EmilieAW

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Au détour d'un café

« Il n'y a rien de pire que d'aimer quelqu'un qui n'arrête pas de vous décevoir » - Dr House.

En ce premier jour de décembre, je décide de prendre de bonnes résolutions dont la plus importante : Fini le café !

Tout mon entourage pense que je suis dopée au café. Après tout, ils n'ont peut –être pas tort.

Le café me réveille le matin. Quand j'ai un coup de mou, un café. Quand je vais bien un café. Le café, j'aime l'entendre passer dans la cafetière. J'aime sentir l'odeur du café fraichement moulu. J'adore la sensation du café chaud qui passe de ma bouche, où mes papilles gustatives sont en ébullition, à mon estomac. Cette chaleur, aucune autre boisson chaude ne m'a procuré un tel bonheur.

Bon ! Ok ! Je suis peut-être légèrement accro, raide dingue, folle de café.

Il est maintenant 7h37' et je vais déjeuner, pour la première fois depuis plus de vingt ans sans café. J'opte pour un jus de fruit frais.

Quelle idée j'ai eu là ? Je m'impose de ces choses parfois. Combien de temps vais-je tenir ? Je n'ai plus le temps de me poser ces questions, je vais rater mon bus si je ne me dépêche pas.

Le trajet se passe comme à son habitude. Il y a ceux que j'appelle les « matinaux ». Vous savez, ce sont les personnes que vous croisez tous les matins pour aller au boulot ou à l'école. Vous connaissez leurs habitudes matinales par cœur. Vous savez qu'ils ont un frère, deux tantes mais vous ne connaissez pas leur nom et à vrai dire tout le monde s'en fout. Personne ne se parle et j'ai l'impression que c'est très bien comme ça.

Je descends du bus, me dirige vers la gare en passant par le tunnel. J'arrive sur la voie 9. Le train est déjà là. J'y monte. Ce train me déposera à Namur.

Ha Namur ! Quelle belle ville ! Il y a une couche de givre, un manteau blanc brillant sur la ville. Le temps refroidit et pour me réchauffer un ... café.

Ah non !!! Je ne peux pas. Je ne peux désespérément, tout simplement pas abandonner si tôt.

Je me dirige vers mon lieu d'étude, la faculté des sciences. Dans l'amphithéâtre dans lequel je me trouve, il y a des étudiants, beaucoup d'étudiants et surtout des étudiants fatigués. Qui dit étudiants fatigués, dit ... café !

J'envie mon voisin et son café pendant mes quatre heures d'anatomie comparative. J'adore ce cours mais j'aime encore plus le café.

La pause de midi arrive à point nommé. Je sors prendre l'air et que vois-je ? Un stand de café. Le monsieur m'appelle par mon prénom. Bizarre ! Il dit qu'il est là parce que Dean doit se faire pardonner. Je lui réponds que ce n'est pas la peine, qu'il peut partir et que je ne veux pas de son café. Furieuse, je passe outre le stand de café et fuis.

Il est maintenant 13h et j'ai encore trois heures de cours : biologie végétale. Je sors de mon cours et le stand est toujours là. Je dis au cafetier que je suis pressée et que j'ai un train à prendre. Je me dirige donc vers la gare. Mon train a du retard. Comme c'est étonnant ! C'est tous les jours la même chose. Après 1h d'attente, je suis sur le point d'éclater, de craquer, je n'en peux plus. Je résiste et monte dans le train pour rentrer à la maison.

Quel ne fut pas mon étonnement de découvrir Dean en bas de l'escalator, deux cafés à la main. Je décide l'ignorer. Je ne veux pas lui parler et je ne veux pas de son café. Il m'interpelle :

Je suis désolé, je t'aime. Si tu as encore des sentiments pour moi, si tu ne me déteste pas, on pourrait aller discuter ... autour d'un café.

Après tout, tant pis pour le café et la résolution de ce matin, je préfère discuter avec lui plutôt que de me battre intérieurement pour du café. 

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