3éme Bonus

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Jacob 


Lorsque j'ouvris les yeux ce matin, la lumière douce de l'aube filtrait à travers les volets entrouverts pour dessiner des motifs dorés sur les draps froissés. La maison était calme, paisible, comme suspendue dans un entre-deux fragile avant que la journée ne s'enclenche.

À mes côtés, Enzo dormait encore, son souffle lent et régulier. J'observai son visage détendu, ses traits adoucis par le sommeil, et je souris. Mon doigt effleura sa joue ; une caresse légère pour ne pas troubler son sommeil.

Dix ans ensemble, et jamais je n'avais ressenti la moindre lassitude. Nous avions bâti une vie qui ne ressemblait à aucune autre, où la banalité du quotidien se mêlait à notre dynamique de couple atypique.

Je me levai avec précaution, l'esprit déjà tourné vers notre routine matinale. Aujourd'hui, Aïla avait école, et il était hors de question de la laisser traîner sous la couette trop longtemps. Le chaos matinal n'était pas une option, pas après les efforts qu'Enzo et moi avons déployés pour instaurer une certaine discipline dans cette maison.

En passant devant sa chambre, j'ouvris la porte avec toute la délicatesse d'un cambrioleur professionnel. Ma fille de six ans dormait profondément, roulée en boule dans ses couvertures, son petit poing glissé sous sa joue. Ses cheveux noirs s'éparpillaient sur l'oreiller comme une constellation d'étoiles. Mon cœur se serra toujours en la voyant ainsi. C'était fou à quel point on peut aimer un petit être si fort.

Je m'accroupis près d'elle, et glissai doucement une main sur son front pour l'éveiller.

—Debout, petite étoile. Il y a école aujourd'hui.

—Cinq minutes, Dada... marmonna-t-elle en se retournant.

Ah, ce surnom. C'était elle qui l'avait inventé toute seule, petite, pour me différencier d'Enzo qu'elle appelle « Papa ». Et depuis, c'était resté. Je l'aimais encore plus quand elle m'appelait ainsi.

—Si tu descends maintenant, Papa t'apprendra à faire griller les toasts. Tu sais, les bons toasts, bien croustillants.

Elle entrouvrit un œil, l'air intéressé. Enzo avait toujours eu ce talent pour la convaincre de sortir du lit. Les toasts magiques, comme elle les appelle. Je souris et l'aidai à se lever, troquant ses pyjamas licornes contre un jean et un pull à motif d'arc-en-ciel.

Nous descendîmes ensemble les escaliers, main dans la main, et déjà l'odeur du petit-déjeuner vint nous accueillir. Bacon, œufs brouillés, toasts grillés... Mon estomac grogna en guise de salut à ce rituel du matin.

La cuisine était baignée de lumière, et Enzo, fidèle à lui-même, s'affairait devant les fourneaux dans un simple bas de jogging noir. Ses épaules se tendaient à chaque mouvement précis, ses bras se contractaient alors qu'il retournait le bacon avec habileté. Je m'arrêtai un instant, absorbé par la beauté brute de cet homme que j'aimais depuis plus d'une décennie.

—Tu comptes rester planté là à me mater longtemps ? lança-t-il sans se retourner.

Je levai les yeux au ciel. Évidemment qu'il m'avait remarqué.

—Si tu veux que je te reluque moins, mets un t-shirt.

Il rit doucement, et sa voix grave fit vibrer l'organe dans ma poitrine. Enzo avait toujours été cet homme solaire, qui illuminait une pièce dès qu'il y entrait. Il était le genre de personne qui trouvait une raison de rire dans presque toutes les situations. Il n'avait rien à voir avec Ayden, mon premier dominant, qui avait été un guide strict mais efficace, me permettant de remonter à la surface lorsque je me noyais.

Catharsis [Spin-off]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant