Chapitre 37

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Je vais le tuer, l'étriper, le couper en petits morceaux, le brûler et jeter ses cendres dans le fumier des écuries...

– Il faut vraiment que je vous achète un collier électrique. C'est très à la mode pour les chiens de garde, ces temps-ci. Cela ferait en sorte que vous ne puissiez pas quitter votre niche la nuit. Dit-elle en crachant méchamment ses mots, appuyant bien sûr les noms "chiens" et "niche". Son souffle se coupait dans sa gorge, et sa voix était très faible mais tout de même bien audible. C'est comme si ses poumons avaient arrêtés de bouger.

Très touché et énervé par les paroles de sa protégée, Dylan resserra son emprise et la regarda avec des yeux si noirs qu'il en faisait presque peur. Puis son visage redevient de marbre. Le bodyguard bouillonait intérieurement. Il détestait, à la limite de la haine, que la princesse le compare à un chien de garde. C'était si insolent, humiliant et surtout arrogant. Il détestait ça, et lui aurait avec plaisir foutu une bonne giffle.

Un jour, ma mains partira toute seule... Se dit-il savourant d'avance ce moment satisfaisant.

La jeune fille essaya de parler encore une fois pour lancer d'autres remarques sanglantes mais sa voix se bloqua dans sa gorge, au même stade que son souffle difficile et douloureux. Elle souffla de rage, tentant de respirer correctement et sans trop de douleur.

Il faut vraiment que j'entraîne mon cardio... Se dit-elle en tentant de sourire intérieurement. Mais c'est comme si son cerveau et son esprit s'étaient alliés pour paniquer et ne plus fonctionner. Énervée, elle enfonça ses ongles dans la chaire de Dylan, espérant qu'elle lui aurait au moins fait mal. La douleur de ses poumons entraîna celle de son estomac. Elle essaya tant bien que mal de se détacher de son garde du corps et se pencher en avant. Elle n'arrivait plus à respirer, et voulait tellement vomir. La jeune fille essaya alors de porter sa main à sa bouche pour enfoncer ses deux doigts dans la gorge et dégurgiter tout ce que son ventre retenait et qui lui faisait si mal. Mais ses bras étaient bloqués par ceux de son garde du corps qui la tenaient rudement.

Léna tenta de calmer sa respiration, mais son cœur ne faisait que plus s'emballer. Au moment où elle était au plus mal, les muscles de ses jambes douloureuses lachèrent d'un seul coup, et elle aurait fini allongée dans l'herbe si son bodyguard ne l'avait pas rattrapée au dernier moment.

– C'est le bon Dieu qui vous punit. Allez, on rentre maintenant. Dit-il dans un ton étrange, mélangeant la colère profonde et la douceur. Le garçon redressa l'adolescente et passa un de ses bras autour de sa taille pour la maintenir debout. Instinctivement, celle-ci posa son bras sur les épaules et la nuque de garde de protection rapprochée, commençant enfin à reprendre son souffle.

Ils marchèrent ainsi quelques temps, sans un mot. Dylan entendait la jeune fille qui tentait de reprendre une respiration régulière, sans grand succès. Il ne put empêcher un sentiment de satisfaction s'emparer de lui. À vrai dire, elle le méritait un peu. Seulement, il percevait en même temps un petit pincement au cœur. Ce n'était pas vraiment de sa faute à lui si elle était si mal, mais tout de même. Cet état et la façon dont il la tenait lui donnait l'impression d'être dans un tout autre contexte. La jeune fille lui parue si fragile que son sentiment protecteur pris légèrement le dessus. Il resserra son emprise autour de la taille de Léna. Il avait l'impression qu'il devait la protéger. Et que dans les prochaines heures plus qu'avant. La garde du corps soupira intérieurement, face à ce qu'il se disait être une simple illusion inutile. Mécontent il se dit que ses anciennes missions ne devraient pas refaire surface ainsi. Ce n'était pas professionnel du tout. Bien sûr ça n'avait aucune raison de ne pas l'être, mais il l'avait décidé ainsi. Le garçon ne voulait pas penser à ses anciens clients, qu'il avait pourtant parfois sauvés. C'était pourtant très difficile et même impossible face à la personnalité du garçon. Il ne faut pas s'attacher, dans le milieu. Il regarda la princesse et soupira. Une pensée lui traversa l'esprit et il s'empressa de l'effacer.

Princesse LénaDes histoires addictives. Découvrez maintenant