Chapitre 6

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La reine se pinçait les lèvres et, le visage fermé avait froidement salué sa fille.

– Bonsoir Léna.

Quatre visages s'étaient simultanément tournés vers elle. Son père ouvrit la bouche pour parler, mais rien n'en sortit. Les yeux flamboyant de colère, il fixait la tenue rose et blanche de sa fille sans sourciller.

Et les autres...

Le corps de la brunette s'était soudainement décontracté, et son visage avait repris ses couleurs. C'était le couple royal d'Italie, accompagné de Gabino et Alina, leurs deux enfants. Les quatre paires d'yeux rieurs la fixaient, le sourire aux lèvres, même Alina qui venait de fêter ses onze mois. Le roi Italien fut le premier à prendre la parole.

– Buona sera Bonsoir mademoiselle Léna.

Presque intimidée par l'aura de l'homme qu'elle connaissait pourtant bien, la princesse lui avait répondu en italien, tout en lui rendant son sourire, sachant que cela allait lui faire plaisir.

– Buone sera signore Des Sellaio. Bonsoir monsieur Del Sellaio.

Elle alla ensuite saluer chaque membre de la famille. Les Del Sellaio avaient un sens de l'humour très élevé, et n'avaient en conséquent fait aucune remarque sur la tenue plutôt originale que portait l'adolescente.

Une jolie licorne rose et blanche avec une corne à paillette...

En la voyant s'approcher d'elle, les yeux d'Alina s'étaient mis à pétiller, et un grand sourire avait pris place sur ses lèvres. Elle s'était mise à gazouiller tout en tendant les bras vers Léna. Sa mère avait ris doucement avant de dire :

- Elle te prend pour Nino géant, je crois.

Nino était LE doudou d'Alina. Une petite licorne. Une minie Léna. Cette peluche suivait la petite princesse partout. Sans Nino, Alina pleurait.

Et Alina qui pleure c'est une compilation affreuse de crie de marmotte et d'ultrasons.

De quoi réveiller un sourd et faire vibrer la lune.

Bref, ne JAMAIS perdre ou même oublier Nino, ou votre arrêt de mort et celui de tout votre entourage est signé...

Le dîner avait bien été des lasagnes, servies en plat principal. Gabino était aux anges : son repas préféré !

Le prince Italien et Léna se connaissent depuis maintenant plusieurs années et s'entendaient à merveille. Ils s'étaient mutuellement appris les bases de leurs langues au fur et à mesure de leurs rencontres et communiquaient à présent très bien entre eux. Depuis qu'ils se voyaient, Gabino d'ordinaire sage était devenu beaucoup moins calme ; et au grand désespoir des parents de la jeune fille, le garçon n'a pas assagit leur enfant. Loin de là.

On savait que Gabino était influençable et que Léna communiquait très, parfois même trop facilement son caractère. Agé de deux ans de moins que la portugaise, et la connaissant de puis ses sept ans, il la considérait comme sa grande sœur. Il faisait tout pour la rendre fière de lui, elle faisait tout pour lui faire plaisir.

Pourtant, leur première rencontre n'avait pas été un coup de foudre amical. Ils s'étaient ensuite revus trois mois plus tard, et c'est là que les deux enfants royaux s'étaient liés d'amitié. Ça avait été les premiers pas tumultueux de deux meilleurs amis dont la vie sera par la suite liée à jamais.

À l'époque, Gabino avait un âge où l'on voulait toujours jouer ; et Léna avait alors renvoyé son premier « garde du corps » qui n'étaient à l'époque qu'une simple baby-sitter. En combinant les deux tempéraments —le jeu et la bêtise— nos deux enfants royaux avaient alors décidés, tout naturellement et innocemment, .de jouer aux astronautes.

C'est mignon ! Me direz-vous.

Mais beaucoup moins lorsqu'habillés avec d'immenses blouses et des casques de motos sur la tête, une énorme corde nouée autour de la taille, et un drapeau accroché tant bien que mal dans le dos, nos deux adorables bambins avaient décidés de grimper sur le toit des écuries après avoir creusé des dizaines de trous dans le sol pour faire « comme sur la lune ».

Oui oui, ces deux casse-cous avaient bien escaladé un mur de dix mètres de haut pour aller joyeusement s'asseoir sur la gouttière, qui avait d'ailleurs commencé à pencher dangereusement, tous joyeux.

Le palefrenier avait failli faire une crise cardiaque en les voyant ainsi : Gabino sagement assis et Léna tranquillement en train d'accrocher le drapeau sur la cheminée.

Débuts mouvementés.

Mais hélas pour leurs pauvres parents, ce n'était justement que le début...

Essais de voltige cosaque sur un poney riquiqui, construction improvisée de piscine dans la salle de bain de Léna qui s'était terminée par une inondation de la pièce entière qui s'était remplie de trente centimètres d'eau, voire quarante à certains endroits ; bataille de coussins qui avait malheureusement fini par éclater et étendre leurs centaines de plumes dans chaque recoin de la chambre...

Mais là n'était pas le pire.

Ho non...

Car il y a également Ivan, prince Ukrainien. Le grand frère de cœur de Léna, âgé d'un an de plus qu'elle. Ils s'adoraient, se connaissaient depuis leurs plus jeune âge... et faisaient ensemble les quatre cents coups, pire encore lorsque Gabino est présent. Le trio de l'enfer, le binôme de l'horreur.

Connus dans tout le monde pour leurs personnalités inimaginables, Ivan et Léna étaient LA paire princière à connaître pour engager un sujet de conversation intéressant. Ce sont eux qui avaient construits le labyrinthe sans retour, aux dizaines de recoins et chemins inimaginables, du grenier de Léna. Ce sont eux qui avaient élevé un bébé crocodile dans le parc du château pour ensuite le mettre dans la fontaine principale lorsqu'il était devenu trop grand.

Oui, ces deux-là sont pires que tout. Un petit conseil, ne mettez jamais les deux tempéraments aussi joueurs dans la même pièce plus d'une heures. C'était le temps qui leur avait suffi pour créer une cabane deux étages à l'aide des tables, des chaises, et de tout l'ameublement de la chambre d'amis où logeaient les parents de Gabino. Sans oublier les robes de luxe et les costumes queue-de-pie qu'ils avaient utilisés pour faire les toits et les murs, ainsi que le seau d'eau qui allait avec pour vérifier si le tout était convenablement imperméable et résisterait à la pluie.

Oui, oui.

Une heure.

⭐⭐⭐

Bonjour les loulous <3

Alors, franchement, que pensez-vous de ce livre pour l'instant ?

Princesse LénaDes histoires addictives. Découvrez maintenant