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Je fais les courses avec Simay, ma belle-mère est partie chez Sibel, elle va rester là-bas, elle veut lui tenir compagnie parce qu'elle ne gère pas très bien la grossesse, elle vomit beaucoup et ne se sent pas très bien. C'est surtout à cause du stresse, elle est constamment stressée pour Mucho, il est en danger et le savoir la met dans tout ses états. Je la comprends... Et je veux que ce bébé vienne au monde en bonne santé. Elle va commencer son troisième mois, il faut que tout se passe très bien.

Pendant qu'on fait les courses, je remarque que Simay est silencieuse, elle réfléchit à quelque chose, mais je ne vois pas ce que ça peut être. Je suis beaucoup absente à la maison, en même temps c'est compliqué avec tout le travail que j'ai au bureau. En plus, Enes n'arrête pas de créer de nouveaux transferts, surtout depuis qu'il a acheté cette entreprise de logistique. J'essaye de m'en sortir aussi bien que je peux, même si ça commence à être compliqué. Je donne un petit coup d'épaule à Simay et je l'interroge du regard.

« - Ton beau-père veut que je me marie. Je regarde Simay avec un grand sourire. Cache ta joie, moi je ne veux pas.

- Mais pourquoi ? Il n'est jamais tard.

- Je ne me vois pas commencer une vie avec quelqu'un, et surtout, partir loin de vous.

- Oh crois-moi, Enes ne te laisserait jamais partir.

- Je t'ai dit de cacher ta joie.

- Mais tu imagines ? Tu seras heureuse avec lui. Elle s'arrête et me regarde avec incompréhension.

- Je ne t'ai même pas dit de qui il m'a parlé parce qu'il ne m'a pas dit qui il a en tête.

- Oh... Je le sais peut-être. J'ai peut-être ma petite idée.

- Alors ? C'est qui ?

- Donc tu t'y intéresses. Quand je rigole elle finit par rire.

- Je veux au moins savoir si c'est quelqu'un à ma hauteur.

- Oui, c'est sûrement ça. Elle me donne un coup d'épaule et je continue de me moquer d'elle. Il pense à Bekir.

- Le fils de son frère qui est décédé ?

- Oui. D'accord, il ne fait rien de spécial à part être le garde du corps de papa, mais c'est déjà ça.

- Il est pas mal. Je la regarde d'un air choqué et elle finit par rire. Arrête. Peut-être qu'il ne veut pas. Peut-être que c'est juste l'idée des vieux.

- Et bien... D'après Sibel et maman, il te regarde avec des yeux doux. Et puis, il habite dans la petite maison juste à côté de la nôtre, ça ne serait pas embêtant pour toi aussi.

- Ma belle, j'ai 32 ans, je suis avec vous depuis un an et demi, je ne l'ai jamais vu me regarder.

- Enes l'a menacé. Elle est très étonnée. Il l'a vu te regarder, il lui a dit que s'il ne peut pas lui faire confiance, il le renvoie en Turquie.

- Donc ce petit égoïste empêche les gens de s'approcher de moi. On explose de rire toutes les deux. S'il le veut vraiment, il viendra à moi. »

J'ai un sourire en coin, elle avance et je la suis avec une grande joie. Je veux voir les gens autour de moi heureux, je veux qu'ils le soient tous. Même si certains ont des douleurs qu'ils ne vont jamais oublier, comme Emirhan. Il a vécu une chose horrible, j'espère qu'un jour il sera très heureux lui aussi, en tout cas, je ferais tout pour qu'il soit heureux.

On sort du magasin, on range les courses dans la voiture et je conduis jusqu'à la maison. On n'arrête pas de parler de Bekir dans la voiture, d'ailleurs en arrivant à la maison, on arrive en même temps que la voiture de mon beau-père. Ils descendent avec Bekir, j'essaye de ne pas sourire, Simay devient toute rouge et elle me fait les gros yeux pour que j'efface le sourire que j'ai sur mon visage. On descend de la voiture, je les salue chaleureusement et Bekir vient pour nous aider à débarrasser les courses.

CriminelOù les histoires vivent. Découvrez maintenant