Dans l'obscurité moite des sous-sols de L'Auberge, une petite cellule exiguë s'ouvrait sur quatre murs de pierre humide. L'air y était saturé d'une odeur de rouille et de moisissure. Seule une ampoule suspendue au plafond projetait une lumière tremblotante, faisant danser les ombres contre les parois. À l'intérieur, Franck Depars immobile,les traits tirés, la barbe naissante, les yeux creusés par la fatigue et l'angoisse. Assis sur le lit de fortune installé contre le mur que Nikos avait apporté le premier soir, il attendait, ne disait rien. Il attendait que la situation bascule, d'une manière ou d'une autre. Il s'était résolu à ne pas jouer au héros. Pas encore. Dominic ne pourrait pas le garder enfermé éternellement, il le savait. Alors il avait choisi la patience comme arme.
La lourde porte grinça soudainement. Nikos, le bras droit de Dominic, entra sans dire un mot, balançant le plateau sur la table. Le regard de Franck se leva brièvement vers lui, mêlant haine et résignation. Nikos l'ignora. Il avait l'air nerveux. Ce rôle de baby-sitter commençait à lui peser sérieusement. Il était sur le point de ressortir quand son portable vibra dans sa poche. Il hésita une seconde. À cette heure, les appels imprévus n'étaient jamais anodins.
« Merde... » marmonna-t-il en se redressant.
Sans un mot de plus, il tourna les talons. La porte claqua dans son dos. Il remonta lentement le couloir faiblement éclairé. Le grincement de la porte, désormais refermée derrière lui, résonna un instant, puis se perdit dans le silence pesant du sous-sol. L'odeur d'humidité et de fer rouillé imprégnait les murs, et la lumière vacillante accentuait l'impression d'être hors du temps. Ce lieu donnait froid dans le dos et n'était pas très aimé de certaines jeunes femmes un peu rebelles que leurs Maîtres abandonnaient là pour une petite durée.
Dans le silence revenu, un battement cardiaque sembla remplir la pièce. Franck releva lentement la tête, fronça les sourcils. Ce n'était qu'un son ténu, presque étouffé par les murs épais et l'épaisse porte en bois, mais il l'avait entendu. Le portable de Nikos avait sonné. Rien d'étonnant à cela. Ce qui le troubla davantage, c'était ce qu'il n'avait pas entendu. Le cliquetis habituel de la clé tournant dans la serrure. Ce petit bruit sec et métallique qui résonnait à chaque fois que Nikos ou Dominic verrouillaient la cellule. Il attendit encore, tendant l'oreille. Mais le silence, lourd, presque palpable, s'était réinstallé. Rien. Pas de clac, pas de cliquetis. Juste le son régulier de sa propre respiration.
Franck fixa la porte. Immobile d'abord, puis son regard s'alluma d'une étincelle fragile, celle de l'espoir.
Il se leva lentement du lit, sans bruit. Le matelas grinça légèrement, ce qui lui arracha un rictus nerveux. À force de rester ici, ses sens s'étaient aiguisés. Il avait appris à repérer les moindres variations sonores, le moindre mouvement derrière la porte. Il avança à pas feutrés, comme un animal en cage qui aurait sentit l'odeur de la liberté à travers les barreaux.
Arrivé devant la porte, il tendit la main, hésita une fraction de seconde, puis tira doucement la poignée.
La porte s'ouvrit.
Son cœur manqua un battement. Il recula légèrement, abasourdi. La serrure... n'avait pas été enclenchée. Nikos avait oublié de verrouiller.
Ou peut-être ne l'avait-il pas oublié !!!
Le doute s'insinua immédiatement. Était-ce une erreur, ou un test ? Une ruse de Dominic ? Un piège pour observer sa réaction ? Le genre de jeu pervers dont ce dernier était parfaitement capable.
Franck ferma les yeux un instant. Il savait que s'il ne profitait pas de l'aubaine, il n'aurait peut-être pas de seconde chance. Et rester là sans rien faire, alors qu'une porte ouverte s'offrait à lui, c'était aussi prendre le risque de moisir dans cet endroit. Et jusqu'à quand ? En sortirait il seulement un jour ? Dominic le ferait il disparaître ? Il ne connaissait pas le bonhomme, ne savait pas s'il était capable d'un tel acte. Mais il n'allait sûrement pas s'attarder pour le savoir.
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Le Scarifieur
RomansaDominic n'a pas de soumise à lui mais est réputé dans leur milieu pour les punitions au fouet.... Elles n'ont pas été sages, leurs Maîtres les lui confient pour qu'elles filent droit..... Mais arrivera un soir où il la découvrira
