Partie soixante cinq

7.9K 459 39
                                        

La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.

~~~ Point de vue de Jared. ~~~

Ça fait quatre jours exactement qu'elle a appris la nouvelle. A ce stade, personne ne peut comprendre ce que je ressens autant professionnellement que dans ma vie en dehors des shooting photo. Un coup de fatigue, une nuit trop arrosée après le boulot et c'est soudainement la prise de conscience qui s'installe en reproduisant le même geste à la maison. A la base, on trouvait ça marrant avec Marvin. Pas de prise de tête, juste de la rigolade et être stone comme pas possible puis c'est partie dans de la connerie pure et dure.

— J'habite avec toi dans cette maison ? Demande June en regardant le salon de ses yeux brillants comme deux radars.

— On en a jamais vraiment discuté tous les deux, mais entre autre oui, tu vis ici.

Silencieuse, elle scrute au peigne fin l'ensemble de la maison en reportant finalement son attention sur un cadre de nous deux. Pourquoi il est là d'ailleurs ? Je crois que c'est la seule photo visible dans cette baraque.

— Ton dix neuvième anniversaire. Précisai-je en pointant du doigt son sourire. Je te rappelle au passage que tu m'as forcé à nous prendre avec ton portable pourri.

— On a pas tous un portable de dernière technologie, Collins.

Elle râle mais repose doucement le cadre à la même place en visitant les lieux comme ci c'était la toute première fois qu'elle venait ici. Je m'invente guide touristique en lui montrant tout ce qui pourrait être susceptible de stimuler ses souvenirs. Ma chambre, la piscine où je me rappelle encore des problèmes avec les voisins qui apparement disaient qu'ils n'avaient pas besoin d'entendre notre vie sexuelle. Depuis nous ne sommes jamais retournés dedans.

— Là j'ai vraiment honte.. Soupire-t-elle des ses joues qui virent soudainement aux rouge cramoisi. Tu as raison en disant que notre relation est toxique.

— J'ai mis un coup de poing au voisin juste après mais ça tu ne t'en souviens pas non plus.

Elle me regarde horrifiée en me donnant un petit coup de coude dans la cage thoracique. Mon souffle se coupe automatiquement et les douleurs reviennent au triple galop.

— Merde, désolée..

— J'ai rien senti de toute manière.

Faux, archi faux, je souffre actuellement le martyre mais je fais genre que tout va bien parce que je ne veux pas qu'elle pense que je suis une tapette. Je traverse le jardin fièrement sous cette respiration irrégulière est douloureuse en rejoignant la salle de bain où je mens en disant que j'ai une envie pressante.

— Je peux boire quelque chose en t'attendant ?

Je montre la cuisine d'un doigt en souriant.

— Fait comme chez toi boulette, il y a de la merde partout dans ses placards.

Je me casse le plus rapidement possible en refermant la porte derrière moi. Je m'accoude contre le lavabo en tentant de reprendre une respiration convenable mais ça me parait tout bonnement impossible. Les douleurs sont insupportable depuis son coup involontaire. J'ouvre mes deux placards au-dessus de la vasque en regardant la boîte de cachet presque vide qui se trouve dedans.

« Non putain pas maintenant gros con. »

Le petit ange qui se trouve dans un coin de ma tête me fait renoncer à cette envie mais le diable de l'autre côté m'appelle dangereusement.

« Depuis quand tu veux faire bonne impression ? Personne ne t'en voudras. »

Vous savez qui est le gagnant de ce combat inhumain ? Ouais trop facile, j'ai déjà les deux pieds devant la porte de mon ami le diable.

— La dernière fois, après j'arrête.

Je chuchote ses mots à moi-même en buvant a même le robinet. Je respire un bon coup et passe la porte de la salle de bain en attendant que les antis-douleurs prennent le dessus. Il ne me faut pas moins de cinq minute pour me sentir mieux. Je retourne dans la cuisine en retrouvant June qui se goinfre comme si elle n'avait pas fait un vrai repas depuis plus d'un siècle.

— Désolée, j'abuse mais c'est trop bon..

Julia ma gouvernante rentre à ce moment-là avec une petite dizaine de ballons dans les mains. Elle sourit de toute ses dents en me prenant tout d'un coup dans ses bras. Je reste de marbre en me raidissant à ce contact soudain, elle s'excuse en se rappelant certainement que je n'aime toujours pas les effusions affectives.

— Comment tu vas mon garçon ? Me demande-t-elle en prenant mon visage dans ses mains. La maison est beaucoup trop vide sans toi, je suis heureuse que tu sois là.

J'indique June d'un mouvement à peine perceptible du visage qui semble gênée de ce faire un festin devant une inconnue. Elle a déjà croisée une ou deux fois Julia mais beaucoup trop timide, elle n'ont jamais vraiment fait la conversation.

— Oh pardon June, comment te sens-tu depuis ta greffe ?

— Je me sens bien merci.. Mes souvenirs se confondent encore mais je suis contente d'être sortie de l'hôpital.

Le visage de Julia change soudainement en semblant comprendre qu'elle ne se rappelle plus d'elle. Je suis conscient que c'est douloureux, ça m'a fait la même chose en la retrouvant.

— Alors tu ne te souviens plus de personne ? Demande-t-elle en me jetant un coup d'œil. Pas même de Jared ?

— Vaguement.. Je me rappelle de son visage mais pas de la relation que nous avions avant mon accident.

Toutes les deux reste silencieuse gênée de la situation. Putain j'espère qu'elle se rappellera rapidement de nous dans le temps.

My only one Des histoires addictives. Découvrez maintenant