Gaëlle eut le temps de finir la moitié de son assiette avant que le propriétaire du Spaniards Inn ne revienne leurs côtés en triturant son tablier.
– C'est très gentil à vous Docteur de vous enquérir de la santé de Mrs August. Je ne voudrais surtout pas vous manquer de respect et ce n'est pas que je ne veux pas que vous examiniez ma femme, mais...
– Mais les temps sont durs, termina Aidan. Je comprends. N'ayez crainte mon ami, je l'examinerais à titre gracieux cela va de soi. Aujourd'hui, je suis en congés. Il se leva et prit l'homme à part. À vrai dire, ajouta-t-il en baissant la voix, vous me rendriez service. Depuis la mort de son mari, ma sœur ne s'intéresse plus à rien. Avant son mariage, elle m'assistait dans mon cabinet. Je tente de l'y intéresser à nouveau pour la faire sortir de son deuil. Elle savait y faire, surtout avec les enfants et les dames qui ont parfois des pudeurs envers un homme voyez-vous. Enfin... elle aimait se rendre utile. Je me dis qu'elle pourrait aider dans un dispensaire, ou aux bonnes œuvres de notre paroisse. Encore faudrait-il qu'elle accepte de sortir pour autre chose que se rendre au cimetière sur la tombe de son cher époux. Si elle voyait le bien qu'elle peut encore faire dans ce monde, je suis certain qu'il serait possible de la ramener vers les vivants.
– Si c'est pour aider, surtout une dame si élégante qui a bien du chagrin...
– Merci mon brave. Petite sœur, viens avec moi. Nous allons rendre visite à Mrs August.
Toujours cachée sous son voile noir, Gaëlle traversa la grande salle. Elle se cogna à une table et Aidan lui pris la main pour la guider.
– Si tu cessais de porter une nappe sur la tête, peut-être verrais-tu où tu vas petite sœur.
– Ma mère à porter le sien durant deux ans, mais je crois que c'était pour se donner un genre, dit l'aubergiste alors qu'ils empruntaient les escaliers. Elle détestait mon père qui le lui rendait bien. Mon Annie et moi, c'est différent, je... je ne supporte pas de la voir dans cet état murmura-t-il dans un sanglot qui avait l'air parfaitement sincère ce qui plongea la fausse veuve dans les affres de la culpabilité.
Il ouvrit la porte d'une chambre. Une femme y était allongée, son visage était si tuméfié que Gaëlle eut un mouvement de recul.
– Le Docteur Dale a-t-il repéré des fractures ? Demanda Aidan d'un ton fort professionnel.
– Seulement des côtes fêlées. Fort heureusement.
– C'est déjà trop.
Aidan saisit une petite lampe à huile posée sur la table de chevet, et écarta doucement les paupières gonflées de la pauvre victime. Il avait suffisamment observé les médecins à bord des navires qu'il avait emprunté durant de longs mois pour savoir donner le change. Si les pupilles étaient dilatées, c'était mauvais signe. Par chance ce n'était pas le cas ici.
– Je suppose que votre docteur a posé les sangsues sur les hématomes, déduit-il en observant les marques qui striaient par endroit la peau violacée.
Le mari hocha la tête.
– Ce n'est pas une mauvaise idée, après tout, les remèdes de grand-mère ont souvent fait leurs preuves.
Gaëlle s'approcha et posa la main sur son front.
– Il faut faire attention à ce que la fièvre ne monte pas. De la tisane d'écorce de saule ? Suggéra-t-elle.
– Ce serait un bon début, acquiesça le médecin d'opérette.
– Nous en avons en cuisine, révéla l'aubergiste.
– Restez avec mon frère Mr August. Je m'en charge.
Sans attendre un acquiescement quelconque, la jeune femme quitta la pièce et se rendit aux cuisines. Elle y trouva un cuistot ventru, portant un tablier blanc, il était secondé par un gamin au visage recouvert de suie et une fille de cuisine à la peau grêlée qui lui jeta un regard peu amène, visiblement elle n'aimait pas que les clients envahissent leur domaine.
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Quand les loups se mangent entre eux
Paranormal1854 Les jumeaux Cassandre et Arcas sont des meneurs de loups. Une hérédité dont ils se seraient bien passés. Elle vient de couter la vie à leurs parents, assassinés par de mystérieux hommes en noir, possédant des pouvoirs surnaturels qui même à l...
