Chapitre X (1/8)

195 28 66
                                        

La jeune femme se réveilla le lendemain matin avec le bruit de la pluie qui tombait sur son velux. Paresseuse, elle resta un moment à bouquiner dans son lit avant de se décider à enfiler un pyjama pour descendre déjeuner avec ses parents qu'elle entendait bavarder. La veille au soir ils avaient longuement discuter des dernières nouveautés dans la vie de chacun autour d'un bon repas cuisiné par madame Villey avant que tout le monde n'aille se coucher vers onze heures et demi. Clémentine avait merveilleusement bien dormi, comme toutes les nuits ou presque depuis la découverte de la faculté de sa bague, et se sentait particulièrement en forme alors qu'il était à peine neuf heures. Une chose rare pour un dimanche matin. D'ailleurs elle était bien la seule à être aussi en forme, au pied de son lit Jack dormait, étalé de tout son long. Il devait en être de même pour Maxime qui dormait dans la chambre d'amis en face de la sienne.

La jolie rousse attacha ses cheveux en un chignon informe au sommet de son crâne, enfila un legging de sport et un gros pull ainsi que d'épaisses chaussette hautes avant de descendre rejoindre ses parents. Elle prit soin de laisser la porte de sa chambre ouverte pour que son chien vienne les rejoindre à son tour quand il aurait décidé d'émerger. Une fois dans le salon elle salua chaleureusement ses géniteurs qui discutaient du programme du jour autour d'un grand bol de café et s'enferma dans la cuisine pour se préparer des pancakes et une tasse de thé noir. Ses parents, connaissant l'importance de son rituel matinal, ne lui dirent rien quand ils la virent passer devant eux pour aller s'installer dans le canapé moelleux du salon avec son assiette et sa tasse. Elle alluma la télévision sur la première chaîne qui diffusait des dessins animés et resta concentrée dessus le temps d'engloutir la totalité de son petit-déjeuner. Ce n'est qu'après avoir rassasié son appétit qu'elle revint s'asseoir à table avec ses parents.
-Vous avez bien dormi ? Demanda-t-elle en s'asseyant face à eux
-Pas plus mal que d'habitude, mais pas mieux non plus, répondit son père avec un petit clin d'œil, et toi mon petit oiseau ?
-Très bien !
-C'est vrai que tu m'as l'air bien plus apaisée et reposée que la dernière fois que nous t'avons vu. Plus en forme aussi, tu as repris un peu de poids ça fait plaisir à voir.
-Merci maman, c'est vrai que je me sens beaucoup mieux. La présence de Grégoire à la boutique m'aide beaucoup d'ailleurs, même si ça ne fait qu'une semaine.
-Eh bien tant mieux, ce garçon m'a semblé charmant quand nous l'avons vu à la petite soirée organisée par tes amies. Je suis contente que tu te sois finalement décidée à prendre quelqu'un avec toi, dit sa mère avec bienveillance
-D'ailleurs en parlant de mon nouveau collègue, il nous vous rappelle pas quelqu'un ?
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda son père intrigué
-Eh bien j'ai appris que ce Grégoire était le petit-fils du second mari de Katell. Et que nous avions passé notre enfance tous les trois avec Maxime à la librairie. Il paraît même que c'était carrément mon meilleur ami à l'époque. Sauf que je n'ai absolument aucun souvenir de lui.
-Hm. Ça ne me dit rien non plus, mais bon je ne suis pas connu pour ma mémoire infaillible, lança monsieur Villey avec un petit rire.
-J'ai bien souvenir d'un garçon plus vieux que toi qui passait également du temps à la librairie mais rien de plus, dit sa mère l'air soucieux
-Et dans les albums photos ? On ne pourrait pas retrouver des photos prises à la librairie ? C'est quand même bizarre que je ne me souvienne de rien non ?
-Si c'est possible, il faudrait aller les chercher au grenier. Ça fait des années qu'ils y prennent la poussière, répondit son père
-On s'occupera de ça en rentrant du restaurant, il faut qu'on aille se préparer, Max ne devrait pas tarder à se réveiller non plus. Et en ce qui concerne tes souvenirs ma chérie je suis sûre qu'il y a une bonne explication, à l'époque tu passais aussi beaucoup de temps avec Amalia, sa mort t'as beaucoup choqué et ton cerveau a pu effacer certains de tes souvenirs un peu comme pour se défendre et se protéger. Pour t'éviter trop de souffrances quand tu y repenserai.

Clémentine resta interdite face à sa mère. Elle n'avait même pas penser à ça, preuve que son cerveau pouvait effectivement occulter certaines parties de son passé de son esprit. Évidemment elle n'oubliait pas cette amie qu'elle avait perdue trop tôt mais il ne lui serait jamais venu à l'esprit que c'était peut-être à cause de cela que certains de ses souvenirs lui manquaient. Elle décida que cette explication lui convenait et mit un terme à la conversation en repoussant sa chaise pour se lever et terminer de débarrasser la table du petit-déjeuner. Ses parents l'informèrent qu'ils allaient se préparer de leur côté pendant que Clémentine enfilait ses chaussures pour aller balader Jack qui les avait rejoint quelques minutes auparavant et qui était intenable à l'idée d'aller se promener.

Sixième SensDes histoires addictives. Découvrez maintenant