Enes n'est pas du tout de bonne humeur, il n'arrête pas de taper du pied et il fixe un point dans le vide. Personne n'ose lui demander ce qui ne va pas. Pas même moi. Son téléphone sonne, il répond sans même regarder qui c'est, et de toute façon il ne dit presque rien, il parle très peu. Il finit par raccrocher et il nous regarde en posant brutalement son téléphone.
« - C'est Arthur Durand. Il demande si on a besoin d'aide pour cette histoire avec Feyyaz Tamar.
- Le mieux c'est de régler ça entre nous. Répond Samo alors que je fronce les sourcils.
- Et qui en a parlé à Arthur Durand ? Ils me regardent tous. Je croyais que personne n'était au courant.
- Je ne lui ai rien dit. Me dit Enes. Et vous les gars ? Ils secouent la tête. Hava ?
- Non, de toute façon, je n'ai parlé qu'à Maria, et c'est tout. Peut-être qu'il écoute vos conversations téléphoniques.
- Impossible. Lui répond Mucho. Personne ne peut le faire. Et si Arthur et Feyyaz travaillaient ensemble ?
- Pas seulement lui. J'interviens en soupirant. Et si toute la bande d'El Khiari à la réunion travaillaient pour Arthur Durand ? Enes me regarde longuement. Pour t'arrêter. Parce que tu ne cesses de monter en puissance.
- Donc l'État est contre Mero ? M'interroge Talha.
- Peut-être pas l'État, seulement Arthur Durand et peut-être quelques uns. J'en sais rien. Mais ce mec n'est pas net. Personne ne lui a parlé de cette affaire. À moins que vous en ayez parlé à quelqu'un et qui l'a répété un peu partout, là, c'est normal qu'il soit au courant. Je souffle et je regarde Enes. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Je vais demander à Sajid de vérifier si quelqu'un a pu en parler. Si vraiment c'est le cas, que cette personne ne veut pas venir m'en parler, alors croyez-moi, je vais lui faire regretter d'être né. Si personne n'en a parlé, alors je vais devoir m'occuper d'Arthur Durand et de Feyyaz Tamar en même temps.
- Je vais aller appeler les gars qui travaillent avec moi pour savoir s'ils ont parlé de cette histoire de conteneur à quelqu'un. »
Hava se lève et elle s'en va, Emirhan décide de la suivre, il descend en bas avec elle. Les gars sortent du bureau, ils retournent chacun à leurs affaires, moi je me lève et je m'approche d'Enes, je m'assois sur son bureau, lui il tourne le stylo dans sa main. Qu'est-ce qui le tracasse ? Le téléphone du bureau sonne, je le prends et je réponds pour éviter à qui que ce soit d'entendre la voix énervée d'Enes. En plus, ce n'est pas un appel important, juste la validation du transfert. Je raccroche et je regarde Enes qui regarde dans le vide.
« - Ils ont confirmé le transfert pour l'Italie.
- Je n'en ai rien à faire.
- Enes... Ne te prends pas la tête pour si peu.
- Si peu ? Il tourne sa tête pour me regarder. L'État veut m'éliminer, c'est peu ça ?
- Pourquoi s'ils voulaient t'éliminer, ils ont voulu travailler avec toi ?
- Je ne sais pas.
- Je ne pense pas que ce soit l'État mais plutôt un groupe de traître. Des traîtres, il y en a partout, même au sein de l'État.
- Oui. Mais je ne sais pas si je dois leur en parler.
- On va attendre. Il y aura sûrement l'occasion de mettre fin à tout ça. Je commence à jouer avec sa barbe. Je n'aime pas te voir comme ça. Il me fait un petit sourire.
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Criminel
RomantikUn an éloignée de ma ville pour aller à la campagne, et je suis devenue une autre personne. Bien sûr, je n'ai jamais voulu changer, j'étais bien dans ma peau, mais j'ai dû renoncer à tout ça quand lui, celui avec qui je me sentais bien, m'a finaleme...
