Son mois d'essai touchait à sa fin. Dans trois jours, théoriquement, elle serait libre de partir. Il ne lui en avait pas encore parlé. Pas un mot sur ce qui allait se passer ensuite. Mais allait-il vraiment la laisser partir, comme il l'avait affirmé au départ ? Allait-il tenir sa promesse, maintenant qu'elle savait qui il était et ce qu'il était, un homme d'affaires très connu, réputé, dominant sadique évoluant dans un monde parallèle au sien . Elle connaissait sa part d'ombre, ses secrets, ses failles. Et lui, de son côté, savait désormais ce dont elle était capable. Il avait vu sa ténacité, son intelligence, sa force, son caractère et ce qui se cachait au fond d'elle.
Avait-il vraiment autant confiance en elle ? Suffisamment pour la laisser partir, libre, avec tout ce qu'elle savait ? Ou bien s'apprêtait-il à refermer doucement la porte sur elle, à l'enfermer dans une cage invisible, faite de promesses, de dettes ?
Elle venait de passer un mois pratiquement enfermée chez lui. Quatre semaines, trente jours, trente nuits dans ce grand bâtiment à la fois somptueux et glacial, coupée du monde extérieur. Pas de téléphone, pas d'Internet, pas même la possibilité de sortir sans lui. Le temps s'était étiré, distordu, au point qu'elle ne savait plus très bien si on était mardi ou vendredi. Là-bas, les journées ne se différenciaient que par la lumière changeante derrière les grandes fenêtres.
Coupée du monde, oui. De ses repères, de ses proches, de cette routine qu'elle avait autrefois jugée simple, mais qui aujourd'hui lui manquait cruellement. Une simple promenade à vélo, un jour de pluie dans sa campagne lui semblaient désormais appartenir à une autre vie, irréelle et lointaine.
Il ne l'avait jamais forcée, lui avait même laissé le choix et donné ce mois d'essai. Tout avait été formulé sous forme de consentements tacites. Mais ce genre de liberté avait un goût étrange. Elle s'était laissée entraîner, prise dans un engrenage lent mais implacable, happée par sa présence, son regard, ses silences plus pesants encore que ses paroles.
Et maintenant que ce mois touchait à sa fin, elle ne savait plus vraiment ce qu'elle voulait. Partir ? Oui, c'était ce qu'elle s'était répétée chaque jour au début. Mais aujourd'hui, l'idée même de franchir la porte lui semblait vertigineuse. Parce que dehors, elle serait seule avec tout ce qu'elle savait sur lui. Parce que ce qu'elle avait vu, entendu, compris, ne la quitterait pas.
Une part d'elle rêvait de retrouver sa liberté d'antan. Celle qui lui permettait de se lever à l'heure qu'elle voulait, de pédaler dans sa campagne à la recherche de fleurs, d'odeurs qu'elle aimait tant, d'entendre le chant des oiseaux ou leurs petits piaillements de colère, d'écouter la voix de sa mère lui demandant comment elle allait. Cette liberté simple, instinctive qu'elle aimait malgré tout.
Elle s'imaginait rentrer chez elle, retrouver la petite chambre qu'elle louait chez Madame Lepic, ses habitudes, ses vêtements à elle qu'elle ne portait plus, depuis tout le temps qu'elle était chez lui. Elle rêvait d'une douche chaude sans se demander s'il écoutait, ou si elle le trouverait adossé au chambranle de la porte, les mains dans les poches. Elle voulait redevenir celle qu'elle était avant lui. Avant ça.
Mais une autre part d'elle voulait rester.
Cette part-là était plus trouble, plus difficile à cerner. Ce n'était pas seulement la fascination qu'il exerçait sur elle, ni même le danger latent qui planait dans l'air entre eux. C'était autre chose, plus profond. Comme si, en un mois, elle avait découvert une autre version d'elle-même. Plus sombre. Plus forte. Ou peut-être plus soumise, elle ne savait pas encore. Il y avait dans cette vie suspendue une intensité qu'elle n'avait jamais connue. Chaque regard, chaque mot, chaque silence avait un poids. Elle se sentait prise au piège d'un monde qu'elle avait été forcé d'accepter sans en connaitre les règles.
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Le Scarifieur
RomansaDominic n'a pas de soumise à lui mais est réputé dans leur milieu pour les punitions au fouet.... Elles n'ont pas été sages, leurs Maîtres les lui confient pour qu'elles filent droit..... Mais arrivera un soir où il la découvrira
