XVIII

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Mero ne veut vraiment plus que je travaille à l'hôtel, il m'a appelé à son bureau pour me parler, du coup, j'ose espérer qu'on va parler de ça. Ça ne me dérange pas de travailler à l'hôtel, mais lui, il ne veut pas que sa fiancée s'épuise avec ça. C'est touchant, bien évidemment, mais il ne devrait pas en faire trop non plus, parce que ce n'est pas une honte de travailler, bien au contraire, la honte c'est de profiter de l'argent de quelqu'un, et je ne veux pas profiter de son argent.

Je descends de ma voiture, je réajuste ma veste sur mes épaules et je regarde les autres voitures autour. C'est sûr que la mienne ressemble à rien à côté des leurs, mais ce n'est pas ça qui compte, ce qui compte c'est d'en avoir une. Je rentre dans le bâtiment pour monter à l'étage de leur bureau. Je rentre à l'intérieur, il n'y a personne, Mero est seule assit devant son bureau, il se lève et il vient déposer un baiser sur ma joue.

« - Tu veux quelque chose à boire ?

- Non, c'est gentil. On s'assoit tous les deux, il vient s'asseoir sur la chaise qui se trouve en face de la mienne devant son bureau. Je voudrais parler de l'hôtel.

- Tu tiens vraiment à y travailler ? Je hoche la tête. Très bien, tu seras la manageuse.

- Mais... C'est Stéphanie qui travaille à ce poste.

- Je vais lui trouver un autre job.

- Non, Mero. Tu n'as pas le droit. Je peux très bien me trouver un autre job.

- Mais je ne veux pas que tu t'occupes de ce genre de chose. Il réfléchit un moment puis il lève sa tête vers moi. Tu t'occupes très bien de mes affaires, tu n'as qu'à venir travailler ici. De toute façon, tu connais tous les garçons qui travaillent avec moi.

- Travailler en tant que quoi ?

- Tu gères tout. Tu contrôleras les échanges, mes conteneurs, mes livraisons, l'argent qui rentre et qui sort. Tu en penses quoi ?

- C'est pas mal, j'ai toujours été douée avec la paperasse. Mais tu es sûr ? J'ai peur de faire des erreurs.

- Un gars m'a déjà fait perdre cinq cent mille euros. Et je te fais confiance. Alors ?

- C'est d'accord. Mais il est où le contrat ? Et les horaires ?

- Sois patiente un peu. Tu pourras commencer quand tu veux, et les horaires ne sont pas fixes, tu peux commencer le matin comme l'après-midi et finir le soir comme la nuit.

- Joue-moi un seul petit tour et tu verras ce que je te fais. »

Il rigole et il prend mes mains entre les siennes, je le regarde avec un petit sourire que j'essaye de dissimuler, mais son sourire m'en empêche. Quelqu'un tousse, je retire rapidement mes mains, je vois Tarik, il nous salue poliment et il va prendre une petite valise pour ressortir. Tarik a changé, il n'est plus comme avant, il est silencieux, il ne parle presque plus. Enfin, on a tous changé en un an, on est devenu de nouvelles personnes, Mero est plus dangereux qu'avant, je suis plus mâture alors que je ne connaissais même pas le sens du mot mâture, et les autres ont prit du caractère. Mero se lève, il va chercher quelque chose dans le tiroir de son bureau puis il revient vers moi.

« - Prends ça. Il me montre la clé d'une voiture. Regarde, cette fois-ci, elle n'est vraiment pas neuve, c'est une des voitures que j'ai.

- Pourquoi la voiture que j'ai te dérange ?

- Parce que je me sens mal de vivre dans le luxe sans toi.

- Plus tard, je te le promets. Pas maintenant.

- Tu me l'as promis.

- Oui. »

Il sourit et il me fait signe de le suivre, on se lève pour sortir et on monte dans sa voiture, on abandonne la mienne ici. Mero conduit je ne sais où, il aime bien surprendre, on discutait mais il reçoit un coup de fil. C'est Mucho, il décroche et il lui parle avec un sourire. Sourire qui disparaît petit à petit, je ne comprends pas ce qui se passe, mais il change d'expression, il est énervé maintenant. Et il ne dit rien ! Je ne sais même pas ce qui se passe, il raccroche sans rien dire, il range son téléphone dans sa poche et il continue de conduire dans le plus grand des silences.

CriminelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant