Essayant de remettre toutes ses pensées en ordre dans sa tête, la jeune fille se dirigea lentement vers son lit, les yeux fixes, comme vides de tous sentiments, qu'ils soient positifs ou négatifs. Arrivée près de celui-ci, elle l'examina avant de brusquement tomber dessus, sentant son cœur se détruire petit à petit dans sa poitrine.
Désespérée, elle agrippa les draps et enfouis la tête dans son oreiller.
Plus un bruit, juste un bourdonnement sourd dans ses oreilles.
Ils lui avaient tout pris. Sa liberté, sa vie, son bonheur, et même sa meilleure amie.
Et doucement, en silence, la princesse pleura. Ses sanglots faisaient bouger ses épaules et les larmes inondaient le tissu du coussin. Léna pleurait. Et pour tous ceux qui ne la connaissent pas, sachez que Léna ne pleure jamais. Normalement. C'est une adolescente digne, pleine de vie, joyeuse, légèrement hyperactive, tout le temps surexcitée, pleins de paillettes dans ses yeux témoignant son bonheur de vivre malgré sa vie emprisonnée. Et là, elle pleurait. Doucement, en silence, laissant son corps s'exprimer comme elle le faisait rarement.
C'était tellement facile de pleurer. Tellement facile d'être triste et de ne pas avoir un sourire tracé sur son visage. Tellement facile de se laisser envahir, de ne pas être ce petit soleil, mais ce gros nuage gris, et de pleuvoir. Pleuvoir des gouttes d'eau salées, plus, toujours plus. De vider son corps de toutes ces larmes retenues depuis tant d'années.
Elle pleurait.
Pleurait cette haine qui tordait son cœur un peu plus chaque jour. Elle ne pleurait pas que pour Eloïse. D'abord, elle pleurait contre Eloïse. C'était censé être sa meilleure amie, non ? Et voilà qu'elle ne lui avait jamais rien dit. Quelle lâche, saleté, c'est le déchet qui s'allie à la poubelle. À ses parents. Oui elle pleurait aussi contre ses parents.
La jeune princesse laissa se déferler tous ces sentiments que chaque jour, elle cachait un peu plus au plus profond de son cœur.
Et, mon dieu, même si c'était tellement facile de pleurer, ça faisait un mal de chien.
Soudainement, elle sentit le rebord de son lit se baisser légèrement.
Il y avait quelqu'un.
Ses sanglots cessèrent tout à coup et le silence se fit dans la pièce. La jeune fille voulait rester digne, et bien qu'elle avait laissé sa tête enfoui dans l'oreiller, elle avait arrêtée de pleurer.
Léna ne pleure pas. Elle ne pleure jamais.
Personne ne bougeait. Personne ne parlait. On aurait presque pu entendre les mouches voler dans la chambre.
Mais pourquoi il ne partait pas ? Va-t'en, va-t'en, va-t'en...
Oui, Léna ne pleure jamais. Mais là, à ce moment précis, elle avait cette folle envie de laisser encore une fois ses larmes inonder ses joues. Juste une dernière fois. Et après, plus jamais elle ne s'effondrerait pour la même chose. La vie est drôle, elle donne la leçon et après elle explique. Ce jour-là, Léna se dit qu'elle allait laisser partir les larmes de son corps, mais pour après, ne jamais, ô grand jamais, pleurer pour la même chose. Pleurer pour un ami, pour la confiance. Une dernière fois.
– J'étais là vous savez, j'ai tout entendu. Je... Mais il ne termina pas sa phrase, et la jeune fille laissa ses barrières retomber. Il savait, il avait tout vu. Alors pourquoi, pourquoi encore se cacher ?
– Chut... tout va bien.
Elle pleurait. Le tissu trempé de son oreiller commençait à irriter son visage, mais elle pleurait encore, sans jamais vouloir s'arrêter. Au bout de deux ou peut-être même trois minutes, l'adolescente sentit une main caresser ses cheveux.
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Princesse Léna
Genç KurguPersonne n'a jamais eu autant d'imagination pour déplaire à ses parents que Léna. Plus de deux cent fugues, quatre cent gardes du corps, au fur et à mesure des années, l'adolescente est de plus en plus surveillée, tel une tueuse à gag. Mais quand vo...
