Elle n'avait pas vraiment réussi à dormir. Léna était restée tout le restant de sa nuit dans le lit du garde du corps, qui avait pris soin de fermer chacune des portes à double tour. Elle s'était recroquevillée dans ces draps qui n'étaient pas les siens et respirait l'agréable odeur du garçon qui émannait des tissus. Parfois, ses yeux se fermaient de fatigue mais son corps entiers semblait lutter contre le sommeil, ne lui offrant que de légères pauses. L'adolescente avait vu Dylan pianoter nerveusement sur son téléphone portable une fois qu'il l'avait cru endormie. Et le garçon avait passé le restant de sa nuit à s'asseoir près d'elle et lui caresser les cheveux, où bien à somnoler à moitié couché dans son canapé.
À cet instant, le bodyguard était assis de l'autre côté du lit, sur son cellulaire. Les deux jeunes gens étaient dos à dos, ne s'échangeant pas un seul regard. Léna se retourna doucement dans le lit, respirant une énième fois cette odeur masculine qui lui tenait compagnie depuis quelques heures. Elle s'assit en tailleur sur le matelas et le garçon de retourna doucement. Un léger sourire apparu sur son visage.
- Bonjour Léna. Vous allez mieux ?
L'intéressée acquiesça tout en se levant pour se diriger vers la fenêtre principale, se trouvant au fond de la pièce près de la salle de bain du jeune homme. Elle ouvrit sans un mot les rideaux bleus marines et constata que les lourds volets de bois avaient été fermés. Par des gestes mécaniques, l'adolescente ouvrir la fenêtre pour plier les volets, mais lever son bras droit lui lançait une douleur à l'épaule. Elle grimaça tout en portant la main à celle-ci et ses doigts rencontrèrent un bandage. Les souvenirs de la veille lui remontèrent à l'esprit et son corps s'immobilisa quelques secondes avant de continuer l'action qu'elle avait commencé.
Mais alors que Léna allait ouvrir le premier volet, une main masculine passa par dessus son épaule pour compléter la tâche. Elle releva doucement les yeux pour rencontrer ceux de Dylan qui, gardant un visage neutre, posa ses doigts sur la partie du corps blessé de la jeune fille.
- Vous avez mal ? Permettez que je regarde.
- Si vous voulez... La princesse soupira ces mots tout en poussant ses cheveux, dégageant ainsi sa nuque et son épaule. Elle sentit les mains douces du garçon défaire le bandage et frôler sa peau.
Dylan ne savait même pas pourquoi il défesait ce pansement pour en remettre un autre. C'était inutile, il avait déjà inspecté la plaie cette nuit et elle n'aurait nécessité d'autres soins que d'ici quelques heures. Un ématome entourait l'entaille et le garçon caressa doucement la peau blessée avant, par culpabilité professionnelle, de retirer vivement sa main et remettre en place un solide pansement. La voix féminine parvint à ses oreilles.
- Vous êtes blessé ?
- Pas grand chose... Murmura-t-il avant de se diriger vers l'autre bout de la salle où ouvrir les autres fenêtres. Le soleil état déjà haut dans le ciel, nous étions dans les environ de onze heure. L'adolescente vit un bandage entourer le biceps gauche du garde du corps. En vérité, une balle l'avait frôle lors de l'altercation.
Sans rien ajouter, Léna voulut se diriger vers ses appartements, mais son visage se crispa dès qu'elle eut ouvert la porte. Une dizaine de militaires s'activaient dans tous les sens, multipliant apparemment les aller-retours vers sa salle de bain. La vitre cassée n'était toujours pas réparée et quelques hommes tentaient minutieusement de nettoyer les traces de sang sur le parquet. Dylan parlait derrière elle :
- Votre chambre est bloquée pour la journée afin de tout remettre un ordre et placer un dispositif de sécurité à la fenêtre de votre salle d'eau, par laquelle le premier homme a pu rentrer sans déclencher l'alarme. Léna se remémora un court instant l'image de ces yeux fous, cette arme pointée vers elle, et ce rire hallucinatoire. Elle ferma brusquement les paupières pour chasser ces visions et une main se posa sur son épaule.
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Princesse Léna
Teen FictionPersonne n'a jamais eu autant d'imagination pour déplaire à ses parents que Léna. Plus de deux cent fugues, quatre cent gardes du corps, au fur et à mesure des années, l'adolescente est de plus en plus surveillée, tel une tueuse à gag. Mais quand vo...
