Chapitre 66

3.5K 243 78
                                        


Dylan ne reparla pas à Léna de l'incident de la veille. La princesse avait vraiment semblé troublée, et il préférait ne pas paraitre trop curieux en posant des questions qui risqueraient de la bloquer instantanément.

Aujourd'hui, l'adolescente s'était rendue dans la salle de sport pour prendre quelques cours de boxe avec Jérôme. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas pratiqué cette activité (sauf en tapant aléatoirement dans son punching-ball lorsqu'elle était en colère, mais bon ça ne comptait pas vraiment). Un orage avait grondé toute la matinée, et maintenant que les nuages noirs commençaient à quitter l'horizon, la chaleur du soleil recommençait à imprégner l'air et faisait évaporer l'eau qui avait trempé la terre durant les quelques heures de pluie.

Le jeune homme regardait sa protégée avec amusement. Elle avait de la force dans les poings et les pieds, tapant plutôt bien dans le sac de frappe. Ses coups ne devaient pas être très agréables à recevoir. Mais elle n'avait aucune technique. On voyait bien que c'était le flot de ses sentiments intérieurs en pagaille qui donnaient la force à ses coups. Elle tapait pour taper. Pour évacuer ce qui n'allait pas dans son cœur. Vu toute l'ardeur et la rage qu'elle mettait à la tâche, Dylan ne fit qu'être plus convaincu que sa rencontre de cette nuit avec l'intru n'avait pas été remplie de bonheur. C'était intriguant. Il en rédigerait un rapport à son équipe ce soir. Et sur ce point-là de toute façon, même s'il ne voulait pas le faire, il n'avait strictement aucun choix sur le sujet.

En fin de journée, entre l'heure du goûter et celle du dîner, l'adolescente se contenta de bronzer au soleil, près des piscines. Elle n'était apparemment pas d'humeur à imaginer et mettre en place ses habituelles bêtises.

Le dernier repas de la journée se passa presque en silence. Le roi et la reine parlaient affaires entre eux, ignorant complètement leur fille. Etaient également attablés quelques ministres qui sortaient de réunion avec les monarques. En pleine discussion de politique et de finance, personne n'avait fait attention à leur future reine et son garde du corps, jusqu'à ce que la mère de Léna pose ses yeux verts perçants sur la princesse, l'interpelant alors :

- Alors comme ça tu as encore essayé de faire le mur cette nuit ?

- C'est ce qu'on dit, ouais. Répondit-elle insolemment, ce qui ne fit que plus énerver ses géniteurs. Elle avait hérité des cheveux châtains de sa mère, mais cependant les deux monarques avaient les yeux clairs, posant la question de la provenance des iris marrons de leur fille.

- Sais-tu que si tu licencie ce cher monsieur Duciel, ton confinement à l'intérieur de ta chambre sans possibilité d'en sortir sera à nouveau présent ? Nous avions pourtant été clair avant même que tu ne le rencontre.

Elle haussa les sourcils, se souvenant très bien ce cet avertissement que le couple lui avait lancé quelques minutes avant qu'elle ne rencontre Dylan. Elle soupira en levant les yeux au ciel, avant de plonger ses iris dans les yeux de sa mère, qui avait parlé :

- J'en ai rien à foutre.

Le poing du roi s'abattit brusquement sur la table. Tous les ministres autours d'eux regardaient la scène, en silence et outrés. Les deux adultes ne prirent même pas la peine de répondre à l'insolence de leur progéniture. Celle-ci soupira avant d'enfoncer le repas du soir dans sa bouche, et mâcher lentement les aliments.

C'était dégeulasse à vomir.

Et rien que de voir ses parents, elle avait l'impression d'être contaminé par un virus immonde.

Un virus...

Tiens tiens.

Elle sourit intérieurement.

Princesse LénaDes histoires addictives. Découvrez maintenant