Dominic se surprit à être pressé de rentrer à "L'Entrepôt", cet immense bâtiment qu'il avait acheté il y a quelques années, presque sur un coup de tête. À l'époque, c'était un ancien entrepôt industriel décrépit, aux murs lézardés et aux vitres brisées, perdu en pleine campagne, au milieu des herbes folles. Mais dès la première visite, quelque chose l'avait happé. Peut-être l'espace, démesuré, avec ses plafonds hauts et ses poutres métalliques qui dessinaient une ossature brute et honnête. Peut-être la lumière, crue mais généreuse, qui tombait en longues lames à travers les verrières poussiéreuses. Ou peut-être était-ce simplement ce silence particulier, presque sacré, qu'on ne trouvait que dans les lieux désertés.
Depuis, il en avait fait son refuge. Il y avait investi du temps, de l'argent, et une part de lui-même qu'il n'avait jamais vraiment montrée à personne. Chaque mur, chaque meuble, chaque recoin de L'Entrepôt portait la trace de ses choix.
Alors oui, à cet instant, Dominic se surprit à avoir hâte. Non pas simplement de rentrer chez lui. Cette fois, ce n'était pas seulement "L'Entrepôt" qu'il avait hâte de retrouver, c'était elle. Une silhouette paisible, presque irréelle dans ce décor brut de béton et d'acier. Elle réveillait en lui son côté animal, cette part qu'il s' appliquait à contenir la plupart du temps hors de ses donjons. Cette part brute, instinctive qu'il domptait avec une facilité étonnante et beaucoup de discipline. Avec elle, pourtant, quelque chose grondait, une énergie ancienne, à peine contrôlable, comme une tension sous la peau, un frémissement au creux de la nuque. Elle réveillait en lui un plaisir nouveau qui allait au delà de tout ce qu'il avait expérimenté jusqu'ici. Ce n'était pas seulement du désir pur, simple, comme le ressentirait un individu lambda, non, c'était plus profond. Elle réveillait en lui un élan primitif : l'envie de la sentir sous lui, de la prendre dans toutes les positions possibles, de la voir rougir sous ses coups de fouet, de l'entendre gémir quand elle jouissait, de la voir tenter se cacher alors qu'il avait tout vu d'elle. Elle faisait tomber, sans effort apparent, toutes les couches qu'il avait superposées au fil des années, la maîtrise, le contrôle, la retenue. Il n'avait jamais eu de soumise attitrée, n'en n'avait jamais éprouvé le besoin. Mais avec elle, il pouvait se laisser aller à ses pulsions.
Jamais, au cours de son existence, il n'avait ressenti une telle impatience. Il avait connu des femmes, bien sûr. Mais il n'y avait jamais eu, chez lui, ce besoin viscéral de revenir vers l'une d'elles. Avec elle, pourtant, c'était différent. Elle n'avait rien demandé. Elle était apparue un soir, sur un écran et il avait éprouvé ce besoin de la posséder.
Dominic, l'homme des silences et des murs épais, se découvrait soudain une passion pour une petite femelle qu'il avait hâte de dresser. Elle n'était pas encore parfaite. Avait encore beaucoup à apprendre pour être à ses pieds. Mais il savait qu'elle y arriverait. Elle s'était lancé un défi à elle même, avait mis la barre très haute. Cette jeune femme qui ne connaissait pas grand chose à son monde à part les lectures édulcorées qu'elle lisait, avait décidé de devenir l'égal de Zéro, mais si elle avait su ce que Zéro avait enduré pour devenir la soumise de Thomas durant un an, elle aurait pris les jambes à son cou. Avec ce qu'il lui réservait dans les jours suivants, elle allait devoir se blinder car il n'avait pas l'intention de la garder enfermée indéfiniment dans le loft. Son anniversaire arrivait et il avait une petite idée de la soirée qu'il allait organiser. Ces petits évènement étaient toujours l'occasion de réunir tout le monde. Il n'était pas Maître des Donjons pour rien. Ses soirées étaient réputées dans leur milieu où tout se passait toujours bien, sans aucune dérive. Les dominants acceptés après enquête n'étaient pas des hommes qui jouaient à la domination. Ce n'étaient pas des figures de théâtre, déguisées en prédateurs pour le frisson d'un soir. Ce n'étaient pas des hommes en quête d'ego, ou de pouvoir vide, ni des amateurs maladroits qui confondaient violence et intensité. Non. Ces hommes-là savaient ce qu'ils faisaient. Ils portaient leur rôle comme une seconde peau , avec maîtrise, avec lucidité, et surtout avec un profond respect de celles et ceux qui se remettaient entre leurs mains. La domination, pour eux, n'était pas une prise de pouvoir, mais une forme de responsabilité. Un art, presque. Une écoute fine, constante, presque animale. L'anticipation d'un souffle, d'un tremblement, d'un silence. La capacité à lire les signes invisibles du consentement, du plaisir, de la confiance.
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Le Scarifieur
RomanceDominic n'a pas de soumise à lui mais est réputé dans leur milieu pour les punitions au fouet.... Elles n'ont pas été sages, leurs Maîtres les lui confient pour qu'elles filent droit..... Mais arrivera un soir où il la découvrira
