Partie quarante huit

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Toute ce qui ne te tue pas te rend plus fort.

~~~ Point de vue de June. ~~~

Nous sommes tout deux silencieux en rentrant dans un parking de boîte de nuit. Je sais qu'il ne cherchait pas à être blessant mais je me suis sentie comme une moins que rien à ce moment-là. Personne n'avait jamais fait ça avant à mon intention et même si mon humiliation a été grande, il voulait simplement que ma première fois soit exceptionnelle. Je ne lance pas la première pierre, aujourd'hui Jared Collins a fait des progrès, il a été un homme.

— Je vais être honnête avec toi, Juno. Me dit-il soudainement en retenant ma portière de s'ouvrir. Avant toi, je ne voulais pas de relation exclusive tu vois ce que je veux dire ? Il n'y a même pas une semaine, j'ai encore tout foiré et je me suis perdu dans le lit de quelqu'un d'autre.

La bile me remonte soudainement dans la gorge mais il me fait signe de me taire à une deuxième reprise en poursuivant ce qu'il appelle être honnête. Je ne vois pas ce qu'il pourrait me dire de plus violent maintenant que des images d'eux dans un lit me chamboule la tête.

— Le soucis ne vient pas de toi, mais de moi. Je ne peux pas être ta première fois pas parce que je n'en meurs pas d'envie mais parce que je ne te rendrais pas service.

— Je dois te dire merci ?

Je reste de marbre mais la colère gronde plus fort encore maintenant que Marvin tape joyeusement à la fenêtre de la voiture.

— Tu veux que je te dise quelque chose ? Dis-je en me retenant de faire une crise monumentale sous les yeux de ses amis. Tu ne me viendrais même pas à l'esprit en dixième position alors autant te dire que je préfère me faire tout les mecs de cette boîte plutôt que d'une relation exclusive avec toi.

Totalement faux mais tellement bon de lire la colère dans ses yeux. 

— Tu vas où comme ça ?

— Faire la fête, boire parce que je suis assoiffée et faire ma fille facile sur la piste de danse. Ça te suffit ou je continue encore ?

Il voulait que je m'amuse alors autant dire que je ne compte pas faire dans la dentelle aujourd'hui. Marre d'être naïve, d'être cette femme ennuyeuse qui préfère lire un bouquin plutôt que de vivre. S'il voulait m'apprendre en dix leçons qu'elle femme je dois être alors je préfère qu'il soit au courant que cette nuit sera celle de toute une vie.

— Tu es au courant que c'est un terrain dangereux ?

Je sors de la voiture en faisant doucement descendre mon soutien-gorge devant un Marvin bouche grande ouverte et bave de chien qui dégouline.

— Une partie en trois manche, ça te va ?

Je referme la portière brutalement prête à rendre la monnaie de sa pièce à ce garçon qui m'exaspère autant qu'il me plait.

— Elle fume du crack maintenant ? Demande Marvin à son ami en me suivant.

— Une bonne crise d'adolescence surtout.

Je joue ma rebelle mais je suis totalement consciente qu'il me faudrait minimum une bouteille à moi toute seule pour avoir le courage de faire quelque chose comme ça.

— Qu'est-ce que tu as fait encore ?

Marvin cherche toujours un indice en rentrant dans la boîte déjà noire de monde. On s'amuse comment déjà dans une boîte à sardine où tout le monde se grimpent dessus ? Le shoot que je commande directement a une petite serveuse est immonde mais elle m'accompagne dans cet excès de folie.

— Qu'est-ce qu'elle fait avec Jared Collins celle-là ? Demande soudainement une femme à une autre en me regardant. Le niveau tombe bien bas, elle n'est même pas jolie.

— Je te rassure, il ne disait pas ça tout à l'heure pourtant. Me marmonnai-je pour moi-même.

Je commence à comprendre son impact important dans la société en regardant ses femmes qui pleurent à chaude larmes en cherchant à faire une photo. Il m'embrassait il y a peine une heure et maintenant je suis tout bonnement inexistante à ses yeux.

— Viens June, on ne reste pas là.

Marvin m'appelle depuis des escaliers avec à sa suite mon bourreau des coeurs qui s'enfile une veste à capuche qu'un agent de sécurité lui donne.

— Peut-être une autre fois, merci quand même.

Nous ne sommes pas ensemble mais apprendre de but en blanc que sa dernière nuit en compagnie d'une femme remonte à notre dernière dispute me donne encore plus de chagrin qu'il ne le devrait. Je veux juste qu'il comprenne que je ne suis pas un objet et que je peux rendre la monnaie de sa pièce si cela s'avère être nécessaire.

— Il va être fou, June. Me dit-il soudainement en s'avançant comme une furie jusqu'à moi. Je le connais depuis toujours, alors je ne sais pas ce qu'il a encore fait mais s'il te plaît, ne rentre pas là-dedans.

— Je t'aime bien, vraiment mais occupe-toi plutôt de ton ami avant de le faire avec moi.

Les petites secousses qu'il me donnait s'arrête soudainement à ses mots. Je joue avec des flammes qui me brûlent déjà les doigts mais mon chagrin est si violent que j'ai besoin de ma revanche.

— Comme tu veux.

Il n'insiste pas en rejoignant Jared déjà en haut.
Ma nouvelle copine barman ou ainsi dire de beuverie me redonne à boire jusqu'à être écœurée de toute cette boisson. Apres cette quantité astronomique dans mon organisme, je commence enfin à me prendre au rythme de la musique sans enfreindre aucune règle.

Monte maintenant, tu as assez fait le show.

Son message ridicule me fait bizarrement sourire. Depuis le haut d'une balustrade, il m'observe de cette expression de visage que je connais que trop bien. Ses lèvres sont pincées en formant une moue boudeuse qui me chavire le cœur comme à chaque fois que je le regarde.

Regarde bien alors parce que je ne suis pas prête de m'arrêter.

Nos regards se croisent une nouvelle fois et c'est tout naturellement que je danse lascivement au rythme de la musique. Même dans ce moment, c'est une bulle que nous nous formons où il n'y a que nous deux qui comptons aux yeux de l'autre.

My only one Où les histoires vivent. Découvrez maintenant