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Aux environs de cinq heures, l'animation à Erland commençait à s'estomper. La fatigue s'emparait déjà de certains qui préférèrent rentrer pour continuer le jour suivant. On pouvait dire qu'en ce laps de temps, la progression était effective : trois ligablos de plus avaient été installés, l'électricité circulait maintenant dans Erland malgré quelques ratés.
Mickaël faisait partie de ce groupe de personnes fatigués qui avaient préféré rentrés. Néanmoins, contrairement aux autres, sa raison à lui n'était pas la fatigue en question. Depuis sa discussion avec Astrid à propos d'Ethan, son cœur ne s'était plus senti à l'aise. Il avait espéré qu'en rentrant tôt, il aurais trouvé son fils mais ce dernier n'était pas rentré. Accentuant encore plus son inquiétude.
Il aurait voulu se lancer à sa recherche, mais avait peur de ce qu'il pouvait découvrir. Comme tous les habitants d'Erland, il méprisait Barthelemy. Mais au moins, savoir Ethan avec lui était plus rassurant que le savoir avec cette parfaite inconnue qu'Astrid soupçonnait de meurtre. Il aurait voulu appeler Barth, que ce soit à contrecœur ou pas, pour au moins se rassurer qu'Ethan allait bien.
Alors qu'il faisait les cents pas dans le salon, le téléphone fixe, posé sur une table à côté de la fenêtre, commença à sonner.
Mickaël l'ignora car, trop préoccupé par la situation de son fils. Toutefois, la sonnerie continua de se montrer insistant, l'agaçant au bout d'un certains moment. Et il finit par décrocher :
— Allô...
— Enfin... répondit une voix à l'autre bout du fil. J'ai bien cru que tu étais injoignable. Ça va bientôt faire six jours que j'essaie de te joindre.
— Qui est à l'appareil ?
— Avant que je te réponde, promets-moi d'abord de ne pas raccrocher...
— Karen ?
— Ne raccroche pas, Att...
Mickaël ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase qu'il raccrochait déjà. Il jura ensuite entre ses dents. Quel culot, pensa-t-il. Elle avait osé appeler.
Mais il s'effaça l'idée de la tête en se concentrant sur ce qui le préoccupait le plus : trouver Ethan. Alors, il reprit le phone et appela le poste de police.
— Allô...
— Allô... le shérif Sven est là ?
— Elle vient de sortir de son bureau...
— Vous pouvez me mettre en contact avec elle ?
— Donnez-moi quelque minutes...
Mickaël attendit et la voix d'Astrid se fit entendre.
— Allô...
— Shérif Sven, c'est Mickaël. Ethan n'est toujours pas rentré, et j'ai bien peur qu'il lui soit arrivé quelque chose. Je ne sais pas quoi faire.
— Calmez-vous, monsieur Holger. Il n'est pas encore 6 heures. Vous savez ?
— Mais... mais... mais je me sens mal à l'aise.
— Vous repensez encore à notre discussion ?
— Oui.
— Ne vous en faites pas... Je suis en ce moment en train de dépêcher une équipe de fouille. Où qu'il soit, nous le trouverons. Mais...
— Mais quoi ?
— Je ne pense pas que nous vous le rendrons d'aussitôt. Il va devoir nous suivre au poste de police.
— Alors c'est vrai qu'il...?
— C'est un complice, mais pas le meurtrier.
— Je vous en prie. Je suis sûr qu'il n'est...
— Je vous présente vraiment toutes mes excuses, mais Ethan détient des informations capitales sur la mort de Bertil. Et il faut que la coupable soit jugée.
— Je peux venir avec vous ?
— Non. Comprenez-moi.
— Oui... mais...
— Je vous comprends, moi. Je sais ce que ça fait quand on a du mal à reconnaître celui ou celle à qui l'on a donné naissance.
— Ne le brutalisez pas.
— Cela dépendra de lui. Je l'aime bien ce gamin, mais je ne lui ferai pas de cadeau. Qui sait s'il ne couvrira pas un autre meurtre du genre.
— Je peux comprendre cela. Mais essayez de vous mettre à ma place.
— Je le suis. En ce moment même, j'ai ordonné à ce qu'on embarque ma fille. Elle a osé garder le silence alors que je lui ai toujours fait confiance. D'où, je peux comprendre ce que vous devez ressentir. Mais il est de mon métier de ne pas mettre mes sentiments en premier lieu.
Kristina avait un rapport avec la mort Bertil ? s'exclama Mickaël pour lui-même. De plus, il n'avait jamais vu Ethan et elle échanger les moindres mots. Comment pouvaient-ils se retrouver mêlés ensemble à cette affaire?
— Il va falloir que je vous laisse, lui reprit Astrid. Mais je vous préviens : j'ai les preuves qu'il faut pour incriminer votre fils, et ma fille. Alors, il a intérêt à se montrer coopératif, car je ne suis plus d'humeur.
Mickaël pouvait lire la colère dans le ton de sa voix. Quoi de plus normal, elle était sensée représenter l'autorité de la justice d'Erland. Et se rendre compte que sa propre fille avait participé indirectement à la stagnation de l'enquête... cela la mettait d'humeur noire.
Durant l'enfance de Kristina, Astrid la traitait avec plus de sévérité qu'avec d'autres. Elle devait lui rapporter des bonnes notes, elle devait exceller dans la conduite, elle devait être exemplaire.
C'était à partir de ses dix-huit ans qu'Astrid avait commencé à se montrer un peu plus libéral envers elle, lui laissant choisir ce qu'elle voulait faire de sa vie. Même si elle était contre qu'elle travaille au port, car dans ses projets, Kristina devait reprendre les rênes d'Erland.
Cependant, elle avait quand même accepté. Et là, elle se rendait compte qu'elle l'avait en quelque sorte trahie. Ce qui faisait remonter en elle une colère accrue et intense.
Les véhicules de polices se mirent en route, et cette fois, hors de question de laisser passer ça.
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ECARLATE
ActionEthan, jeune adolescent passionné d'écriture et ayant pour projet d'enfin commencer un véritable roman, voit ses plans changés par la venue d'une créature céleste à l'apparence féminine qui le soupçonne de savoir où se dissimule son éclair. Pendant...
