– Je ne pense heureusement pas que ce soit ici un problème d'éducation, sachez-le. Bien au contraire, celle-ci a été, selon moi, très fournie et parfaite. Je pense que c'est un problème de caractère et de rébellion, d'envie contradictoire. Non d'amusement. Chaque enfant peut s'amuser bien autrement.
Et voilà qu'ils parlaient d'elle. Ignorant cette conversation tournée sur sa petite personne, Léna se concentra sur la petite fille en face d'elle, qui en haut de ses cinq ans mangeait déjà avec précaution.
– Cette enfant est désespérante.
Bah les chiens ne font pas des chats, écoutez...
Elise fit tomber le fond de son verre d'eau sur la table. Toute triste, ses yeux s'éteignirent brusquement et elle regarda sa mère avec hésitation, sûrement par peur des réprimandes. Voyant cela, Léna remis discrètement le verre en place et tamponna les gouttes d'eau qui commençaient à s'infiltrer dans la nappe avec sa serviette. Ni vue ni connue...
La petite fille la regarda d'abord d'un air hautain, comme sa mère. Puis ses pupilles avaient laissées place à un espoir vif et pour finir un remerciement tout mignon avec un sourire magnifique gravé sur ses lèvres. La princesse plaça malicieusement un doigt devant sa bouche et mima un "chut" en ajoutant un petit clin d'œil, tout en désignant les trois adultes qui parlaient avec intérêt.
– Ah, l'éducation ne peut pas tout faire très chère. Votre enfant, quant à vous, m'as l'air fort calme... quelle chance !
Le fillette ris, et les deux petites couettes qui la coiffaient bougèrent d'avant en arrière. Elle semblait déjà bien plus mignonne que sa très chère mère.
– Ce n'était que quelques gouttes de rien du tout.
Chuchota l'adolescente, ce qui lui valut un sourire de la part de l'enfant. À côté d'elle, Dylan qui ne parlait pas de puis de début du déjeuner et n'affichaient délibérément aucun sentiment sur son visage, sourit doucement face à cette scène.
"Elle peut être un monstre comme un ange..."
Le reste du repas passa lentement, d'autant plus que la ministre et le couple royal ne semblaient jamais vouloir terminer leur passionnante discussion sur l'éducation de leurs enfants adorés (ou non...). Léna semblait attendre depuis une journée entière le dessert, lorsqu'il arriva enfin, à son grand soulagement. C'était une pâtisserie qui semblait mélanger à la perfection des fruits de toutes sortes, du chocolat et de la crème. Les yeux d'Elise s'ouvrirent soudainement et se mirent à rayonner de joie, sous la surveillance de sa mère qui lui caressa la joue pour lui enlever une petite miette qui trainait.
Léna plissa des paupières et son visage s'éclaira malicieusement et jovialement face au regard pétillant de son garde du corps.
– Attention, vous bavez. Lui dit-elle en rigolant.
Il sourit légèrement et se reprit, regardant avec résignation autre chose.
– Oui, on mange toujours aussi bien ici. Vous avez intérêt à faire un joli régime si vous souhaitez préserver votre corps de rêve.
– Ravie que mes muscles vous aient tapés dans l'œil, Majesté. Répondit-il malicieusement, ce qui fit lever les yeux de la princesse qui se désintéressa subitement de lui.
Ils finirent de déjeuner à seize heures, au grand désespoir de Léna, mais aussi à celui d'Elise qui semblait s'ennuyer à merveille, et Dylan qui ne savait pas quoi faire.
Alors qu'ils se rendaient dans un des bureaux du château, le roi s'adressa à sa fille d'un air complètement désintéressé :
– Léna, pourrais-tu s'il-te-plaît te rendre aux jardins avec mademoiselle Elise ?
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Princesse Léna
Novela JuvenilPersonne n'a jamais eu autant d'imagination pour déplaire à ses parents que Léna. Plus de deux cent fugues, quatre cent gardes du corps, au fur et à mesure des années, l'adolescente est de plus en plus surveillée, tel une tueuse à gag. Mais quand vo...
