Chapitre XI (4/8)

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Les deux amies se dirigèrent bras dessus bras dessous vers le Quartier Général où se trouvaient déjà Aurore et Gabrielle. Deux cocktails les attendaient patiemment sur la table quand elles entrèrent dans leur bar de prédilection. Une fois l'effusion d'amour provoquée par ces retrouvailles et les embrassades passées elles commandèrent une assiette de starters et trinquèrent à leur santé. Clémentine sentait une petite angoisse sourde monter à l'idée de parler de sa relation avec Grégoire à ses amies. Elle savait pertinemment que les deux jeunes femmes réagiraient avec beaucoup de douceur et de bienveillance - à l'image de Margot - mais elle savait aussi que Gaby ne pourrait s'empêcher de la taquiner avec ses « je te l'avais bien dis !! ». Elle ressemblait beaucoup à Maxime sur ce point d'ailleurs. La jeune libraire décida de garder cette information pour elle jusqu'à ce qu'elles se retrouvent tranquillement à l'abris dans son appartement. Ainsi Gabrielle pourrait laisser libre court à ses danses de la joie/ danses de la victoire sans que tout le bar ne les regarde l'air interloqué. Pour avoir vécu l'expérience de nombreuses fois, Clémentine savait qu'il valait mieux attendre d'être rentrée pour leur dire quoi que ce soit.

Elles passèrent donc une bonne heure à discuter de leurs boulots respectifs et d'autres petites choses croustillantes qui se passaient dans leurs vies tout en grignotant des sticks de fromages pannés et en sirotant leurs cocktails. La jeune libraire se fit la réflexion qu'elle n'aurait voulu être nul part ailleurs à ce moment précis. Ces filles étaient son monde et même si Amalia manquait à l'appel depuis quelques années déjà elle n'aurait échangé sa vie contre rien au monde, bien que parfois l'idée lui effleure l'esprit quand elle était à bout de nerfs ou qu'elle se sentait totalement perdue. Toutefois depuis que sa bague avait fait son apparition elle comptait sur les doigts d'une seule mains ces moments de faiblesse, de doutes et surtout de ras le bol général. Ou peut-être était-ce grâce à Grégoire ? Cette pensée la fit rougir et elle plongea le nez dans son cocktail pour dissimuler son trouble.
-Ca va Clem, demanda gentiment Aurore en se tournant vers elle
-Oui oui tout va bien j'étais un peu perdue dans mes pensées. Ça vous dit qu'on y aille avant que le restaurant soit blindé et qu'on doive attendre nos pizzas quarante minutes ?
-Je valide la proposition, s'exclama Gabrielle, je meurs de faim
-Mais tu viens d'engloutir la moitié de notre assiette de fromage pané, souffla Margot d'un air désabusé, t'es pas croyable toi quand même et le pire c'est que tu prends pas un gramme !
-Qu'est ce que tu veux, j'ai un bon métabolisme.

Pendant qu'elles se chamaillaient Clémentine s'éclipsa pour régler leur note et les attendit dehors. Elle adorait cet endroit, ce n'était pas pour rien que c'était son bar favoris mais à une heure pareille un samedi soir l'établissement était bondé et elle supportait mal le brouhaha ambiant même si grâce à la bague elle n'avait plus a enduré les voix qui polluaient son esprit dans ces moments là. Quand ses trois amies la rejoignirent elle se fit disputer pour avoir régler la totalité de leur consommation, des remarques qu'elle balaya d'un geste de la main.
-Vous n'aurez qu'à payer les pizzas si ce n'est que ça, répondit-elle en haussant les épaules, et puis j'ai bien le droit de vous plaisir quand même
-Ah parce que tu comptais régler les pizzas aussi ? Jamais de la vie ma petite, rétorqua Gaby en agitant un doigt menaçant sous son nez, nous aussi on a le droit de te faire plaisir !

Aurore et Margot assistaient à la scène en souriant et quand elles repartirent toutes les quatre bras dessus bras dessous en direction de la pizzeria les deux jeunes femmes embrassèrent chaleureusement leur amie pour la remercier de son geste. Une fois arrivée au restaurant, et pour patienter après que leur commande fut passée, elles s'assirent dans un coin tranquille à l'abris des oreilles indiscrètes pour continuer leurs discussions.
-Je crois que j'ai un truc à vous dire, annonça finalement Gabrielle en se mordant la lèvre inférieure nerveusement
-Tu crois ? Demanda la rousse
-Qu'est ce qui se passe ? Dit Margot au même moment

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