus détendu que tout à l'heure, lorsque nous étions en public.
- T'es prêt de prêt ? je demande. On va y aller avant de tomber dans les bouchons.
Les bouchons ? Mais quel con je fais, à cette heure-là il n'y a pas une once d'embouteillage : les gens normaux sont au travail ou à l'école !
Je passe au-dessus ma pitre réflexion et avale ma salive en me redressant pour repartir et prendre la route. Mais ce dernier n'est pas du même avis il faut croire. Parce qu'à la seconde où je me décale, il se dresse devant moi avec ses épaules qu'il ne semble pas travailler à la salle et me prive de mes mouvements. Quand je tente de me décaler sur la droite, il m'imite.
Je fronce les sourcils, curieux de ce mouvement soudain, et ne bouge pas d'un poil lorsqu'il s'approche encore plus vers moi.
Qu'est-ce qu'il fait ?
Pourquoi se rapproche-t-il de cette manière, avec cet air sérieux sur le visage et ses yeux qui balaient mes yeux, puis mes lèvres ?
Le bout de ses chaussures vient cogner les miennes. Il est vraiment proche de moi, vraiment.
Mais ce n'est pas trop.
Je m'en rend compte que j'inspire son odeur quand je ne vois plus rien d'autre que lui. Le salon derrière son corps disparaît. Mes yeux braqués sur son visage commencent à me brûler à mesure que ma gorge se serre de le savoir si proche de moi et si susceptible d'entendre mon coeur battre à tout va.
Si nos pieds se touchent, le reste de nos corps reste éloigné. Ceci m'arrange. Rien que ce rapprochement me met dans un état de stress que je ne maîtrise et ne comprends pas.
Faisant à peu près la même taille, nos yeux sont face à face. J'arrive à déceler la teinte exacte de ses iris, les taches de rousseur au coin de son nez ou encore ses cils plutôt longs qui feraient envier Charla qui est obligée d'appliquer de trop nombreuses couches de mascara pour n'obtenir que le tier de ce résultat.

VOUS LISEZ
À la poursuite du bonheur
RomansaP1/2 : Une semaine de vacances à Cannes va bouleverser le quotidien de Juliette, jeune étudiante en arts de 23 ans. Marquée par les coups de ses parents durant sa jeunesse, elle a toujours souhaité être sauvée par une main tendue. Mais jamais elle n...