Valérian entrouvrit la bouche, les traits figés d'effroi. Sous ses yeux, Caspian convulsait violemment. Sans hésiter une seconde, Elijaï se plaça à califourchon sur lui dans l'espoir de le tranquilliser. Il tentait de maintenir ses mains pour lui éviter de griffer le sol à s'en arracher les ongles. Sa tête se mit alors à cogner le sol dans un bruit sourd, insupportable.
— Qu'est-ce qu'il a ? répéta Valérian en s'agenouillant à ses côtés.
— J'en sais rien !
Le futur Messager attrapa son visage entre ses mains pour essayer de l'empêcher de se faire du mal, mais l'arrière de son crâne ne cessait de s'écraser à terre. Ses cris de souffrance lui enserraient le cœur, sa détresse lui donnait un terrible sentiment d'impuissance. Que devaient-ils faire pour l'aider ? Sa force dépassait l'entendement.
Quelque chose craqua et Caspian se cambra avec vivacité dans un hurlement puissant.
— Tu vas lui faire mal ! accusa Valérian en jetant un regard à Elijaï, qui forçait de tout son poids pour le maintenir.
— Va chercher de l'aide ! Trouve Syn ! implora son meilleur ami.
Incapable de quitter des yeux le visage crispé de Caspian, Valérian ne réagit pas. Ses veines ressortaient sur ses tempes et son cou, ses yeux bleus roulaient dans leurs orbites, sans parvenir à se fixer. Que lui arrivait-il ? Son visage était brûlant, la fièvre semblait le dévorait. Était-il seulement conscient ? Probablement pas.
— Caspian, souffla-t-il, suppliant.
Ses mains tremblèrent sur ses joues, alors qu'il les caressait avec douceur dans l'espoir de l'apaiser. Qu'est-ce qui rampait sous sa peau ? Qu'est-ce qui cherchait à sortir ?
— Valérian ! s'écria son meilleur ami, essoufflé. Va chercher Syn !
Pourquoi ne parvenait-il pas à bouger ? Il refusait de le laisser, s'éloigner n'était pas envisageable. Le sol s'éclaboussait de rouge à mesure que la tête de Caspian se fracassait dessus. Et derrière ces craquements d'os, la voix d'Elijaï l'appelait, suppliante et pressante. Comment parvenait-il à garder son sang-froid ? Une odeur de rouille chaude lui retourna l'estomac. Pourquoi faisait-il cela ? Pourquoi se faisait-il autant de mal ?
Soudain, une main se plaqua sur son épaule et le repoussa. Valérian se redressa alors de façon machinale, les jambes tremblantes, et quitta la chambre. Il se tint au mur pour retrouver son équilibre et plaqua une main sur ses lèvres en entendant les hurlements de Caspian. Il visualisa l'image de Syn, chargé de l'apprentissage des Chasseurs, et le localisa sur le chemin de son bureau. Sans hésitation, il s'élança à sa rencontre, monta en courant les quatre étages qui les séparaient et traversa les dédales de couloirs. Plus vite il l'aurait trouvé, plus vite il pourrait revenir près de lui.
Il trouva le professeur, l'esprit brouillé et les poumons en feu.
— Caspian, articula-t-il. Il fait une... une sorte de crise.
— Où est-il ? s'enquit le Loup, une lueur inquiète dans le regard.
— Dans ma chambre.
Déjà, Valérian rebroussait chemin, l'enseignant sur les talons. Il retrouva ses amis dans la même position. Le soulagement visible d'Elijaï lorsqu'il les aperçut lui retourna le cœur. Une coupure sanglante traversait sa joue.
Syn tira de sa poche une fiole contenant un liquide violet foncé et en versa quelques gouttes entre les lèvres de son élève.
— Je vais prendre le relai, annonça-t-il avec calme, en saisissant les poignets de Caspian.
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Le Requiem du loup
RomanceEntre Valérian et Elijaï, c'est une évidence, un don, une odyssée. Valérian a beau résister, le Chasseur détient depuis toujours des droits sur son âme, ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne s'abandonne entièrement. L'arrivée de Caspian d...
