Chapitre 130

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Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis ce fameux matin où il l'avait emmené à son entreprise où elle s'était retrouvée à jouir sur sa pelouse sous le doigté de Natacha avec ses doigts dans la bouche sous les regards enflammés de ses employées. Employées qui n'étaient pas tout à fait le genre que l'on s'attendait à trouver dans une entreprise lambda puisqu'elles étaient toutes sous collier en appartenance à un Maître.

Ce qu'elle avait ressentie en se remémorant cette scène oscillait entre une gêne profonde et un étrange sentiment de fierté. Sur le moment, emportée par la chaleur qui se répandait dans son corps et sa présence à ses côtés, elle s'était empêchée de réfléchir. Elle s'était laissée aller à une forme d'abandon, excitée par les doigts de Natacha à l'intérieur de son intimité.

 Elles avaient toutes été là à l'observer. 

Avaient elles, elles aussi été excitées par ce qui ce passait dans ce lieu si codifié. Fort probable, car qui aurait pu rester impassible et froid devant un tel tableau. Jamais, au grand jamais elle aurait imaginé se retrouver un jour dans une telle position, en extérieur, sous le regard lubrique de personnes appréciant le spectacle. Jamais, elle aurait pensé se retrouver avec ses doigts à lui fourrageant sa bouche et la faisant baver comme un bébé avec ses premières dents.

Tous ses fantasmes étaient en train de devenir réalité.

Etait ce encore une part d'ombre, un petit morceau d'elle qu'elle ne connaissait pas et qui surgissait à présent qu'elle l'avait trouvé.

Le souvenir de leurs regards sérieux, appréciateurs l'avaient fait frissonner. Elle avait eu l'impression de dévoiler quelque chose de précieux, de fragile devant une assemblée de spectateurs silencieux.

Etait ce vraiment elle ? était elle vraiment ainsi ?

Elle s'en voulait un peu d'avoir montré ce côté salope, caché au fond d'elle, tout en sachant que ce moment n'était pas vraiment une erreur car malgré la gêne, la honte qu'elle n'avait pu empêcher de remonter, elle lui avait prouvé qu'elle était capable de supporter. C'était un petit pas pour le moment, elle en était consciente mais qui sait, peut être parviendrait elle à devenir celle qu'il voulait qu'elle soit. Le regard qu'il avait posé sur elle, ce jour là, admiratif, fier, avait tout balayé.

Allait il faire monter d'un cran son éducation maintenant qu'il avait vu de quoi elle était capable. Elle ne l'avait pas encore vu sous son véritable jour et d'après Natacha il pouvait être plus que ce qu'il lui avait montré jusqu'à présent.

Si elle avait eu idée du projet qu'il avait en tête, si elle avait su ce qu'il préparait, certainement qu'elle aurait perdu sa sérénité et qu'elle ne se serait pas laissé aller si facilement.

Ce projet n'était pas le fruit du hasard, c'était un projet qu'il avait élaboré au fil des années pour le jour où enfin elle croiserait sa route.

Puis  le destin s'était souvenu de lui en lui envoyant  ce petit bout de femme à cent lieux de l'image qu'il s'était faite de sa future soumise. Elle était tout le contraire de toutes celles qu'il avait rencontrées. Elle était plus petite, brune avec un carré souple et une petite frange, un caractère à  faire hérisser les cheveux sur la tête d'un dominant. Mais un corps de rêve avec de jolies formes, le corps d'une jeune femme habituée à bouger et à faire de l'exercice. Mais ce qui lui avait plu dès les premiers instants où elle s'était retrouvée entre ses mains  c'était cette personnalité sauvage, peu habituée à obéir et qui était entièrement à éduquer vu qu'elle ne connaissait pas grand chose du monde BDSM.

Jamais à son souvenir il n'avait rencontré de femme, dans son milieu, lui ressemblant.

Mais la  patience est une forme d'intelligence inquiétante.

Il avait été patient, très patient.

Depuis qu'il s'était découvert, il avait encore attendu des années pour la trouver. Il n'avait jamais renoncé, chaque minutes passées avec d'autres n'avaient jamais été perdues mais investies. Il observait, analysait, apprenait car pour lui un Maître n'en savait jamais assez et sa soumise avait beaucoup à lui apprendre. Il n'était pas pressé, n'avait pas besoin de reconnaissance immédiate. Il sacrifiait son présent pour mieux dominer son avenir. Sa maîtrise de soi en était presque inhumaine. Il avait un contrôle exceptionnel de ses émotions, de ses gestes, et de ses réactions. Face aux moments de grande tension, il demeurait impassible. Là où d'autres auraient céder à la colère, dans son statut d'homme d'affaire comme  à l'intérieur de ses donjons, lui gardait un calme étonnant. C'était une discipline intérieure forgée par des années d'entrainement. Rien ne trahissait ce qu'il ressentait réellement, ni ses yeux, ni le ton de sa voix. Tout cela lui donnait une autorité naturelle, une sorte d'aura que les autres comprenaient.

Il avait eu raison d'attendre car ce qu'il tenait au bout d'une laisse à ce jour était un diamant à l'état brut, un joyau pur à façonner et il y avait encore beaucoup de travail, mais il avait le temps, tout son temps il était maintenant convaincu que jamais elle ne partirait.

Le ScarifieurOù les histoires vivent. Découvrez maintenant