Léna avait passée une nuit agitée. Toute son existence passée avec Joâo lui était revenue en mémoire. Des deux frères, il était le plus distant, le plus silencieux. Un peu comme un loup agissant dans l'ombre, il se méfait de tout le monde et parlait rarement. C'était, comme on dit, un solitaire. À la fois chef de meute ; et plus épanouis seul sans ses semblables autours de lui. Son âme entièrement forgée par la haine et la colère envers le monde lui même, le garçon avait eu une existence difficile. Il n'avait pas eu de femmes et ne les désirait pas. Il ne désirait personne, ne trouvant pas l'utilité consacrée à la vie de couple et l'amitié.
C'était un homme tourmenté, l'esprit tout entier rebellé envers la civilisation. Il haïssait l'espèce humaine qui, comme il aimait tant le dire, était stupide au point de former un égocentrisme mortel. Tous ces hommes qui gaspillent et jouent avec les clefs de la vitalité : la nourriture, l'eau, les soins et le logement. Face à tous ces autres pauvres qui meurent chaque jours à cause de ce manque de savoir vivre. Oui, Inacio était comme ça lui aussi : tourmenté et dangereux. Mais Joâo était cette personne étrange ayant fondé son propre monde et sa propre réalité. Un être que personne ne peut réellement comprendre, si ce n'est lui. Et encore, peut-être parfois se perdait-il dans son tourbillon intérieur.
Il était difficile de savoir ce que Joâo pensait de lui. Mais face à sa vision aveuglée par la argne, il tuait sans regrets tous ceux qui, à ses yeux, participaient au malheur des démunis. Au malheur des siens, en quelques sortes. Car nous ne sommes pas dans un compte de fée et le grand mafieux ne vit pas dans un château argenté depuis sa naissance. Il a vécu dans la faim et la solitude. Dans le froid et la maladie. Une enfance douloureuse, et il n'était pas le pire.
Tourmenté, Joâo était un de ces hommes qu'il ne fallait surtout pas fréquenter. Mais malgré cette haine trop puissante, il nourrissait en lui un amour. Un amour pour Inacio, son petit frère, qu'il avait toujours adoré. Un amour si puissant qu'il l'avait poussé à sauver Léna alors que lui même brûlait de désir de lui ôter la vie.
Il avait des valeurs, et pour la seule personne qui comptait à ses yeux avait prit la petite princesse sous sa protection. Car il faut savoir que dans leur monde, prendre quelqu'un sous sa protection n'est pas anodin. Cela arrive très rarement et entraîne une certaine responsabilité. Inacio ne protège personne, dans leur famille Joâo était le seul.
Peut-être n'avait-il jamais réussi à aimer Léna comme une être humain normal, mais il s'y était lié. Tandis que son frère menait une amitié avec la jeune fille, il le suivait parfois lorsqu'il allait lui rendre visite. Peu de mots, il réfléchissait probablement beaucoup avant de parler. Mais ses yeux parlaient pour lui. Une petite étincelle brillait lorsqu'il regardait la princesse. La haine à l'état pur s'était mélangée avec l'amour, créant un lien puissant.
La jeune princesse avait les larmes aux yeux, mais même dans ce moment difficile aucune larme ne coulait. Elles se contentaient de rester à l'intérieur de son corps, l'envahir tout entière dans une horrible douleur. Son sommeil était agité et elle ne parvenait pas à dormir réellement, l'esprit trop occupé à sangloter en silence. Les yeux gonflés, elle finit par envelopper les couvertures dans ses bras. L'adolescente aurait tellement aimé pouvoir serrer Inacio contre elle. Avoir ce réconfort que son être tout entier réclamait tant. Ou même être avec quelqu'un d'autre, n'importe qui tant qu'il y avait le moyen de consoler son cœur engloutit par des flots salés.
C'est ainsi que Léna s'endormit, après de nombreuses heures mouvementées et douloureuses. Les muscles entièrement crispés autours des draps qui semblaient l'enlacer d'un mouvement réconfortant.
Elle se leva vers onze heures, contente que personne ne soit venu la déranger. La jeune fille s'était réveillée de nombreuses fois, troublant son sommeil. Le corps engourdi et les yeux gonflés, elle alla enfiler une simple robe noir. Cet après midi sera l'enterrement de Joâo. Elle n'espérait même pas y aller, connaissant l'impossibilité de la chose. Mais rien ne l'empêchait de faire son deuil, aussi secret qu'il soit.
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Princesse Léna
Teen FictionPersonne n'a jamais eu autant d'imagination pour déplaire à ses parents que Léna. Plus de deux cent fugues, quatre cent gardes du corps, au fur et à mesure des années, l'adolescente est de plus en plus surveillée, tel une tueuse à gag. Mais quand vo...
