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Il avait commencé à neiger à Erland. Au tout début, il ne s'agissait que de quelques flocons et cristaux lourds emplissant l'atmosphère de la ville. Mais en à peine une vingtaine de minutes, cela avait viré à quelque chose de plus pesant. A tel enseigne que tous les travaux furent suspendus, tant la bourrasque de neige n'accordait de répit à personne.
Tout Erland se retrouvait maintenant plongé dans une avalanche de flocons et cristaux qui conféraient aux vitres, un aspect cristallin. Des dunes se formaient un peu partout, le vent faisait voltiger les vêtements étalés sur les cordes-à-linge. Les ponts non achevés, ondulaient passivement. En une heure, l'épaisse pluie avait plongé toute la ville dans la brume. Tant la blancheur de la précipitation avait pris possession des lieux.
Toutefois, Nils était à l'abris de tout ça. Étant donné qu'il roulait sur une autoroute presque déserte, bordée d'arbres d'une forêt de pin. L'hiver n'avait pas encore une totale possession de cette zone.
L'après-midi approchait, et le véhicule que Nils conduisait dépassait maintenant les cent vingt kilomètres à l'heure.
C'est en arrivant à la sortie de l'autoroute, qu'il vit une petite montée de tapis d'herbes par-delà laquelle se dessinait la silhouette d'une ville industrielle. Hanshir.
Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas vu d'aussi hauts immeubles – déjà qu'il n'était habitué qu'aux constructions modestes d'Erland.
En se rapprochant, il vit un panneau à vingt-cinq kilomètres de là, en forme d'arc sur lequel était marqué : « Bienvenu à Hanshir. ». En dessous de l'écrit, était ajouté : « Au voyageur, pas d'exigences. Mais à ceux qui veulent s'installer, prière de se présenter à la mairie. ».
Un peu plus devant, Nils vit un barrage. Il s'arrêta devant la paire de barrière et deux policiers vinrent à sa rencontre.
— Bonjour et bienvenu à Hanshir, lui dirent-ils avec sourire.
— Bonjour... Et merci.
— Vous venez vous installer ou vous êtes de passage ?
— Je suis de passage, répondit-il.
— Ah... oui... Dans ce cas vous ne voyez aucun inconvénient à ce qu'on vérifie vos papiers ? Et si possible, contrôler votre véhicule?
— Oh... il n'y a pas de problèmes.
— Merci, monsieur.
L'interlocuteur fit signe à son collègue et ce dernier réagit en fouillant le véhicule entier pendant que lui-même recevait les papiers d'un Nils plus que coopératif.
Une fois fini, le policier s'appuya sur le rebord de la portière.
— C'est un véhicule municipal... lui fit-il remarquer. Vous êtes venu en mission ? Vous savez, on peut vous aider.
— Merci... mais ne vous donnez pas cette peine. C'est juste emprunt.
— Dans ce cas... (Il leva son bras droit en direction de deux autres policiers qui comprirent le geste et écartèrent la paire de barrière.) Nous vous souhaitons un bon séjour à Hanshir.
— Merci beaucoup...
Nils reprit la route et pu enfin arriver dans la grande ville d'Hanshir. Et sa première impression fut directe. Hanshir donnait cette allure de grandeur. La chaussée à quatre voies, pouvant même aller jusqu'à six, étaient bordées de bâtiments impressionnants dont des enclos grillagés les séparaient de la chaussée. La population était si dense qu'ils affluaient en masse sur le rez-de-chaussée. On pourrait s'y perdre.
Cependant, il ne vit pas encore des maisons à proprement parler. A son entrée, il avait aperçu une papeterie, s'en était suivi d'une succession de boutiques, supermarchés, quincailleries et compagnies.
Il continua de rouler pendant encore une vingtaine de minutes avant de finalement entrevoir les premières habituations. Il se gara alors dans une zone de parking et s'approcha d'une cabine téléphonique, située à l'approche de la prochaine intersection.
C'était la première fois qu'il devait traverser un torrent de monde pour se frayer un chemin vers la cabine en question. A sa gauche, des vagues de quatre et deux roues défilaient en des tintamarres presque assourdissants. Sans compter les klaxons de plus pressés.
Arrivés à la cabine, il tapa le numéro que lui avait dicté Karen :
— Allô...
— Nils... tu y es déjà ? Je suis déjà en route.
— En toute franchise, je crois que je suis perdu.
— Tu peux demander à un passant ta localisation ?
En réponse, Nils soupira mais sortit sa tête de la cabine et vit un enfant qui s'apprêtait à prendre son vélo pour rejoindre la partie de la chaussée réservée aux cyclistes.
— Mon garçon (Ce dernier leva sa tête vers lui d'un air interrogateur.). Excuse-moi de te déranger. (Cette phrase suffit à le relaxer.) Tu peux me dire dans quel quartier nous sommes ?
— Oh ! Vous êtes un voyageur ? Pas étonnant que vous vous perdiez au milieu de tous ces gens.
— Je sais... tu peux m'aider ?
— Nous sommes dans le district 13, reprit le garçon en enfourchant son vélo et s'en alla. Faites attention à vous.
— Je tâcherai.
Nils retourna dans la cabine :
— District 13.
— Ah... d'accord... tu pourrais patienter vingt cinq minutes. Je suis déjà en route.
— Hum...
Nils raccrocha et partit attendre dans la voiture. Il en profita pour observer le flux incessant de la communauté active et apparemment hospitalière d'Hanshir. Car à toute personne avec qu'il avait osé aborder une discussion, se montrait favorable et lui apprenait même certaines anecdotes sur la ville.
En levant son regard, il vit un bus s'arrêter sur l'autre chaussée. Quelques instants après, il vit Karen et la reconnut sans trop de mal : Mickaël avait beau les détester, il gardait toujours une photo d'elles. Il la reconnut à travers sa chevelure rousse et son physique qui lui donnait l'apparence d'une adolescente alors qu'elle était dans la trentaine.
Elle aussi ne mit pas longtemps à la reconnaître.
Elle traversa la chaussée et le rejoignit, un sourire gêné aux lèvres.
— Je rêve ou t'es venu en bus ? lui demanda-t-il.
— Bah... tu es venu en voiture, non ? je ne voulais pas que...
— Tu es différente de la description que Mickaël faisait de toi. Il me disait que tu étais une véritable légende en arrogance.
— Ah... c'est cette image qu'il a gardée de moi ? réagit-elle en réprimant une petite déception.
— C'est faux ?
— Pas vraiment. Mais Mickaël a toujours eu l'habitude de ne retenir que les défauts des autres. Il a oublié que nous avons été proche.
— Et qu'est-ce qui a changé ?
— On peut y aller ? on discutera en route.
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Hey guys...
Je vais essayer de reprendre ma régularité (ps: ça commence à me saouler) Et retravailler sur la fin du recit afin de vous pondre un final satisfaisant.
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ECARLATE
AzioneEthan, jeune adolescent passionné d'écriture et ayant pour projet d'enfin commencer un véritable roman, voit ses plans changés par la venue d'une créature céleste à l'apparence féminine qui le soupçonne de savoir où se dissimule son éclair. Pendant...
