Tout s'embrouillait dans l'esprit de Léna, jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'en fait, elle avait peur. Elle était assise à une table, au premier étage de la bibliothèque. Depuis quelques minutes, ses yeux étaient perdus dans le vide et elle tapait sur le bois avec le bout de ses ongles.
Tac tac tac tac tac.
Le bruit régulier et incessant ne parvenait même pas jusqu'à son cerveau.
Oui.
Elle avait vraiment peur.
Peur de s'être lancé dans un truc impossible. Elle avait peur de s'enliser dangereusement dans les sables mouvants qu'étaient Jayson. Peur que cette histoire ne lui apporte rien de bon.
Parce qu'elle développait des sentiments pour un garçon dont elle ne connaissait rien. Un garçon qu'elle découvrait un peu plus chaque jour. Un garçon dont elle se rendait compte que malgré les deux grands mois passés avec lui, il était en vérité un parfait inconnu. Et ça, c'était carrément flippant.
– Puisque mon cours ne semble pas vous intéresser, je vais vous laisser exactement deux minutes trente pour me trouve l'œuvre d'Aristote que vous souhaitez étudier avec l'une de ces cinq problématiques.
La voix aigrie du professeur de philosophie la réveilla en sursaut alors qu'un paquet de cinq feuilles correspondant aux cinq questions s'abattaient sur la table. L'homme descendit les marches de bois pour se rendre au rez-de chaussé de la bibliothèque, et lança d'une voix lasse :
– Deux minutes !
La princesse grogna de mécontentement et commença à farfouiller de façon complètement désintéressée dans le paquet de livres qu'ils avaient sur Aristote. Elle allait prendre le plus petite, et ça sera parfait.
Alors que le professeur allait hurler que le temps était écoulé, un vieux livre avec une reliure de cuir voltigea du haut des escaliers en sa direction, et se fracassa à ses pieds. Le visage de l'homme blêmit et il ramassa le manuscrit, très vieux, cher et précieux.
– Altesse de son des œuvres d'art, merci d'en prendre soin ! Grommela-t-il en vérifiant si les pages n'étaient pas abimées. Ce livre était d'une valeur indescriptible et il venait de se faire lancer d'un étage par l'héritière du trône portugais. On n'était qu'au début de l'année et il se demandait déj de ce qu'il allait faire de son élève.
Alors qu'il était en train de réclamer la problématique, un avion en papier lui fila d'un coup sous le nez. Il releva la tête pour observer les yeux rieurs de l'adolescente. L'avion parcouru la longueur entière de la salle avant de s'écraser par terre au moment même où la porte de la bibliothèque s'ouvrait. C'était Dylan. Il observa l'objet d'un œil étonné et ramassa le papier pour le déplier et lire ce qui y était écrit :
– Qu'est-ce que l'être. Il haussa les sourcils en grimaçant et tendit la feuille en direction du professeur, tout en continuant :
– Hum et bien je vais vous laisser hein, être ou ne pas être telle est la question, c'est l'une des choses que je ne souhaite même pas étudier. Bonne chance à vous. Et lançant un clin d'œil amusé à Léna, il ferma la porte derrière lui, laissant la jeune fille terminer son cours avec ennui.
Léna finit sa journée tranquillement, et passa à la salle de sport juste avant de se coucher. Jérôme lui avait annoncé pouvoir passer à cette heure-ci pour lui montrer une nouvelle chorégraphie qui devrait lui convenir.
La jeune fille reste donc une heure à voltiger entre les barres et sur les tapis, modulant son corps d'une danse parfaite. Aucune figure ne lui était vraiment nouvelle, c'était seulement l'enchainement entre elles qui compliquait la tâche. Tenter de ne pas perdre l'équilibre tout en déplaçant ses muscles, qui se mouvaient au millimètre près.
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Princesse Léna
Novela JuvenilPersonne n'a jamais eu autant d'imagination pour déplaire à ses parents que Léna. Plus de deux cent fugues, quatre cent gardes du corps, au fur et à mesure des années, l'adolescente est de plus en plus surveillée, tel une tueuse à gag. Mais quand vo...
