Chapitre XV (1/5)

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-Merde, lâcha la jeune femme en s'affolant, merde merde merde merde merde !

-Eh du calme, qu'est-ce qui se passe ? Questionna Grégoire

-Je, elle tenta de garder la tête froide et de ne pas s'affoler plus qu'elle ne l'était déjà, je ne suis pas en mesure de t'expliquer maintenant, il faut que tu appelles Maxime en urgence dit lui que j'ai oublié ma bague et qu'on a eu un contact physique il devrait comprendre. Je ne sais pas combien de temps il me reste avant de...

-Clémentine je ne pige rien à ton histoire là, tu commences à me faire flipper. Et combien de temps avant que tu quoi au juste ?! l'interrompit le jeune homme en haussant le ton

-Je ne te demandes pas de comprendre mais d'appeler Maxime avant que je ne fasse un malaise en plein milieu du magasin d'accord ?! S'écria-t-elle en perdant le peu de sang froid qu'il lui restait,. Écoute, reprit-elle plus doucement cette fois, je n'ai pas le temps de t'expliquer s'il te plait appelle le. Je sais exactement ce qu'il va se passer dans les prochaines minutes et je ne voudrais pas que ça arrive à la boutique. Il faut que tu me fasses confiance sur ce coup. Je suis désolée c'est de ma faute, d'habitude je ne sors pas sans cette fichue bague.

-Tu sais bien que j'ai entièrement confiance en toi Clém mais là t'es totalement en train de me faire paniquer pourquoi veux-tu t'évanouir ? Et c'est quoi cette histoire de bague ? Ça va ça va j'appelle Maxime pas la peine de me taper dessus et de me lancer des regards noirs là, dit-il en levant les deux bras devant son visage comme pour se protéger

-Merci. Pour les réponses à tes questions, tu les auras ne t'en fais pas. Je ne sais pas vraiment quand mais tu les auras. Il va falloir que tu te débrouilles sans moi aujourd'hui et probablement demain d'accord ? Ce n'est rien, ce n'est même pas aussi dramatique que ça en a l'air en vrai, j'ai toujours tendance à paniquer pour pas grand chose mais il faut juste que tu appelles rapidement Maxime. Dit lui de se garer dans la petite rue derrière le magasin ça sera plus pratique pour que je sorte. Je vais aller m'asseoir dans la réserve, reste là au cas où l'intérimaire arriverait s'il te plait, dit-elle en lui tournant le dos.

La libraire sentait déjà ses membres s'engourdir et la migraine la gagner. Cette fois au moins elle avait supporté le parfum de Grégoire c'était même à cette odeur familière et rassurante qu'elle s'était raccrochée pour garder un semblant de sang froid. Depuis le bureau où elle s'était assise au cas où elle tomberait dans les pommes plus vite que la première fois elle pouvait l'entendre appeler Maxime totalement en panique et lui répéter ce qu'elle lui avait dit. Ses mains tremblaient sans qu'elle ne puisse y faire grand chose, qu'elle idiote elle avait été d'oublier la bague. Et il avait fallu que ça arrive aujourd'hui évidemment comme s'ils avaient besoin de ça. Bon, au moins ça mettrait les choses à plat entre eux à propos de son don, mais elle aurait aimé que les choses se passent autrement. Comment expliquer à l'homme que l'on aime qu'on possède premièrement des sortes de pouvoirs magiques -bon ça à la rigueur il pourrait le comprendre puisque lui aussi en était doté mais tout de même c'était légèrement violent comme début de relation- et qu'un simple contact entre leurs deux corps provoque chez elle malaise et évanouissement sans parler de la perte momentanée de ses facultés ? Non vraiment comme début d'histoire d'amour on a vu mieux, pensa-t-elle la tête entre ses mains. Point positif de cette auto-flagellation: ça l'aidait à rester consciente, en espérant que cela dure jusqu'à l'arrivée de son cousin. Elle soupira et essuya les larmes qui perlaient au coin de ses yeux tout en continuant de se maudire intérieurement. La jeune femme se serait bien tapé la tête contre le bureau comme pour se punir de cet oubli capital mais elle ne s'en sentait pas la force. Et ce pauvre Grégoire qui ne comprenait rien à la situation, le pauvre elle lui en faisait décidément voir de toutes les couleurs.

Ce dernier passa d'ailleurs sa tête dans l'embrasure de la porte au moment où elle poussait un énième soupir à la fois rageur et désespéré. Lorsqu'il la découvrit les yeux pleins de larmes il ne put s'empêcher de rentrer dans la pièce pour aller la rassurer mais s'arrêta à côté d'elle comme arrêté dans son geste par une force invisible.

-Euh, je..., il se mordit la lèvre et chercha ses mots quelques instants, j'ai le droit de te prendre dans mes bras ou pas? Vu l'effet que ça t'as fait tout à l'heure je ne suis plus trop certain de pouvoir le faire... Et je ne voudrais pas que ça aggrave ton cas même si j'ignore totalement ce qui t'arrive.

-Très honnêtement je n'en sais rien, répondit-elle en essuyant une larme qui roulait sur sa joue d'une main tremblante, mais je suppose qu'il ne vaut mieux pas tenter l'expérience. Pourtant j'adorerais me blottir contre toi là maintenant tout de suite, ajouta-t-elle le regard triste

La réponse de la jeune femme sembla fendre le coeur du jeune homme au moins autant que le sien. Elle aurait tout donné pour sentir ses bras autour d'elle et profiter de sa chaleur corporelle pour se réchauffer un petit peu vu qu'elle était totalement frigorifiée, mais elle devrait faire sans. Clémentine se mordit l'intérieur des joues pour ne pas pleurer et tenta tant bien que mal de se focaliser sur autre chose pour garder les idées claires, mais plus les secondes passaient plus elle se sentait partir. Le temps semblait s'étirer à l'infini et elle n'en pouvait plus d'attendre Maxime.

-Il devrait être là d'une minute à l'autre maintenant, dit Grégoire comme s'il avait lu dans ses pensées, il était déjà partit faire des courses quand je l'ai appelé.

-D'accord, merci vraiment. J'ai bien conscience que tout ce qui se passe a l'air totalement surréaliste et je te promets que je t'expliquerais tout mais il faudra être un peu patient. C'est con, cette journée aurait dû être merveilleuse et tout vient de virer à la catastrophe... dit-elle avec un sourire triste

-On aura tout le temps de se rattraper ensuite ce n'est rien, on a patienté jusqu'à maintenant, un jour de plus ne devrait pas nous tuer.

Le jeune homme était à deux doigts de lui dire qu'il l'aimait quand la porte de la réserve s'ouvrit brutalement sur un Maxime encore plus paniqué que le libraire. Il se précipita sur Clémentine qui, en voyant son cousin, avait abandonné la lutte contre la migraine et l'engourdissement général qui s'emparait de son corps. Elle était encore plus pâle qu'elle ne l'était déjà quelques minutes auparavant et semblait suer à grosses gouttes. Le jeune homme la prit dans ses bras et l'aida à se mettre debout pour l'emmener à la voiture garée dans la ruelle.

-Je, commença Grégoire en faisant un mouvement vers eux

-Ne t'en fais pas mec, c'est juste un petit malaise elle va vite s'en remettre, dit-il en aidant sa cousine à s'installer côté passager, je m'occupe d'elle je te donne des nouvelles dans la journée. Ça va aller elle a vu pire, d'ici ce soir elle sera sur pieds, dit-il en priant intérieurement pour que ce soit le cas, si tu as besoin d'aide à la boutique n'hésite pas à me passer un coup de file d'accord ?

-De toute manière je n'ai pas d'autres choix que de te croire. Donnes moi de ces nouvelles d'accord ? Putain j'ai l'impression que tout est de ma faute

-Ne commence pas à te sentir coupable, ce n'est pas le cas. Elle t'expliquera mieux que moi ce qu'il vient de se passer quand le moment sera venu. En attendant va bosser, change toi les idées, même si ça semble difficile à faire dit comme ça, c'est la meilleure chose à faire. Je m'occupe d'elle, elle est entre de bonnes mains. On s'appelle à ta pause.

Et sur ses mots il claqua la porte de la réserve et Grégoire eut tout juste le temps d'entendre la voiture démarrer avant de retourner en vitesse dans la boutique pour s'occuper de l'ouverture et de l'intérimaire qui venait d'arriver.

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