Chapitre I (6/6)

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Finalement elles ne regardèrent absolument pas le film et passèrent les deux dernières heures qui les séparaient de la séance de massages à se remémorer les meilleures moments qu'elles avaient vécues toutes les quatre, et il y avait de quoi faire entre les histoires à dormir debout de Gabrielle, le bourdes de Margot, le perles entendues par Clémentine à la librairie et les blagues magiques d'Aurore c'était toujours un joyeux bazar quand elles se retrouvaient. Ce moment de détente permis à la jeune libraire de ne pas penser aux voix qu'elle entendait continuellement dans son esprit, et au travail monstre qui l'attendrait lundi matin lors de l'ouverture de la boutique, cela lui fit le plus grand bien et la pression qui pesait sur ses épaules se relâcha un peu plus.

Quand il fut l'heure de descendre à l'espace SPA de l'hôtel les quatre amies étaient toujours en train de rire comme des tordues, ce qui leur valut des regards noirs de la part des clients qu'elles croisèrent dans les couloirs. Une fois les portes du centre de détente passées elles se mirent à chuchoter jusqu'à ce que les masseuses les appels afin qu'elles profitent de leurs deux longues heures de massages. Margot avait réservé un massage du dos et un soin du visage pour chacune qui correspondait au traitement dont leur peau avait besoin. Quand elles sortirent de là à dix-neuf heures trente passée elles étaient totalement détendues et Clémentine avait l'impression de flotter sur un petit nuage. Depuis le début de l'après-midi elle avait, comme par miracle, réussi à occulter les petites voix qui parasitaient continuellement son esprit, à l'exception de celles des masseuses et de ses amies mais c'était toujours moins gênant que d'entendre celles de tout l'étage. Le massage du dos lui avait fait le plus grand bien, et la peau de son visage était aussi douce et rebondie que celle d'un bébé, elle se sentait reboostée et prête à tout affronter. Elle enfila le peignoir moelleux dans lequel elle avait envie de passer le restant de ses jours qui était fourni par le SPA et rejoignit ses amies qui attendaient dans le sas d'entrée.

-Bon dieu Margot c'est le meilleur anniversaire de ma vie, s'exclama Aurore avant de lui faire un énorme câlin, merci mille fois !

-Je suis ravie que ça vous plaise, il faudra qu'on fasse ça plus souvent alors. Pour ce soir je n'ai pas réservé de repas au restaurant de l'hôtel je pensais qu'on pourrait se balader en ville et se trouver un petit endroit sympa pour le dîner.

-Ça me tente bien ! On se prépare toutes ensembles comme on le faisait quand on sortait en boîte ?

-Ouais ! Ça fait un moment qu'on a pas fait ça dit donc, on avait vraiment besoin de ce week-end pour se retrouver

-C'est bien pour ça qu'on a décider d'instaurer les rendez-vous au Quartier Général au moins une fois par mois, histoire de continuer à entretenir la flamme qui brûle entre nous

-Oh c'est beau ce que tu dis Gab ! Ok savait qu'Aurore avait un petit côté fleur bleue comme Clémentine mais toi...

-C'est mon petit côté poétique ! Quoi qu'il en soit, allons nous préparer sinon il n'y aura jamais de places aux restaurants qui sont sur le bord de mer.

Les quatre amies se réunirent dans la chambre de Margot et Clem pour y lancer une playlist emplie de nostalgie avant de se maquiller pour sortir. Elles enfilèrent leurs plus jolies tenues apportées spécialement pour l'occasion et firent quelques photos à partager sur les réseaux sociaux puis elles se mirent en route afin de trouver le meilleur restaurant dans lequel fêter l'anniversaire de leur meilleure amie. Les quatre jeunes femmes finirent par s'arrêter dans un établissement situé sur les bords d'une falaise avec une vue plongeante sur la mer en contrebas. Elles y prirent le meilleur repas de toute leur vie, non pas pour la qualité de la nourriture qui était pourtant excellente, mais pour toutes les confidences sincères qu'elles s'y firent. Aurore eut même le droit au « joyeux anniversaire » en chanson pour achever de marquer le coup lorsque les serveurs apportèrent leurs desserts. Clémentine ressortit du restaurant des étoiles plein les yeux et plus heureuse que jamais. Elle se sentait aussi particulièrement chanceuse d'avoir trouvé des amies avec qui elle s'entendait si bien et qui trouvaient le moyen de la faire sortir de sa zone de confort chaque jour que Dieu faisait. Et même quand elle était au plus mal elles avaient toujours réussies à lui remonter le moral peu importe ce qu'elles devaient faire pour arriver à leurs fins. C'est pour ça que ces trois filles étaient les meilleures personnes qu'elle avait jamais rencontré et elle souhaitait à tout le monde de parvenir un jour à trouver un groupe d'amis aussi exceptionnel que celui dont elle faisait partie. En sortant du restaurant elles s'enlacèrent les unes les autres et prirent la décision d'aller se balader au bord de l'eau pour profiter des derniers rayons du soleil.

Alors qu'elles marchaient le long de la plage les jeunes femmes décidèrent de s'arrêter prendre un dernier verre, avant de repartir à pieds jusqu'à leur hôtel. Elles s'assirent alors en terrasse et commandèrent leurs boissons et continuèrent de refaire le monde pendant une bonne demi-heure comme elles avaient l'habitude de la faire à l'époque. À la sortie du bar les jeunes femmes furent accostées par un groupe de vacanciers quelque peu éméchés mais pas bien méchants. Ils cherchèrent à leur payer d'autres verres avant de les emmener danser « jusqu'au bout de la nuit » mais les jeunes femmes, flattées sans être charmées, refusèrent poliment leurs avances. Clémentine qui était sans aucun doute la plus timide de la bande eût plus de mal à se dépêtrer de cette situation. Elle bafouillait, rougissait et ne parvenait pas à faire entendre raison au jeune homme en face d'elle, si bien qu'il continuait d'insister et chercha même à l'emmener sur la piste de danse. En esquivant alors son bras qui cherchait à lui attraper la taille, elle chancela et manqua de tomber.

Si elle n'avait pas été rattrapée in extremis par un jeune homme qui passait devant l'établissement, elle se serait retrouvée les quatre fers en l'air d'avant ses amies, hilares. Ce dernier la rattrapa par le poignet avant de la tirer d'un coup sec pour la remettre debout correctement. Le contact de sa main contre la peau nue de Clémentine la brûla comme si elle était parcourue par une décharge électrique, et elle se sentie soudain très lourde. Elle le remercia en bafouillant et retourna vers ses amies, penaude. Le jeune homme marmonna quelque chose et reprit sa route en enfonçant ses mains dans ses poches. Clémentine se sentait vraiment toute drôle depuis l'impact entre eux deux et ressentait soudain le besoin irrépressible de dormir. Elle mit cela sur le compte de l'alcool qu'elle avait bu ce soir et la fatigue accumulée depuis plusieurs mois mais une petite voix dans sa tête lui soufflait qu'il n'y avait pas que ça. Elle tenta de la faire taire en pensant à autre chose mais son cerveau n'avait à se concentrer sur rien d'autre que la sensation de brûlure qui émanait de son poignet et de la fatigue qui s'emparait d'elle.

-Ça va aller Clem ? T'as pas l'air bien, lui demanda Gabrielle

-C'est vrai que t'es toute blanche. T'aurai peut-être pas du prendre de quatrième mojito, on sait toute que tu supportes pas super bien l'alcool, renchérit Aurore un brin moqueuse

-Non mais ça va aller, je suis juste un peu fatiguée. Je ne me repose pas beaucoup avec la librairie. J'ai juste besoin de faire un petit somme et ça ira mieux demain.

Derrière elles Margot restait en retrait, mais elle avait bien remarqué que son amie n'était pas dans son état normal et que ça n'était pas juste dû à la fatigue. Elle connaissait Clémentine par cœur, ces deux là s'étaient rencontrées en maternelle et ne s'étaient plus jamais lâchées depuis, alors si quelqu'un pouvait savoir ce qui se tramait dans la tête de la jeune libraire c'était bien elle. Il fallait qu'elles aient une discussion toute les deux ce soir ou demain matin pour aborder l'état de santé de la petite brune qui lui apparaissait de plus en plus fatiguée et fragile. Les quatre amies rentrèrent rapidement à l'hôtel, non sans encombres puisque Clémentine avait vraiment du mal à rester debout. Une fois qu'elle eût passée la porte de sa chambre, elle retira rapidement sa veste et ses chaussures avant de s'écrouler sur le lit. Et puis plus rien.

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