Chapitre 129

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Ces doigts qui avaient pris possession de son corps et entamaient une danse diabolique l'emmenaient vers un plaisir indescriptible. Elle sentait chaque parcelle de ce corps chauffer à blanc, elle brulait littéralement du désir de jouir. Elle ne sentait plus rien, ne voyait plus rien, tout à la jouissance qui menaçait de se répandre comme une vague monstrueuse sur son entrejambe aux lèvres gonflées de ce plaisir. Instinctivement, elle s'était mise à onduler et à jouer sur le mouvement de ces doigts intrusifs. Ce n'étaient plus eux qui la branlaient mais elle qui se branlait sur leurs doigts. Elle avait pris le contrôle de la situation  et dirigeait comme il fallait cette lubricité qui prenait possession d'elle, doucement, à son rythme.

Dominic s'aperçut de ce qu'elle était en train de faire inconsciemment. Il comprenait que ce n'était plus elle qui dirigeait . Son regard était devenu trouble, avait perdu cette lueur vive qui caractérisait son envie constante de désobéir. Son visage entier trahissait ce qu'elle ressentait. Ses lèvres légèrement entrouvertes vous appelaient à la damnation tandis que ses doigts continuaient de s'enfoncer dans sa gorge offerte.

Elle salivait beaucoup et ce fluide se répandait sur la pelouse à côté de ses mains qui se crispaient sporadiquement.

Il la regardait le souffle court comme si l'air venait subitement de se raréfier.

Cette petite chose en transe le fascinait, l'excitait.

Elle ne bougeait pas, ne tentait pas de se dégager, seuls les petits frissons qui parcouraient sa peau attestaient de cette jouissance qui allait crescendo. Elle orchestrait son propre plaisir.

Il avait cru mener la danse, mais c'était elle qui jouait la mélodie depuis le début. Maintenant il ne lui restait plus qu'à suivre le rythme qu'elle imposait ou tout arrêter et la laisser là, pantelante de frustration , sur la pelouse, devant ce public qui n'en perdait pas une miette derrière les fenêtres. Il pouvait tout stopper et la laisser honteuse, un plaisir inassouvi entre les cuisses. Elle méritait une punition, oui. Mais elle s'était pliée à ses attentes, avait acceptée ses ordres, du moins certains.

Ce qu'il avait sous les yeux était une trahison intime de son corps sur son esprit. Elle reniait sa condition et lui prouvait en même temps qu'elle l'acceptait. Mais elle méritait aussi une récompense car elle tenait bon, elle l'affrontait chaque jour alors que son esprit lui hurlait d'arrêter. Elle avait tout acceptée avec cette dignité tremblante qui ressemblait à du courage.

Punition pour avoir trop ruer dans les brancards.

Récompense pour avoir tenu bon.

Il la regardait, à quatre pattes, frémissante sous l'emprise de ce plaisir qu'elle endiguait car il ne lui avait pas encore donné l'ordre de jouir, cela avait été instinctif. En bonne petite soumise elle attendait. Il approcha doucement sa main qu'il posa sur sa joue tandis qu'il lui caressait la tête de l'autre, et  releva son visage.

"Regarde moi, je veux te voir jouir"

"Accélérez Natacha"

"Bien Monsieur"

Natacha savait y faire, son Maître l'ayant déjà confrontée à d'autres soumises, elle avait appris à faire jouir une femme sous ses ordres. Elle se plaça sur le côté, posa une main sur la chute de ses reins et la fourragea sans ménagement, jouant de ses doigts à l'intérieur de son vagin, caressant ses parois intimes, crochetant ce point si sensible qu'aucune femme ne pouvait y résister.

Etre prise en étau de cet façon rendait Perle folle de désir, imaginer Natacha voir son sexe couler sous ses cuisses, imaginer son Maître la regarder jouir devant tous ces regards la rendait incontrôlable. Ce plaisir monstrueux qui pointait son nez lui fit presque peur, c'était trop, elle n'allait pas arriver à surmonter et soudain tout éclata, son sexe se libéra, son ventre explosa, elle rejeta brutalement la tête en arrière en hurlant tant son corps était devenu sensible, elle se laissa tomber sur ses avant bras, le cul remonté, le dos cambré à s'en faire mal. Elle laissa le plaisir onduler sur son épiderme jusqu'à ce que la tension retombe, l'emportant sur la pelouse. Dominic la rattrapa, petite poupée de chiffon désarticulée.

Elle avait tout donnée.

Il ne la punirait pas. Elle s'était jugée cent fois plus sévèrement qu'il    ne pourrait jamais le faire.

Là, maintenant, elle avait besoin de réconfort, ce qu'il n'avait jamais pratiqué avec toutes celles qu'il avait eue entre les mains.

Elle avait besoin de tendresse, de douceur, d'attention pour lui faire comprendre que ce qu'il venait de se passer était unique, grandiose. Il la toucha  doucement, elle sursauta légèrement  comme sortie d'un rêve trop lourd. Il lui sourit. Rares étaient les sourires de Dominic.

"Regardes toi, tu es magnifique, tu as tenue, tu n'as rien lâcher, tu n'as pas idée de ce que tu viens de nous offrir".

Elle ne répondit rien, n'étant pas encore en mesure de s'apercevoir de ce qu'elle venait de faire.

"Eh bien ma petite tigresse, tu as perdue ta langue".

Il la souleva dans ses bras. Ce n'était pas un geste brusque, mais doux. Elle était légère, était vraiment un poids plume. Elle ne protesta pas. Peut être parce qu'elle n'en avait plus la force ou peut être parce qu'au fond elle savait qu'elle avait besoin de ça, de lâcher prise et n'était ce pas ce qu'elle venait de faire.

Ils traversèrent le hall. Il sentait son souffle encore irrégulier contre son torse. Elle ne réalisait toujours pas qu'elle pouvait se relâcher.

La porte s'ouvrit lentement, c'était la même pièce qu'elles avaient quittées quelques minutes auparavant  et pourtant tout semblait si différent. Il la déposa sur le canapé et resta debout devant elle à la regarder sans un geste de trop, sans un mot superflu. Quelque chose en elle commençait à céder, pas une cassure, juste une ouverture, un relâchement.

Elle était enfin entière.

Mais pour combien de temps.

Le grand moment arrivait petit à petit.

"Laissez la dormir le temps qu'il faudra, retournez à votre bureau en attendant".

"Bien Monsieur"




Le ScarifieurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant