La bonne humeur qui ne la quittait pas depuis son retour de leur petite virée près de Saint-Malo s'estompa néanmoins quand elle se souvint qu'elle ne verrait pas Grégoire avant le lendemain matin. Elle qui avait toujours adoré travailler seule dans sa petite libraire s'était finalement très vite habituée à la présence de son collègue et quand elle dû faire l'ouverture toute seule un drôle de sentiment s'empara d'elle. Toutefois un léger sourire vint étirer ses lèvres juste après qu'elle ai levé le rideau de fer quand elle reçu un message de Grégoire.
Ça va tu t'en sors sans ton collègue préféré ?
Bon courage pour aujourd'hui, j'ai hâte de te retrouver demain.
Profitant de l'absence de clients dans le magasin elle pianota rapidement sur son portable pour lui répondre. Pas de réparti cinglante, pas de barrières invisibles, non cette fois elle lui répondit sincèrement, sans avoir peur de quoi que ce soit.
Il n'y a pas foule pour le moment, je pense que je pourrais m'en sortir même si c'est plus sympa avec toi !
Merci. Repose toi bien de ton côté.
Tu me manques déjà.
Elle se ravisa finalement avant de cliquer sur la touche « envoi » et effaça les quatre derniers mots. Clémentine se sentait peut-être mieux vis à vis de tout cela mais peut-être pas encore au point de lui envoyer des messages de la sorte. Une fois le message envoyé elle rangea son portable dans sa poche arrière, au moment où le premier client du jour entrait dans la boutique.
La première partie de la journée de la libraire fût des plus tranquilles, quelques clients vinrent troubler son déballage d'office mais rien de bien important, la plupart venaient récupérer des commandes qu'elle se contenta de leur servir en discutant un moment avec eux comme à son habitude, avant de les laisser repartir vaquer à leurs occupations. Pour le déjeuner elle retrouva Maxime qui lui avait préparé un velouté de légumes absolument divin. Ce dernier profita de ce moment pour la questionner à propos de son après-midi de la veille qu'elle avait passée seule avec son collègue, et pour la première fois Clémentine n'eût pas envie de se livrer entièrement à son cousin et choisi de rester évasive. Elle savait très bien qu'il n'avait eu aucun rendez-vous avec aucun ami pour un quelconque canapé, il lui aurait dit en amont, et que son absence n'était qu'un de ses fameux stratagèmes pour leur laisser plus d'intimité. Évidemment elle était ravie du moment qu'elle avait passé avec Grégoire et c'était grâce à lui mais elle n'allait certainement pas lui avouer. Ou en tout cas pas tout de suite. Elle resta donc assez vague sur ce qu'ils avaient fait jusqu'à ce que le jeune homme reparte chez lui. Ses réponses étaient loin de contenter la curiosité de son cousin, elle pouvait le voir à son air agacé chaque fois qu'elle répondait à côté, mais il devrait s'en satisfaire pour le moment.
Elle repartie travailler accompagnée de Jack qui n'était pas contre une petite promenade et d'un Tupperware de cookies encore chaud que Maxime venait de lui préparer. Le jeune homme prenait de plus en plus ses marques à l'appartement, il s'y comportait comme s'il y avait toujours vécu à vrai dire, et la libraire était tout bonnement ravie de retrouver le lien qu'ils avaient eu pendant si longtemps et qui s'était peu à peu effacé quand son cousin avait prit le large. En plus de ça elle n'avait pratiquement plus besoin de faire la cuisine, et tout ce qui s'y rattachait par la même occasion, ce qui était plutôt plaisant elle devait bien l'avouer. Évidemment leur semblant de colocation ne durerait pas éternellement, le brun finirait par avoir envie de repartir vers de nouveaux horizons elle le savait, mais pour le moment elle comptait bien en profiter un maximum.
L'après-midi fût presque aussi calme que la matinée qui venait de s'écouler, le temps semblait d'ailleurs s'étirer à l'infini procurant à la jeune femme un sentiment d'ennui profond qu'elle n'avait pas ressenti depuis bien longtemps. Grégoire lui manquait vraiment. Fort heureusement pour elle sur les coups de quatre heures et demi -alors qu'elle étouffait un énième bâillement- elle vit arriver Nicole, un paquet de gâteaux sous le bras. À peine la vieille femme eût elle passée le pas de la porte que Jack vint lui faire la fête comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde. L'animal n'avait jamais eu de soucis avec le contact humain, il adorait passer son temps avec sa maîtresse à la librairie, mais il n'allait jamais jusqu'à se montrer aussi démonstratif. Quand madame Gasséli sortit de la poche de son manteau une friandise à lui donner, Clémentine comprit que c'était surtout son estomac qui avait parlé et elle ne put s'empêcher de sourire avant d'aller chercher les livres de sa cliente qui étaient rangés avec les autres commandes. Pendant ce temps là Nicole faisait un petit tour dans les rayons, sous l'œil attentif de Jack qui espérait qu'une seconde friandise se cachait dans ses poches.
-Je vous laisse regarder les deux nouveaux livres que je vous ai trouvé le temps que j'aille faire chauffer de l'eau pour notre thé. Seriez vous intéressée par des cookies maisons par hasard ?
-Oh ma petite Clémentine vous me prenez par les sentiments. J'avais apporté un paquet de biscuits mais je crois qu'ils ne rivaliseront pas avec les votre.
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Sixième Sens
General Fiction"La jeune libraire avait toujours un coup d'avance sur ses clients et devinait si précisément leurs besoins, à chaque fois, que les plus fidèles d'entre eux la surnommait « la magicienne ». "
