À l'heure du thé, Gaëlle et Aidan rejoignirent Blake House.
Le bruit des travaux résonnait dans toute la maison.
C'était la dernière ligne droite avant que les jeunes époux ne puissent enfin profiter pleinement de leur demeure refaite à neuf et enfin donner leur premier bal qui faisait frémir d'impatience toute la bonne société londonienne qui attendait fébrilement de savoir s'ils auraient la chance de recevoir un précieux sauf conduit pour la soirée du couple le plus mystérieux de l'année.
Les deux amis, assurés d'être invités au dit bal, n'étaient guère sensibles au mystère et à l'enthousiasme ambiant. Ils se demandaient seulement comment on pouvait supporter de vivre dans un tel environnement sonore. L'irlandais sentait poindre une migraine et sa paupière droite clignait à chaque coup de marteau qui retentissait sans discontinuer, il craignait de finir la journée, affublé d'un tic nerveux. Il se maudissait de ne pas avoir plutôt invité les Blake chez lui. Sa maison, si agréable où régnait un calme feutré, où ne flottait pas une poussière épaisse qui vous agressait les poumons et ruinait les vêtements.
La porte du salon fermée dans une vaine tentative de faire oublier la si pénible situation, le thé et les petits biscuits servis, Miss Shaw et Mr Brogan commencèrent à faire à leurs hôtes, le compte-rendu détaillé de leur journée. Non sans une certaine bravade d'ailleurs, n'avaient-ils pas rempli leurs missions, sans drame, bataille et hurlements contrairement à d'autres, en trouvant même le moyen de leur raconter comment ils avaient dû effacer leurs traces. Pour preuve, Gaëlle déposa devant Cassandre le cadenas broyé du portail du cimetière de Highgate si négligemment laissé en arrière.
— Je n'avais pas la tête à faire le ménage, crut bon de préciser lady Blake.
Les délibérations au sujet de leurs découvertes au Spaniard's Inn, et l'utilité qu'il y avait de les partager avec le commissaire Devereux furent particulièrement animées.
Les Blake étaient d'accord avec eux sur le fait qu'ils ne voyaient pas en lui un homme en qui placer une confiance aveugle.
Mais c'était bien le seul point sur lequel ils étaient tous d'accord.
Joshua avait proposé l'envoi d'un faux Devereux pour mener une enquête au Spaniards Inn, mais Gaëlle argua qu'usurper l'identité d'un agent de la couronne était certainement un crime grave. Aidan commençait pour sa part à voir le danger qu'il y aurait à mentir encore et encore à ces pauvres gens, ils allaient finir par perdre le fil de leurs mensonges.
Cassandre pour sa part voulait suivre cette Géraldine pour découvrir si elle travaillait bel et bien pour les Flambeaux.
— Rien ne dit qu'elle ait un contact direct avec qui que ce soit, elle pourrait écrire, laisser une marque quelque part, fit valoir Aidan.
— Elle est peut-être télépathe comme ta Jane Duvall, proposa Joshua.
— Je suis certaine que non, affirma alors miss Shaw. Elle n'a pas du tout le même genre d'aura.
— Alors quoi ! S'énerva Cassandre. Nous n'allons tout de même pas baisser les bras parce que Brogan se découvre soudainement des scrupules.
Ce dernier se redressa, mécontent du tour que prenait la conversation.
— Je crois bien qu'il va falloir dire une partie de ce nous avons appris à Devereux, continua la meneuse de loups.
— Mais...
— Mais nous ne nous fierons pas aveuglement à lui. C'est un homme terriblement déterminé à trouver les Flambeaux. Ça, nous le savons.
— Il est si obnubilé par sa quête qu'il est insensible à la hantise de six esprits, ajouta Joshua pour abonder dans son sens.
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Quand les loups se mangent entre eux
Paranormal1854 Les jumeaux Cassandre et Arcas sont des meneurs de loups. Une hérédité dont ils se seraient bien passés. Elle vient de couter la vie à leurs parents, assassinés par de mystérieux hommes en noir, possédant des pouvoirs surnaturels qui même à l...
