Chapitre 105

3K 275 187
                                        

Léna ne souvint toute sa vie de ce trois janvier. Il pleuvait des cordes, et l'eau tombant du ciel résonnait sur le toit de la cathédrale tandis que le Pape, qui présidait la messe, expliquait son sermon à l'assemblée qui se trouvait en face de lui.

Au milieu de la nef centrale, juste devant l'autel, se trouvait le cercueil blanc de l'ancienne Reine. Des dizaines de fleurs l'entourait, ainsi qu'une splendide photo d'elle, encadrée dans un cadre de marbre finement sculpté.

Vêtue d'une robe longue, lisse et pourpre, la princesse avait laissé ses cheveux bouclés tomber dans son dos. La couleur de son vêtement était celle de tradition pour les héritiers royaux dont le prédécesseur décède, car elle est symbole de l'affliction.

À la cour, après le décès du roi ou de la reine, c'est un an de deuil qui doit suivre. Léna n'était pas réellement malheureuse de la mort de ses deux parents, mais elle devait suivre les normes de la société, et comme après les funérailles de son père, montrer une mine triste et éviter de porter des tenues trop luxueuses.

Aujourd'hui, seule sa couronne de princesse adoucissait son visage. C'était probablement l'une des dernières fois où elle allait mettre ce magnifique diadème argenté.

Après la messe, la longue procession solennelle mena le cercueil jusqu'au cimetière, afin d'enterrer madame Da Costa dans la même tombe que son mari. Malgré les torrents d'eaux que les nuages lâchaient sur la terre, une foule de monde était présente et des dizaines de journalistes étaient agglutinés là, retransférant en direct partout dans le monde.

À côté de Léna se tenait Dylan. Vêtu d'un costume noir, il portait un élégant chapeau et ses habituelles lunettes sombres malgré l'absence de soleil. Cet accessoire lui permettait de camoufler une partie de son visage et éviter de trop attirer l'attention des caméras. Il tenait calmement un grand parapluie afin d'abriter sa protégée des intempéries.

Celle-ci avait le visage fermé.

Elle ne réalisait pas ce qui était en train de lui arriver.

Ce que ça signifiait.

Car elle était l'héritière, la prochaine à porter la couronne royale et à monter sur le trône.

Il y a quelques jours encore, ces évènements étaient, à ses yeux, inimaginable.

C'est vers dix-sept heures que les funérailles se terminèrent. Respectant la coutume du deuil, Léna refusa tout interview, annonçant qu'elle parlerait aux peuples d'ici trois jours, le temps de se « remettre ». Et surtout de comprendre ce qui lui arrivait.

Le bras droit de sa mère était l'ancienne ministre de l'éducation, qui était très vite montée en grade. Cette dernière harcelait la jeune princesse, ayant pour don de l'emmerder plus qu'autre chose.

Ne comprenait-elle pas que la jeune fille avait au moins besoin d'un jour de pause pour permettre à son cerveau en ébullition de se calmer un petit peu ?

– Majesté, nous devons organiser un conseil de ministres afin que vous leur parliez. Nous devons également établir une date pour votre intronisation, préparer votre interview avec les médias que vous avez placée dans trois jours.

Et patati, et patata. Cette femme semblait interminablement stressée.

Mais elle ne s'arrêtes jamais de parler ou quoi ? Pensait la brunette intérieurement, avant de souffler d'exaspération et finir par répondre à sa conseillère (car étant celle de sa mère, elle gardait le même rôle en attendant que la princesse soit sacrée reine et choisisse elle-même les personne qui l'accompagnera).

Princesse LénaDes histoires addictives. Découvrez maintenant