Chapitre 70

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Léna laissa deux jours couler tranquillement, avant de décider de jouer un peu avec les nerfs de Dylan. Elle se leva tôt le matin, descendit petit-déjeuner, de bonne humeur. Son garde du corps s'assit à côté d'elle et commença à mâcher tranquillement son pain au chocolat.

Elle lui lança un regard espiègle auquel il fronça les sourcils.

La portugaise se rendit ensuit dans son grenier. L'immense labyrinthe d'étagères qu'elle avait construit avec Ivan, quelques années auparavant. Les enfants normaux ont une boite à bazar dans leur chambre. Léna, elle, avait une pièce entière dédiée à cette fonction.

Deux fois à droite, monter par-dessus un meuble, une fois à gauche, encore à droite, ramper sous une étagère... L'adolescente commença le petit parcours menant à l'objet désiré. Elle connaissait la salle par cœur, et était bien la seule personne avec les princes italien et ukrainien à avoir la possibilité de ne pas s'y perdre.

D'ailleurs, elle devrait songer à enfermer Dylan là-dedans. Ça pourrait être très intéressant de savoir en combien de temps il réussirait à trouver la sortie. Un sourire amusé s'afficha sur son visage à cette pensée, et elle continua sa petite escapade.

Elle passa devant de meuble ou était entreposé les rubans de tissu et toutes les lettres, qu'Inacio et Joâo avaient échangées avec elle ces dernières années. Un élan de mélancolie lui parcouru le corps, la faisant frissonner tristement. Elle repensa à cette enveloppe noire, encore cachée dans sa penderie, et qu'elle n'avait pas encore eu le courage d'ouvrir. Il fallait vraiment qu'elle le fasse.

L'adolescente avait chassé ces souvenir affligeant de sa tête. Et quelques secondes plus tard, elle trouva enfin ce qu'elle cherchait. Un kit d'escalade, avec les cordes, les anneaux, et surtout le baudrier noir. Cela faisait tellement longtemps qu'elle ne s'en était pas servi ! Elle se souvenait encore lorsqu'avec Ivan, ils avaient escaladé le mur des écuries avec ces mêmes affaires. À l'époque ils étaient haut comme trois pommes et avaient innocemment décidés de jouer au cosmonaute.

Elle décida d'attendre le début d'après-midi pour faire sa petite expérience, se contentant de trépigner sur place toute la matinée. Bien sûr, elle avait prévu la mise en scène.

Se laisse tomber du haut de son balcon, sous les yeux de Dylan.

Il allait lui faire une crise cardiaque, le pauvre. Elle en rit quelques temps, se demandant si ce n'était pas un peu trop poussé de le laisser croire à ça, même si c'était l'instant de quelques secondes. De le laisser croire qu'elle allait se suicider sous ses yeux.

Oui, c'était même carrément méchant.

Mais aussi terriblement excitant et amusant.

Le déjeuner se passa dans le plus grand calme. C'était un plat de caviar que Léna dévora, sans non plus tenter de mettre en rogne ses géniteurs, bien qu'elle en eût très envie. Elle se contenta donc de manger le crustacé comme il se doit, coupant bien comme il le fallait la chaire alléchante. Mais l'héritière du trône fit l'erreur de couper se salade. Sa mère tapa du poing sur la table en la fusillant du regard, et la brunette se contenta d'hausser les épaules en enfouissant le légume dans sa bouche.

Car oui, dans les règles de bonne manière de l'aristocratie, il ne faut surtout pas couper sa salade.

C'est vrai que ça allait déclencher une guerre de faire ça...

Franchement, celui qui a inventé ça devait être un artiste incompris.

C'est vers quinze heures que tout était fin prêt. Léna était habillée d'une combi-short noir pour que la couleur du vêtement se confonde avec celle du baudrier. Il y avait une caméra de surveillance à chaque fenêtre, et elle se doutait bien qu'une alarme sonnerait dans les appartements du garçon dès qu'elle passerait la rambarde du balcon pour se mettre face au vide. Une chute serait clairement mortelle, vue la hauteur.

Princesse LénaDes histoires addictives. Découvrez maintenant