Chapitre 59

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Quelques jours passèrent, et l'on arriva au week-end. La relation entre Dylan et Léna était devenue stable. Voilà maintenant deux semaines qu'ils se tutoyaient et se présentaient leur amitié. Bon, il ne fallait pas non plus croire à un miracle soudain : la princesse continuait ses blagues de mauvais goût, à courir partout dans le palais en semant la pagaille. Mais au moins, elle n'avait plus de penchants meurtriers envers son garde du corps. C'était déjà ça...

Hier encore, elle avait salé la bouteille d'eau que le garçon gardait sur sa table de nuit. Celui-ci en avait bu une bonne gorgée durant l'une de ses conversations avec son patron, avant de tout recracher sur l'ordinateur, sous les yeux pétrifiés de Gilles. Le jeune homme avait fini sa discussion en détaillant le rapport de la journée qu'il avait rédigé une heure plus tôt ; restant la bouche pâteuse.

Il était ensuite arrivé furibond dans la chambre de la princesse, prêt à lui hurler dessus et lui renverser la bouteille entière sur la tête. Mais le garçon était arrivé en plein milieu d'un dialogue apparemment mouvementée entre l'adolescente et ses parents. Il avait donc rebroussé chemin en s'excusant piteusement, sous les yeux rieurs de Léna qui avait très vite deviné la cause de son interruption. Mais, après avoir entendu le son des voix qui se levaient entre la princesse et les monarques, Dylan décida de ne pas rajouter une couche sur les nerfs fragiles de la jeune fille en l'accusant de gâcher son image professionnelle face à son directeur.

Nous étions maintenant dimanche, juste après le repas du midi. Léna avait décidé de faire une séance d'équitation. Adossé au rebord de la carrière, Dylan observait la princesse. Christian s'était libéré une heure pour pouvoir donner un cours à la jeune fille qui l'avait réclamé. Elle montait Sauterelle. L'immense cheval noir ébène était un crack, autant à l'obstacle qu'au dressage. L'hongre de dix-huit ans avait tourné en compétition avec le roi dans sa jeunesse. En puissance, il pouvait monter jusqu'à un mètre soixante-cinq, et Léna se souvint en souriant du jour où elle avait sauté le mur d'enceinte du palais avec lui. Elle sourit tout en lançant sa monture au galop. Le moniteur lui avait placé un petit parcours de quatre obstacles à enchainer sur une allure élancée.

Le cheval semblait s'amuser et chargeait à l'abord des barres, oreilles dressées et queue en panache. Le garde du corps regardait les deux athlètes enchainer leur parcours -car oui la cavalière comme la monture sont ici qualifiés de sportifs compétents- tout en gardant une certaine admiration sur ce que Léna faisait. Jamais il n'oserait monter avec autant de sérénité sur un animal aussi grand et impressionnant, qui pourrait le tuer au moindre coup de patte. Et jamais non plus il ne sauterait des obstacles aussi hauts avec ce sourire gravé sur ses lèvres. Mais elle était inconsciente ou ça se passait comment ? Il soupira, inquiet, regardant Christian augmenter les hauteurs.

- Mais attendez vous être rendus à combien de mètres là ? Parce que j'aimerais éviter d'avoir à annoncer au palais que leur princesse est morte en montant à cheval, ça pourrait être sympa.

Le moniteur et son élève le regardèrent en souriant, et Léna s'approcha de lui, perché sur le dos de Sauterelle. Dylan reprit la parole, voyant l'animal être, à son goût, bien trop près de lui.

- Wo stop merci au revoir. Hum ce n'est pas qu'il est grand, mais si carrément. Vous ne pourriez pas reculer un peu là ?

La jeune fille rit franchement face à la mine décomposée de son garde du corps lorsque l'équidé lui éternua dessus, l'éclaboussant d'une écume baveuse.

- Ha mais c'est infâme ! Non seulement ce truc est immense mais en plus il me prend pour son mouchoir ! Avait-il dit d'une voix dégoutée tout en s'essuyant tant bien que mal le visage avec un bout de son tee-shirt.

Princesse LénaDes histoires addictives. Découvrez maintenant