Lorsque la princesse sortit de sa salle de bain, les deux garçons avaient subitement disparus.
Un sentiment de soulagement s'empara d'elle. Elle n'aurait jamais cru à cette possibilité d'échapper encore une fois aux regards du prince d'Ukraine et de son garde de protection rapprochée.
En pensant à lui, les remords lui tordirent les entrailles. Elle avait subit la pire humiliation : pleurer. Pleurer presque dans les bras d'une de ces personnes qu'elle ne voulait absolument pas rencontrer dans cet état là. Presque honteuse, la jeune fille effaça ses pensées de sa tête avant de se diriger vers la haute et fine armoire qui bordait sont lit et se regarda dans la glace.
Un reflet apparut devant elle.
Non seulement elle voyait son habituelle tête moche, mais en plus celle-ci était couronnée par des joues et des yeux rougis, des cheveux en bataille, et par le peu de maquillage qu'elle avait mis (car elle détestait réellement se barbouiller la tête mais l'avait fait pour Eloïse) qui avait coulé, laissant quelques traces noirâtres et beiges sur sa peau.
Déprimée, elle avança vivement de quelques pas et arracha du bois les dizaines photos d'elle et la blondinettes. Sans même les regarder, rien qu'une dernière fois.
De toute façon, l'adolescente les connaissaient par cœur : il y avait celles ou elles effectuaient des figures de gymnastique. Celle où elle regardait l'objectif, souriant, perchées en haut d'un arbre. Celles où elles se baignaient dans la piscine du palais, où elle faisaient du cheval ensemble, et celle-ci aussi où elle avaient remplis la chambre de Léna de ballons de baudruche de toutes les couleurs, gonflés à l'hélium et qui se superposaient les uns sur les autres sur tout le plafond de la grande chambre. Il y en avait des bleus, des jaunes, des verts, gris, noirs, blancs et tant d'autres...
Elle empila tous ces petits bouts de papiers colorés et chiffonnés, puis, sans réellement réfléchir, n'écoutant que son cœur brisé qui tentait de se réparer en effaçant ces souvenirs, elle saisit un petit briquet et enflama le tout. La fumée s'éleva dans la chambre et les flammes mangeaient avidement les photographies. Le parquet ciré résistait au feu mais noircicait légèrement face à cette chaleur. Un crépitement d'étincelles rythmais le cœur nostalgique et triste de Léna qui battait doucement.
Quand soudain, une stridente alarme retentit dans les murs du palais, fibrant et perçant les tympans de la jeune princesse, qui marmonna quelques mots incompréhensibles avant de souffler et donner un coup de pied de rage dans les cendres.
Super...
Il ne manquait plus que cette magnifique alarme incendie...
Elle jeta un petit coup d'œil à la glace. Elle avait sale mine, soit. Mais toutes traces de rougeur dues aux larmes avaient disparues. La jeune fille sourit de soulagement. C'était passé, maintenant. Finit.
L'alarme cessa enfin, et le silence repris place dans le palais royal. Les vieux murs endormis et cet ancien parquet grinçait par-ci par-là, laissant rarement un silence mortuaire dans les couloirs et les appartements.
On toqua. Espérant de tout son cœur que ce ne soit ni Dylan ni Ivan, Léna donna presque à contrecœur la permission de rentrer. Juliette apparu dans l'entrebaillement de la porte.
– Majestée, on vous attends pour déjeuner.
L'adolescente avait soupiré et laissa tomber sa tête sur l'oreiller.
– Je ne suis pas en tenue... Maugrea-t-elle en réalisant l'état malheureux de ses habits, chiffonés.
– Je vais vous préparer.
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Princesse Léna
Dla nastolatkówPersonne n'a jamais eu autant d'imagination pour déplaire à ses parents que Léna. Plus de deux cent fugues, quatre cent gardes du corps, au fur et à mesure des années, l'adolescente est de plus en plus surveillée, tel une tueuse à gag. Mais quand vo...
