Chapitre 3

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Valérian quitta à regret la fraîcheur des pierres anciennes pour sortir sous le soleil de plomb. Une nouvelle fois, le ciel arborait un bleu limpide, qu'aucun nuage ne dissimulait. La brise tiède n'atténuait pas la lourdeur de l'atmosphère. Ses premières inspirations lui firent plisser le nez, alors qu'un air chaud infiltrait ses poumons. L'apprenti Messager remonta les manches courtes de sa tunique blanche en les enroulant jusqu'à ses épaules et ajusta la lanière en cuir qui entourait sa cuisse, servant de fourreau à son poignard. Ici, nul ne se baladait sans arme. Dans leurs futures professions, ils seraient tous amenés à en porter constamment une.

Valérian traversa les étendues de pelouse jusqu'à l'arène d'entraînement. Il avait été dispensé du cours de géographie. À quoi bon ? Les cartes les plus détaillées ne rivalisaient pas avec les itinéraires mentaux qu'il avait construits au fil de ses voyages. Il connaissait non seulement les villes les plus importantes du royaume, mais également les moindres de leurs ruelles et recoins. Il avait grandi au milieu des jeux politiques et des alliances. Sa tante n'avait rien de plus à lui apprendre.

Le jeune homme emprunta un escalier et s'arrêta au premier étage. Il longea le corridor qui entourait l'arène, sans quitter des yeux la silhouette qu'il était venu voir, et trouva refuge dans l'ombre. Elijaï avait attaché ses cheveux noirs pour ne pas être gêné, son corps luisait de sueur, ses vêtements épousaient la forme de son corps. Face à lui, Caspian ne semblait pas plus épargné par la chaleur. Les deux apprentis Chasseurs se jaugeaient l'un l'autre en décrivant un cercle sur le sol sablonneux.

Valérian esquissa un sourire en s'appuyant sur la rambarde. Son meilleur ami ne se précipitait plus, comme il en avait autrefois la désastreuse habitude. Cela ne signifiait qu'une chose : il avait trouvé un rival à sa hauteur, dont il se méfiait. Leurs pas s'accordaient et, même si Valérian identifia quelques failles que l'un ou l'autre aurait pu saisir, il attendait avec patience que cette étrange danse prenne fin. Elijaï n'était jamais aussi beau que lorsqu'il combattait, avec ses yeux emplis de détermination, son sourire insolent et ses déplacements souples, presque félins.

Valérian se redressa en secouant la tête, alors qu'il prenait conscience de fixer trop intensément Elijaï. Ce dernier était une des raisons pour lesquelles il souhaitait rejoindre ce groupe. La seconde raison se trouvait en face de son ami. Caspian. Le garçon aux Loups Le duo s'avérait complémentaire, complice. Une vive jalousie rongeait sa poitrine lorsqu'il les voyait s'évaluer ainsi, lorsqu'ils s'élançaient l'un vers l'autre et que le fer des leurs lames résonnait autour d'eux, jusque dans son cœur. Il ne parvenait plus à se concentrer en cours, alors que son esprit s'égarait, que ses liens s'étiraient jusqu'à Elijaï et Caspian et qu'il comprenait qu'ils se trouvaient côte à côte, dans la même salle, dehors, dans l'arène, dans leurs chambres.

Sa demande d'intégration aux cours de combat des Chasseurs devait être acceptée, où sa santé mentale serait mise à rude épreuve.

Les deux feintaient, s'attaquaient sans jamais se ménager, mais se souriaient. Et leurs regards... leurs regards ne se lâchaient pas. Elijaï se révélait plus rapide, Caspian plus fort et plus réfléchi. Moins distrait, aussi. Comme s'il avait senti sa présence, son meilleur ami leva les yeux dans la direction, juste une seconde. Juste le temps d'un battement de cil, qui lui valut un coup fatal. Il bloqua de justesse l'arme de son adversaire du plat de la sienne, mais ce dernier le repoussa avec force en crochetant ses jambes.

Pourtant, même à terre, Elijaï ne se départit pas de son sourire. Comme si rien ne s'était passé, il lui adressa un signe de la main et, de sa place, Valérian devina ses yeux brillants.

— Tu t'es fait avoir comme un débutant, se moqua le futur Messager.

— À qui la faute ? répliqua son ami.

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