Chapitre 97

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Gabino et Ivan tinrent leur promesse.

Les jours passèrent, et malgré les kilomètres qui les séparaient de leur meilleure amie, les deux princes n'oublièrent jamais de l'appeler régulièrement, de lui rendre visite, et surtout, de la faire rire.

C'est ainsi que la première semaine de janvier passa. La nouvelle année débutait en beauté par un hiver qui dispersait sa neige partout au Portugal, remplissant de paillettes les yeux des enfants. La princesse appréciait beaucoup cette neige, c'était splendide. Elle adorait monter à cru sur un cheval et galoper, galoper le plus longtemps et le plus vite possible dans cette étendue blanche. C'était l'un de ces rares moment où elle se sentait libre et épanouis.

Puis, un mois passa et on arriva en février. Le roi se rendait comme prévu tous les quinze jours à l'hôpital pour ses chimiothérapies. À la déception de Léna, le traitement ne faisait pas tomber les cheveux de son père ; mais l'affaiblissait simplement et on voyait au fil du temps sa peau blêmir doucement. De plus, la maladie nécessitait une alimentation différente à celle dont il était habitué et un conseiller nutritionnel aidait la direction des repas. Déjà naturellement agaçant, le monarque semblait être d'éternelle mauvaise humeur. La reine, elle, semblait anxieuse face à l'état de son mari et se défoulait d'autant plus sur sa progéniture, l'accusant de ne pas créer une ambiance propice au rétablissement de son père. Mais cela ne faisait qu'amplifier le malin plaisir que prenait Léna à agir avec insolence et dédain.

On arriva par la suite en mars, et c'est seulement lorsque ce mois-ci se termina que les deux héritiers royaux commencèrent sérieusement à voir le fruit de tous leurs efforts. Déjà, Léna avait arrêté de répondre « non » ou encore « pas vraiment » lorsqu'on lui demandait si elle allait bien. Son visage fermé et triste redevenait comme à son habitude, et quelques jolis sourires s'y dessinaient de plus en plus régulièrement. Ce qui a causé ce grand changement, c'est aussi que Jayson est enfin passé dans un coma de stade deux. On ne pouvait pas lui parler, il ne pouvait pas sentir notre présence mais son stimulus douloureux s'était enfin réveillé.

En d'autres termes, le jeune homme n'était plus une coquille vide. Un peu comme si son esprit était parti en balade et venait enfin se retourner dans son enveloppe charnelle pour y faire une petite sieste avant le véritable réveil.

Petite sieste qui pouvait durer cinquante ans comme cinquante jours. Mais il ne fallait pas penser à ce côté négatif de l'histoire.

Les trois amis étaient actuellement au téléphone, se racontant leurs routines des derniers jours. Léna écoutait patiemment les deux garçons débiter leurs vies lorsque soudain, un éclair malicieux passa dans ses yeux :

- En fait, vous ne devinerez jamais comme j'ai licencié mon dernier binôme de garde du corps !

Gabino rit de bon cœur alors que l'ukrainien demandait d'une voix amusée :

- Tu es à ton combientième ?

- Quatre-cent-vingtuitième binôme !!!! Leur dit-elle tout excitée.

- Dylan y compris ?

Oups, la boulette.

Le jeune prince ne comprit que l'erreur de sa phrase une fois celle-ci terminée. Il ferma brusquement sa bouche et on lisait les regrets sur son visage :

- Ho Léna je suis désolé oublie ça.

La jeune fille lui offrit un demi-sourire avant de répondre :

- Non, laisse, ce n'est rien.

Derrière l'écran, les deux garçons levèrent les sourcils, apparemment étonnés.

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