L'auberge

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Ce que Dominic appelait L'Auberge était une belle  bâtisse cachée dans la campagne, loin des regards curieux, dissimulée au milieu d'une clairière entourée de grand arbres, accessible par un chemin privé et pratiquement oubliée de tous.

Elle ressemblait à n'importe quelle vieille bâtisse vue de l'extérieur. Son architecture en imposait avec ses grandes fenêtres aveugles et ses grand murs sombres. Malgré elle et sa beauté, elle dégageait un climat sinistre en dépit du grand jardin pas du tout entretenu où tout poussait de guingois. Ce jardin aurait fait le bonheur de Perle mais mieux valait pour elle qu'elle ne connaisse jamais ce côté obscur de celui qui l'avait achetée. La porte d'entrée grinçait légèrement quand on l'ouvrait mais on était aussitôt subjuguée par l'intérieur d'où se dégageait une ambiance des plus accueillante avec son bois vieillit sur les murs, ses vieux canapés en cuir usé dont Dominic raffolait, son carrelage froid recouvert de tapis épais  et son bar où trônait des alcools destinés à satisfaire ses hommes quand ils avaient fini leurs recherches de par le monde.

Mais cette ambiance chaleureuse était des plus trompeuse. La grande et belle porte sur le côté du comptoir était là pour en témoigner. Elle cachait bien son jeu. Quiconque aurait penser que celle ci s'ouvrait sur le paradis se serait magistralement trompé, elle montrait sa véritable fonction quand vous poussiez son lourd battant. Ses marches vous conduisaient directement vers l'enfer.

L'ambiance bon enfant du haut n'était que la surface visible des choses car Dominic tout en n'étant ni chef de gang ni mafieux était un patron des plus exigent, des plus redouté de ceux qui le connaissait. Cet homme qui s'était élevé dans beaucoup de domaines à la force de ses poignets, de son travail et de sa dureté en affaires et en temps que Maître était jalousé par ses pairs. Oh pas tous heureusement mais il savait que certains enviaient sa place et il s'était retrouvé obligé de s'entourer d'hommes de terrains aguerris pour assurer sa sécurité, ce qui faisait qu'au fil des ans il s'était constitué un petit commando qui le suivait partout lors de ses déplacements en pays étrangers et assurait aussi la sécurité de son personnel chargé de trouver des entreprises en perdition. Sa richesse s'étendait bien au delà de ce que certains pensaient  tout en restant dans la légalité et en préservant les valeurs auxquelles il croyait. Son nom était connu hors frontière dans un milieu dans lequel il excellait.

Mais les vrais conversations, celles qu'il avait avec certaines personnes se tenaient dans un endroit secret, peu connu de ceux qui attentaient à sa vie.

Ce qui avait plu à Dominic est l'endroit où l'avait fait descendre l'homme chargé de lui faire visiter la maison plusieurs années auparavant. Les caves étaient en fait un vrai labyrinthe de couloirs sombres et froids. L'air y était écrasant, angoissant, un lieu où rien ne laissait suggérer qu'un étage plus haut tout n'était qu'harmonie. L'obscurité n'était percée que grâce à de vieilles ampoules jaunies par le temps suspendues au bout d'un fil électrique. De part et d'autre de ces couloirs quelques petites caves faites pour le rangement mais dans l'esprit de Dominic soudain s'était ouvert tout un tas de possibilités quand à cet endroit lugubre et son imagination n'avait pas mis longtemps à voir le potentiel de l'endroit. 

Tout faire pour que le haut accueille ses "employés" qui n'avaient d'employés que le nom mais qui aimaient profiter de l'endroit quand ceux ci n'étaient pas consignés à le suivre et le bas pour recevoir les "clients"spéciaux qui devaient grâce à l'accueil de leur hôte ne pas avoir de difficulté à ne pas se sentir à 'aise.

Voilà et c'est reparti.

Je vous souhaite une belle nuit. Demain sera la suite.

Le ScarifieurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant