Il avait laissé passer quelques jours depuis qu'il avait mis la main sur le dénommé Frank et avait préféré le laisser mijoter dans la petite cellule froide, humide et sombre qui se trouvait au sous sol de L'Auberge plutôt que de le confronter à nouveau. Les murs suintaient l'humidité, l'unique trou qui pouvait servir de fenêtre était trop haut, trop petit pour qu'il puisse penser à s'échapper mais arrivait à laisser passer une lumière blafarde qui éclairait un tant soit peu l'endroit.
L'homme n'avait pour compagnie que le silence pesant rompu de temps à autre par les pas lourds de Nikos quand celui ci daignait lui apporter une gamelle ou l'emmenait vers les toilettes. A part ça, tout le reste du temps, il restait seul. Son portable lui avait été enlevé et il venait de fumer sa dernière cigarette c'est dire dans quel état de nervosité il était.
Il avait eu beau hurler, menacer, taper dans la porte rien n'y avait fait, personne ne s'était occuper de lui. De guerre lasse il s'était enfin calmé mais avait demandé qu'on lui apporte un paquet de cigarettes et depuis il attendait. De toute façon se disait il, ils ne pourraient pas le garder indéfiniment. Il préférait pensé à l'argent qu'il avait mis en lieu sûr et qu'il allait dépenser quand il sortirait. Si l'autre espérait le récupérer, il se foutait le doigt dans l'oeil. Il n'était pas le premier et n'allait certainement pas être le dernier. Son petit business durait depuis un moment et il n'avait pas l'intention d'arrêter. Sauf que celui qui le retenait n'était pas de la même trempe que les autres.
Son petit manège était pourtant bien rodé, du moins c'est ce qu'il pensait. Frank ne se considérait pas comme un délinquant de bas étage, encore moins comme un escroc brutal. Lui préférait la subtilité, la finesse, même si parfois, il fallait la chercher dans les méandres tortueux des plans qu'il échafaudait pour piéger ses proies. Car Frank ne frappait jamais directement. Il ne volait pas : il séduisait. Il ne prenait pas, il faisait en sorte qu'on lui donne, et que lui donnait on, sa liberté, son corps, son esprit, son âme.
Et lorsque ses victimes réalisaient qu'elles avaient été trompées, indifférent à ce qu'il pouvait leur arriver, il prenait le large.
Dans son esprit, chaque coup était une œuvre d'art. Et chaque victime, une pièce d'un tableau plus vaste. Il les choisissait avec soin, les approchait avec tact, les étudiait comme un chasseur observe le gibier avant de tirer. Ce n'était pas de la cruauté, pensait-il, mais une forme d'intelligence. Une supériorité discrète. Plus le temps passait, plus ses plans devenaient complexes.
Tout commençait par une rencontre.
En premier lieu, il repérait la cible.
Une femme, évidemment. Pas n'importe laquelle. Jeune, belle de préférence avec de jolies formes et pas trop méfiante. Il fallait qu'elle lui plaise en premier lieu.
Il l'abordait avec classe sans faire de rentre dedans. Il y allait doucement. Quand la proie était ferrée, il la fréquentait, l'invitait à boire un café, puis un petit restaurant, puis le cinéma. La drague douce sans jamais précipiter les choses, il avait tout son temps. S'il se révélait que la fille n'était pas plus intéressée que ça il lâchait l'affaire et en cherchait une autre plus réceptive.
La suite était simple. Il s'immisçait doucement dans sa vie, faisait en sorte qu'elle tombe amoureuse et le tour était joué. Le fait de les manipuler pour après les abandonner ne lui laissait aucun remord.
Il leur faisait découvrir de petites pratiques simples, comme être attachée au lit, se retrouver menottée un bâillon dans la bouche, il stimulait leur appétit sexuel. Pour cela il les emmenait dans des endroits improbables pour leur faire l'amour et il était doué pour cela.
Leur confiance en poche, il leur faisait croire qu'il était dominant et qu'il recherchait une soumise. Elles se laissaient convainc assez facilement curieuses d'en apprendre plus. Une fois qu'elles y avaient gouté, elle en redemandaient.
Elles ne s'apercevaient que trop tard qu'elles avaient été victimes d'un escroc qui s'en état d'âme les mettaient à disposition d'hommes riches.
Il changeait souvent de ville, de noms aussi et jusqu'à présent n'avait jamais été inquiété. Il faut dire qu'il savait choisir ses victimes.
Il effaçait ses traces avec une précision presque maniaque. C'était sa manière à lui de rester libre, jamais deux fois le même visage au même endroit. Il savait se fondre, s'adapter, devenir ce que l'on voulait voir.
Mais Perle... Perle avait changé la donne.
Il était tombé sur elle par hasard, dans une petite ville sans prétention, bordée de forêts, dans une campagne paisible où rien ne se passait. Une petite ville dont il n'avait même pas retenu le nom, au début. Ce qui l'avait frappé chez elle, ce n'était pas sa beauté, elle était belle, oui, mais ce n'était pas ça. C'était son côté sauvage. Indomptable. Comme une chose qui ne s'apprivoise pas. Elle parlait peu, mais chaque mot semblait choisi, coupant. Elle avait dans les yeux un éclat rare, un mélange de lucidité et de feu qui le fascinait.
Frank, habitué à manipuler les émotions des autres comme un marionnettiste ses ficelles, s'était surpris à baisser légèrement sa garde. À se montrer un peu plus sincère. Avec elle, il n'avait pas eu besoin de jouer un rôle, cela avait été un réel plaisir de l'éduquer.
Perle était seule dans cette petite ville. Elle était partie de chez ses parents pour prendre son indépendance et avait loué une chambre chez une vieille dame avec qui elle était devenue plus qu'amie. Ce qui devenait un risque pour lui mais ne l'avait pas arrêter.
Sur le darknet,il avait repéré un site, avait réussit à le contourner et voilà comment il avait soutiré une somme astronomique à Dominic à qui il avait vendue Perle pour soi disant un certain temps. Il n'avait aucunement le droit de se trouver à cet endroit et avait filé une fois l'argent empoché.
Mais on ne jouait pas avec Dominic.
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Le Scarifieur
RomanceDominic n'a pas de soumise à lui mais est réputé dans leur milieu pour les punitions au fouet.... Elles n'ont pas été sages, leurs Maîtres les lui confient pour qu'elles filent droit..... Mais arrivera un soir où il la découvrira
